Rechercher

Conversion : Matan Kahana dévoile le plan de réforme du gouvernement

Le ministre des Affaires religieuses évoque une "occasion historique" d'aider 1,5 million de résidents israéliens d'origine juive qui ne sont pas considérés comme juifs par l'État

Le ministre des Services religieux Matan Kahana (Yitzhak Kelman)
Le ministre des Services religieux Matan Kahana (Yitzhak Kelman)

Le ministre des Affaires religieuses, Matan Kahana, a dévoilé mercredi son projet, soutenu par le gouvernement, de réformer le processus de conversion au judaïsme parrainé par l’Etat.

Présentant un mémorandum officiel du plan, M. Kahana a qualifié la proposition « d’opportunité historique que nous ne devons pas manquer ».

Il a promis que la réforme – qui a suscité de vives critiques de la part de personnalités ultra-orthodoxes, dont le grand rabbin ashkénaze d’Israël, David Lau – s’attaquera aux problèmes qui font que les juifs en Israël s’éloignent du judaïsme, une circonstance qui est, selon lui, « inacceptable. »

M. Kahana a déclaré qu’il y a 450 000 personnes vivant en Israël qui ont des ancêtres juifs mais ne sont pas considérés comme juifs selon la loi orthodoxe, principalement des immigrants originaires des pays de l’ancienne Union soviétique. La législation proposée, a-t-il dit, « est la seule façon de relever ce défi ».

Le grand rabbin ashkénaze d’Israël David Lau assiste à une cérémonie de la police israélienne pour le nouvel an juif au siège national de la police israélienne à Jérusalem le 5 septembre 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Faisant référence à l’opposition que le plan a suscitée avant même d’être présenté, Kahana a déclaré : « J’essaie d’être coordonné avec les grands rabbins. Malheureusement, cette coordination ne se fait pas toujours sans heurts. »

Le projet de loi a été élaboré avec l’avis de plusieurs rabbins de premier plan du mouvement moderne orthodoxe, dont le rabbin Chaim Druckman, une figure de proue du sionisme religieux, a déclaré Kahana.

Actuellement, les conversions au judaïsme reconnues par l’État sont contrôlées par le grand rabbinat, qui est dominé par les ultra-orthodoxes. Il n’y a que quelques dizaines de rabbins et quatre tribunaux de conversion dans le pays qui peuvent légalement effectuer des conversions au judaïsme.

Les convertis au judaïsme qui s’installent en Israël mais dont les conversions ne sont pas reconnues par le Grand Rabbinat ne peuvent pas se marier en Israël, car le rabbinat contrôle les mariages. Les conversions réformées et conservatrices effectuées en Israël ne sont pas reconnues depuis des années, et le plan de Kahana n’y changerait rien.

Le rabbin Chaim Druckman assiste au lancement de la campagne du parti de droite Yamina, avant les élections générales israéliennes, le 12 février 2020 (Tomer Neuberg/Flash90).

La nouvelle proposition permettra aux rabbins de ville de procéder à des conversions sous les auspices d’un système central et d’un comité directeur qui définira les règles de conversion et surveillera leur mise en œuvre, rendant le processus uniforme dans tout le pays mais transférant le pouvoir exclusif hors du Grand Rabbinat.

« Je fais confiance aux rabbins de la ville », a déclaré Kahana, notant que le plan permet également au grand rabbinat ou à un comité directeur de renvoyer un rabbin d’un conseil de conversion local s’il s’avère qu’il a violé l’une des règles.

Dans le cadre des plans visant à apporter de profonds changements aux services religieux juifs contrôlés par l’Etat, Kahana a annoncé la semaine dernière que les conversions au judaïsme seraient dirigées par le rabbin Benayahu Brunner, qui est affilié à Tzohar, un groupe de rabbins orthodoxes relativement libéraux. Cette décision a suscité l’indignation des législateurs et des chefs religieux ultra-orthodoxes.

La décision de Kahana a été prise malgré la menace du grand rabbin David Lau de ne plus approuver de conversions au judaïsme si le gouvernement continue à faire avancer le plan de réforme.

Illustration : Un tribunal rabbinique israélien examine un cas de conversion. (Crédit: Flash90)

La semaine dernière, un homme a été inculpé pour avoir proféré des menaces de mort à l’encontre de Kahana en raison de ses réformes sur la religion et l’État, qui comprennent également un remaniement majeur du système de certification kasher.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...