COP21: les lignes rouges des pays clés dans les négociations
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COP21: les lignes rouges des pays clés dans les négociations

Point sur les journées du vendredi 27 et du samedi 28 novembre avec l'arrivée des pèlerins convergeant vers Paris

Logo de la COP 21 (Crédit : AFP)
Logo de la COP 21 (Crédit : AFP)

A partir de lundi, 195 pays ont deux semaines pour finaliser à Paris un accord mondial pour lutter contre le réchauffement.

Quatre pèlerinages vont converger vers Paris à l’occasion de la COP21. Venus de l’Est avec des Allemands, Scandinaves, Néerlandais, Belges. Du nord à l’initiative des Anglais. Du sud venant de Rome avec un groupe des Philippines. Et enfin une route de cyclistes venant d’Afrique de l’Est.

Un événement d’accueil pour ces pèlerins sera source de réjouissance et de convivialité, dans la joie de leur arrivée à Paris à la paroisse de Saint Merry (76 Rue de la Verrerie, Paris 4ème).

Vendredi 27 novembre – Accueil des pèlerins climatiques

Programme :
– 16h-17h30 : Accueil avec temps d’échanges, boissons – Visite des expositions et rencontre des artistes dans l’Eglise.
– 17h30-18h30 : Présentation des groupes de pèlerins avec des objets, chants, récits de route
– 18h30-19h15 : Temps de prière oecuménique avec textes, musiques, offrandes.
– 19h15-20h30 : Repas
– 21h-22h : Table ronde avec RCF : « COP21, les chrétiens mobilisés » : émission spéciale en direct et en public, avec des pèlerins climatiques et des chrétiens qui s’engagent pour le climat.

Samedi 28 novembre – Les religions s’engagent pour le climat

De plusieurs régions du monde, des pèlerins se sont mis en marche pour le climat. Ils se rassemblent le 28 novembre prochain à Saint-Denis (93).

À cette occasion, les groupes de pèlerins de différents pays remettront un message aux responsables politiques.

Les responsables religieux rejoindront les pèlerins et les inviteront à un temps de recueillement spirituel à la Basilique Saint-Denis.

Programme :
– 10h – 11h30 : Temps spirituel dans la basilique Saint-Denis (1 Rue de la Légion d’Honneur, 93200 Saint-Denis).
– 11h30 -12h30 : Remise des messages à la Salle de la Légion d’honneur (3, rue de la Légion d’honneur 93200 Saint-Denis).
– 12h30 : Point presse dans la salle du conseil municipal (2 place Victor Hugo, 93200 Saint-Denis).

Liste des personnes présentes :

Porteur des campagnes et autorités religieuses
Rev. Kyoichi Sugino « Religions for Peace International » (Chine)
Yeb Sano, (Phillipines)
Rev. Tolbert Thomas Jallah, PACJA, (Liberia)
Lotifa Begum, Islamic Relief, (Bangladesh)
Cardinal Claudio Hummes, (Brésil)
Archbishop Thabo Makgoba, (Afrique du Sud)

Autorités religieuses et civiles locales
M.Didier Paillard, maire de Saint-Denis
Patrick Braouzec, président de Plaine commune
Mgr Pascal Delannoy, évêque de Saint-Denis
Pasteur François Clavairoly, Président de la Fédération protestante de France

Autorités recevant les messages politiques
Représentants du gouvernement
M.Nicolas Hulot, envoyé spécial de François Hollande pour la protection de la Planète
M. Daniele Violetti, représentant des Nations Unies

Représentant des autres religions
Archbishop Dr. Ludwig Schick (catholic)
Bishop Bernabé Sagastume (catholic)
Bishop Prof. Dr. Heinrich Bedford-Strohm (protestant)
Dr Rajwant Singh (Sikh)
Sister Jayanti (Brahma Kumaris)
Gopal Patel (hindu)
Imam Ibrahim Saidy (musulman)

Voici un tour d’horizon des lignes rouges des pays clés dans ces discussions

Chine : premier producteur mondial de gaz à effet de serre, exposé à des risques climatiques (montée des eaux notamment) et en proie à d’énormes épisodes de pollution de l’air causés par ses centrales à charbon. Pékin est désormais moteur dans la recherche d’un accord.

La Chine a même accepté l’idée d’un bilan global des actions des pays avant 2020, date d’entrée en vigueur du futur accord. Elle reste opposée à une révision obligatoirement à la hausse des engagements de réduction des émissions des pays. Pékin ne veut pas se voir imposer une participation à l’aide financière aux pays vulnérables dans le cadre onusien, même si elle s’est engagée unilatéralement à donner trois milliards de dollars par an aux pays du Sud pour des projets climat.

Etats-Unis : le président Obama a endossé une position plus volontariste sur le climat (plan pour réduire les émissions des centrales à charbon, opposition au projet d’oléoduc géant entre le Canada et les USA). Les Etats-Unis n’ont toutefois pas honoré à ce stade leur promesse de dons au Fonds vert pour le climat.

Avec un Congrès à majorité républicaine, Obama ne veut pas d’engagements sur des objectifs chiffrés qu’il faudrait faire ratifier au Capitole. Reste une marge étroite pour des dispositions de principe ayant un caractère contraignant sans nécessiter l’aval du Congrès. Washington est aussi frontalement opposé à l’instauration d’un régime de compensation financière (« pertes et dommages ») pour les pays fortement touchés par des catastrophes, réclamé par certains des plus vulnérables.

Inde : 4e émetteur de gaz à effet de serre, 2e pays le plus peuplé, qui doit encore bâtir de nombreuses infrastructures et donner accès à l’électricité à 300 millions de personnes, l’Inde ne veut pas s’engager sur un pic de ses émissions et réclame une aide technologique et financière pour faire des choix en faveur des énergies vertes et non du charbon.

Bien qu’elle soit fortement exposée aux risques climatiques (fonte des glaciers, modification de la mousson, montée des eaux) et autant touchée que la Chine par la pollution dans les grandes villes, l’Inde ne veut pas être obligée de revoir rapidement à la hausse ses engagements et s’oppose à la mention d’un objectif de long terme de « décarbonation de l’économie » (impliquant un abandon progressif des énergies fossiles). Pour elle, les pays riches doivent assumer l’essentiel des efforts.

Arabie saoudite : Ryad, membre du G20 et premier exportateur de pétrole, ne veut pas voir son économie mise en danger, à l’instar d’autres Etats pétroliers.

Ils refusent le mot « décarbonation » de l’économie mondiale, qui donnerait un signal clair aux entreprises et investisseurs et réclament des transferts de technologie. L’Arabie saoudite ne veut pas non plus d’une révision rapide des objectifs des pays qui accélèrerait une dynamique allant contre leurs intérêts. Tout dépendra de la capacité de Ryad à entraîner d’autres pays dans une opposition.

Pays les plus vulnérables : les nations les plus pauvres (essentiellement en Afrique et en Asie) et les Etats insulaires sont à la fois très exposés au dérèglement climatique et ont peu de moyens pour s’y adapter (habitats relocalisés, infrastructures, systèmes d’alerte météo, etc.).

Ils attendent des garanties d’accès à des financements de plus en plus importants pour s’adapter à de nouveaux risques et pour se développer proprement. Des gages insuffisants pourraient les conduire à bloquer les débats. Certains souhaitent aussi des avancées sur les +pertes et dommages+, mais les pays développés dans leur ensemble sont réticents sur le sujet.

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