Corbyn critiqué pour ses liens avec des antisémites et des extrémistes
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Corbyn critiqué pour ses liens avec des antisémites et des extrémistes

Blair prévient que son élection à la tête du parti travailliste britannique conduira à « l'anéantissement » du parti

Le parlementaire Jeremy Corbyn parlant lors de l'événement «No More War» à Parliament Square en 2014 (Photo: Hej JMaill, CC-BY, via wikipedia)
Le parlementaire Jeremy Corbyn parlant lors de l'événement «No More War» à Parliament Square en 2014 (Photo: Hej JMaill, CC-BY, via wikipedia)

Les liens de Jeremy Corbyn, un parlementaire britannique de gauche sur la bonne voie pour devenir le chef du Parti travailliste devraient être examinés de près, notamment ceux avec des personnalités aux vues antisémites et anti-israéliennes notoires, y compris des conspirationnistes qui accusent les Juifs d’être responsables des attentats du 11 septembre.
 
Au debut de l’année, Corbyn a écrit une lettre de soutien à un prêtre qui a affirmé qu’Israël et les Juifs riches étaient derrière l’attaque terroriste contre le World Trade Center.

Lors d’une manifestation pro-palestinienne organisée au Parlement par Corbyn en 2014, un militant qui avait prétendu que des sages juifs contrôlent les finances mondiales a été autorisé à prendre la parole, et a appelé à l’armement des milices palestiniennes. Un autre participant anti-israélien a comparé lors de l’événement l’Etat juif à l’Allemagne nazie.

Corbyn a fait référence dans le passé aux organisations terroristes du Hamas et du Hezbollah comme des « amis ».

Le député a acquis une avance décisive sur ses rivaux dans les sondages pour l’élection du nouveau chef travailliste, qui aura lieu, car le chef du parti, Ed Miliband a démissionné après la cuisante défaite face aux conservateurs de David Cameron au mois de mai.

Un récent sondage de YouGov donnait Corbyn gagnant avec 53 % des votes, une avance impressionnante de 32 points sur son plus proche rival, Andy Burnham. Corbyn a été initialement considéré comme un outsider en raisons de ses opinions trop radicales pour lui permettre de gagner la direction du parti.

Tony Blair (photo credit: Kobi Gideon/FLASH90)
Tony Blair (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Cela a conduit l’ancien Premier ministre travailliste Tony Blair à mettre en garde mercredi les électeurs que le parti faisait face à « l’anéantissement » si Corbyn était élu à sa tête.

Dans une tribune pour le Guardian, Blair a soutenu que Corbyn était incapable de gagner une élection générale.

« Le parti avance les yeux fermés, les bras tendus, vers le bord de la falaise qui surplombe des rochers en dents de scie, » a-t-il écrit.

Corbyn avait défendu en février le révérend Stephen Sizer, qui avait publié sur Facebook un article blâmant Israël pour les attentats du 11 septembre, a rapporté le Daily Mail.

Dans une lettre aux dirigeants de l’église anglicane après qu’ils aient décidé d’interdire Sizer d’utiliser Internet pendant six mois, Corbyn a écrit que Sizer était injustement « attaqué par certains individus qui ont l’intention de discréditer l’excellent travail [qu’il] fait pour mettre en lumière les injustices de la situation israélo-palestinienne. »

Sizer avait été accusé d’antisémitisme, même avant son post de février sur Facebook. En 2014, il a prononcé un discours sur le « lobby israélien » lors d’une conférence iranienne visant à « dévoiler les secrets de la domination du lobby sioniste sur la politique des États-Unis et de l’UE », selon le Daily Mail.

Il a également rendu visite à des dirigeants du Hezbollah au Sud-Liban et est apparu sur une station de télévision du Hezbollah.

Le négationniste Paul Eisen, qui dirige un groupe pro-palestinien appelé Deir Yassin Remembered, a prétendu être un ami proche de Corbyn.

Dans un billet de blog cité par le Daily Mail, Eisen avait dit que lui et Corbyn étaient proches depuis 15 ans, que Corbyn assiste chaque année aux manifestations anti-israéliennes de son groupe, et que le député a donné de l’argent à son groupe.

L’équipe de campagne Corbyn a démenti, disant « que certaines des opinions de Paul Eisen les plus extrêmes lui sont propres, et que Jeremy s’y oppose et s’en dissocie totalement. »

Lors d’un événement en octobre 2014 au Parlement organisée par le député travailliste, le militant d’extrême-droite James Thring est monté au podium pendant une accalmie et a parlé de la nécessité d’armer les Palestiniens contre Israël. Thring avait également parlé dans le passé des « Sages juifs » qui contrôlent la finance mondiale.

Corbyn a dit plus tard que le discours de Thring était imprévu et qu’il ne l’avait pas autorisé.

L’activiste anti-israélien Max Blumenthal, qui par contre a été invité par Corbyn à prendre la parole lors de l’événement, a qualifié Israël de « société raciste » et comparé le traitement des immigrés africains dans le pays à la « Nuit de Cristal » – un pogrom nazi où des dizaines de Juifs allemands ont été assassinés en 1938.

Lors d’un discours en 2009 que Corbyn a donné en tant que patron de la campagne pour la solidarité avec la Palestine, le candidat a invité les membres du Hamas et du Hezbollah à venir parler au Parlement.

« Ce sera mon plaisir et mon honneur d’accueillir un événement au Parlement où nos amis du Hezbollah prendront la parole. J’ai également invité nos amis du Hamas à venir et à prendre la parole … De mon point de vue, c’est exactement le rôle des enceintes parlementaires ».

En juillet, Corbyn a tenté de clarifier sa position, insistant sur le fait qu’il a utilisé le mot « amis » « d’une manière collective » pour décrire les organisations islamistes extrémistes, sans pour autant approuver leur point de vue.

« Est-ce que ça veut dire que je suis d’accord avec le Hamas et ce qu’il fait ? Est-ce que ça veut dire que je suis d’accord avec le Hezbollah et ce qu’ils font ? Non, ce que cela signifie, c’est que je pense que pour parvenir à un processus de paix, il faut parler aux gens avec qui vous pouvez être en profond désaccord », a-t-il dit.

La communauté pro-israélienne de Grande-Bretagne suit avec préoccupation la course à la direction du Parti travailliste après que le plus grand syndicat du Royaume-Uni, Unite, ait annoncé son soutien à Corbyn.

La candidature de Corbyn, député depuis 1983 de la circonscription de North Islington à Londres, dans la course au leadership, qui devrait s’achever par un vote en septembre, a constitué une surprise de dernière minute.

Mais une différence de taille entre Corbyn et les autres candidats – l’ancien secrétaire à la Santé Andy Burnham, la ministre de l’Interieur dans le cabinet fantôme Yvette Cooper (épouse du chancelier évincé de l’Échiquier dans le cabinet fantôme Ed Balls, qui a perdu son siège aux élections de mai), et la ministre des Affaires sociales dans le cabinet fantôme, Liz Kendall – a été révélée.

Les observateurs estiment qu’en ce qui concerne Israël, Burnham est le candidat le plus proche de l’ancien dirigeant du Parti travailliste Ed Miliband, qui a mené le parti à une lourde défaite inattendue face aux conservateurs au pouvoir du Premier ministre David Cameron lors des élections de mai dernier.

Pas très intéressé par la politique étrangère, Burnham aurait quelque sympathie pour les Palestiniens, mais s’oppose au boycott.

Des travaillistes amis d’Israël tels que les députés Michael Dugher et Luciana Berger ont soutenu sa candidature, bien qu’en mars, après les élections israéliennes, Burnham a tweeté que la réélection de Benjamin Netanyahu, signifiait que « la Palestine aura besoin davantage de soutien international. »

Cooper et Kendall sont considérés légèrement plus pro-israéliens, surtout Cooper, qui « comprendrait » les inquiétudes de la communauté juive.

Les bulletins de vote vont parvenir le 14 août aux adherents du Parti travailliste et doivent être retournés avant le 10 septembre. Le nom du nouveau leader travailliste sera annoncé le 11 septembre.

Jenni Frazer contribué à cet article.

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