Coronavirus: Israël œuvre au rapatriement de ses ressortissants coincés au Hubei
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Coronavirus: Israël œuvre au rapatriement de ses ressortissants coincés au Hubei

Un homme a obtenu l'autorisation de prendre l'avion pour Kiev, où il sera isolé pendant 14 jours ; l'ambassade va évacuer un autre citoyen bloqué dans la région de Wuhan

Un homme portant un masque de protection à vélo à Wuhan, dans la province centrale de Hubei, en Chine, le 17 février 2020. (Crédit :  STR / AFP )
Un homme portant un masque de protection à vélo à Wuhan, dans la province centrale de Hubei, en Chine, le 17 février 2020. (Crédit : STR / AFP )

Un Israélien coincé dans la province du Hubei, dans le centre de la Chine, a été autorisé à quitter l’enclave en quarantaine pour rentrer chez lui, a fait savoir mercredi l’ambassade d’Israël à Pékin.

Les autorités œuvrent également au rapatriement d’un second Israélien qui se trouve à Wuhan, l’épicentre de l’épidémie du coronavirus. Tous deux s’étaient rendus en Chine pour y étudier les arts martiaux.

Le premier homme, Tomer Zevulun, visitait un village rural de la province du Hubei, où il souhaitait étudier le Kung-Fu, selon le ministère israélien des Affaires étrangères.

Les autorités israéliennes l’ont aidé à obtenir les permis nécessaires pour quitter la région, qui a été bouclée depuis que le virus mortel se répand dans la région.

Il a embarqué à bord d’un vol pour l’Ukraine mercredi après-midi, où il sera placé en quarantaine pendant 14 jours avant d’être autorisé à revenir en Israël, a fait savoir le ministère des Affaires étrangères.

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré que les autorités chinoises n’avaient pas encore signé le permis de sortie du second homme, qui n’a pas été identifié. L’ambassadeur en Chine Zvi Heifetz a déclaré à la radio israélienne 103 FM qu’il était dans la région pour y étudier le Tai Chi.

Il a ajouté que les diplomates étaient en contact avec les autres Israéliens coincés dans la région, et leur fournissait une aide, notamment matérielle.

La Chine a annoncé jeudi une baisse spectaculaire des nouvelles contaminations au coronavirus.

La commission nationale (ministère) de la Santé a fait état de 114 décès supplémentaires en Chine en 24 heures, ce qui porte à 2 118 le nombre total de morts au niveau national (hors Hong Kong et Macao).

Mais elle a surtout annoncé un nombre de nouvelles contaminations (394) en forte baisse : c’est seulement le quart du chiffre annoncé la veille et la plus faible augmentation depuis près d’un mois.

Au total, plus de 74 500 personnes ont désormais été contaminées dans le pays. Ailleurs dans le monde, quelque 25 pays sont touchés, dont l’Iran qui a annoncé deux morts – les premiers enregistrés au Moyen-Orient.

« Après de très durs efforts, la situation est en train de changer », s’est félicité mercredi le ministre des Affaires étrangères Wang Yi, selon l’agence Chine nouvelle.

Le Hubei et son chef-lieu Wuhan (11 millions d’habitants), où le virus est apparu en décembre sur un marché, restent « très touchés », a indiqué M. Wang lors d’une rencontre au Laos avec des homologues de pays d’Asie du Sud-Est.

Mercredi, deux passagers israéliens du paquebot de croisière japonais Diamond Princess ont pu prendre le chemin du retour vers Israël après deux semaines d’isolement.

Un drapeau israélien dans l’un des hublots (à gauche) du navire de croisière Diamond Princess, où trois Israéliens ont été diagnostiqués positifs au coronavirus, au terminal de croisière Daikaku Pier dans le port de Yokohama, le 16 février 2020. (Crédit : Behrouz MEHRI / AFP)

Les premiers Israéliens à quitter le bateau, avec des centaines d’autres personnes, étaient Edna et Henry Ben Shabbat. « Nous sommes ravis de quitter le bateau, mais en même temps, nous restons inquiets tant qu’il y reste des Israéliens », ont-ils déclaré selon les médias israéliens.

Au moins trois Israéliens font partie des personnes contaminées sur le bateau. Douze autres Israéliens étaient à bord du paquebot, et n’auraient pas contracté le virus.

Mercredi, 443 passagers sains ont débarqué. L’évacuation de tous les voyageurs devrait prendre au moins trois jours. Quelque 500 d’entre eux doivent descendre du paquebot jeudi.

Les autorités japonaises passeront les trois prochains jours à organiser le débarquement de 2 000 autres passagers. Le Diamond Princess a été mis en quarantaine à Yokohoma, après qu’un passager, qui avait quitté le bateau à Hong Kong, s’était avéré porteur du virus.

Selon les médias israéliens, les Israéliens restants sur le bateau devraient être parmi ceux débarqués jeudi et prendre un vol vers Israël.

Mais ils subiront d’abord des examens pour garantir qu’ils ne soient pas contaminés par le virus mortel, a précisé le ministère des Affaires étrangères dans une déclaration mardi.

Les passagers recevront un permis spécial leur permettant de se rendre directement à leur avion, qui a été affrété par plusieurs compagnies d’assurance privées.

Deux avions ont ramené, dimanche soir, les 340 Américains qui se trouvaient sur le Diamond Princess aux Etats-Unis. 380 Américains se trouvaient à bord. Le département d’Etat a ultérieurement fait savoir que 14 évacués avaient été testés positifs au coronavirus avant d’embarquer dans l’avion.

La Corée du Sud a annoncé mercredi que sept passagers avaient été rapatriés et que six ressortissants et une famille japonaise avaient été placés en quarantaine.

D’autres passagers vont été rapatriés par des vols affrétés par le Canada, l’Australie, l’Italie et Hong Kong.

Les trois Israéliens ayant contracté le virus ont été hospitalisés au Japon et présenteraient de légers symptômes de la maladie. Ils rentreront chez eux séparément.

Bien que les autorités japonaises ont insisté pour que le nombre de patients infectés baisse, le nombre de cas sur le bateau a continué de grimper. Mardi, 88 personnes ont été testées positives, et 99 autres la veille.

Les membres de l’équipage, qui ne peuvent pas être confinées dans leurs chambres parce qu’ils travaillent, devraient rester à bord.

Un bus avec un chauffeur portant un équipement de protection entier quitte le quai d’amarrage du bateau de croisière Diamond Princess, dans le port de Yokohama, le 14 février 2020. (Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

L’Institut national des maladies infectieuses (Niid) a publié un rapport détaillé sur les cas japonais. Il y est écrit qu’existent « des preuves que la majeure partie de la transmission du virus a eu lieu avant l’application des mesures de quarantaine ».

Interrogé en conférence de presse sur ces critiques, le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, a assuré que « depuis le 5 février, des mesures rigoureuses ont été prises pour prévenir la propagation de l’infection, notamment en portant des masques, en se lavant les mains et en utilisant un désinfectant ».

Suga a déclaré qu’une surveillance sanitaire plus contrôlée des membres de l’équipage commence désormais, car ils peuvent être répartis et maintenus en isolement en utilisant les chambres des passagers qui ont été libérées.

L’opérateur du navire, Princess Cruises, a déclaré mardi que les personnes récemment testées positives étaient toujours sur le navire en attendant leur transfert vers les hôpitaux.

La sécurité et la logistique du transport de centaines de personnes seront menées par les autorités japonaises.

Suga a défendu la façon dont le Japon gère la quarantaine. « Au début, les États-Unis ont exprimé leur gratitude pour la partie japonaise. Et de nombreux Américains ont choisi de rester sur le navire », a-t-il déclaré.

Le gouvernement américain a déclaré que les Américains qui sont restés à bord au lieu de revenir sur des vols affrétés ne peuvent pas rentrer chez eux pendant au moins deux semaines après avoir débarqué. D’autres gouvernements qui prennent des passagers en charge ont des politiques similaires.

Les responsables américains ont cité l’exposition possible des passagers au virus à bord du Diamond Princess.

Les autorités sanitaires japonaises affirment que la quarantaine de 14 jours à bord du navire était adéquate, notant que tous les Japonais, sauf un, parmi plus de 500 qui avaient été ramenés du centre du virus en Chine et qui avaient été testés négatifs au départ, n’étaient pas porteur du virus à la fin de leur quarantaine de 14 jours.

Les responsables ont également défendu les précautions prises sur le navire. Environ 1 000 membres de l’équipage ont reçu l’ordre de porter des masques chirurgicaux, de se laver les mains, d’utiliser des sprays désinfectants et de cesser les opérations dans les restaurants, bars et autres lieux de divertissement après le 5 février, date à laquelle le premier groupe de 10 infections a été signalé et le début de la quarantaine de deux semaines a été annoncé.

Les passagers ont reçu l’instruction de rester dans leur cabine et de ne pas se promener ni entrer en contact avec d’autres passagers. Ceux qui se trouvaient dans des cabines sans fenêtres pouvaient sortir sur le pont pendant environ une heure chaque jour.

Les membres de l’équipage continuaient à servir les touristes en leur livrant de la nourriture, des lettres, des serviettes et des commodités, et en entrant dans les cabines des passagers pour les nettoyer. Les membres de l’équipage mangeaient également en groupe dans une salle spécialement aménagée à cet effet.

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