Corruption au ministère de la Santé : Le PDG de Tnuva interrogé
Rechercher

Corruption au ministère de la Santé : Le PDG de Tnuva interrogé

Eyal Malis est soupçonné d'avoir fait des dons à des organismes ultra-orthodoxes affiliés à l'ancien ministre Yaakov Litzman en échange de faveurs réglementaires

À gauche, le PDG de Tnuva, Eyal Malis, lors d'une réunion d'une commission de la Knesset le 19 juin 2011 ; à droite, une usine de Tnuva près de Jérusalem le 1er mai 2015. (Crédit : Gili Yaari,Miriam Alster/Flash90)
À gauche, le PDG de Tnuva, Eyal Malis, lors d'une réunion d'une commission de la Knesset le 19 juin 2011 ; à droite, une usine de Tnuva près de Jérusalem le 1er mai 2015. (Crédit : Gili Yaari,Miriam Alster/Flash90)

Le PDG du conglomérat alimentaire Tnuva, Eyal Malis, a été interrogé sous caution par la police mardi dans le cadre d’une enquête de corruption impliquant des collaborateurs d’un ministre ultra-orthodoxe.

Les enquêteurs soupçonnent que les dons de Malis à des organismes liés au législateur Yaakov Litzman, du parti Yahadout HaTorah qui a dirigé le ministère de la Santé pendant de nombreuses années, étaient des pots-de-vin en échange de faveurs réglementaires, rapporte le site d’information Ynet.

« Tnuva, sous la direction d’Eyal Malis, a agi et agit uniquement en conformité avec la loi », a déclaré l’avocat de Malis, Ilan Sofer, ajoutant qu’il était certain que l’enquête le confirmerait.

Dimanche, la police a arrêté Motti Babchik, principal assistant et proche confident de Litzman, et Menachem Gesheid, conseiller principal de Litzman, soupçonnés de corruption. Parmi les autres personnes arrêtées figurent un chef de département de Tnuva et des hauts responsables d’une société médicale et d’une société de lobbying.

Motti Babchik à la Knesset, le 3 mars 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La police israélienne a déclaré dans un communiqué que suite à une enquête sous couverture, les suspects ont été arrêtés et interrogés sous caution. Plusieurs autres personnes ont également été placées en détention, soupçonnées de corruption, de fraude et d’abus de confiance. Des perquisitions ont été effectuées à plusieurs adresses en plus des domiciles et des bureaux des suspects.

La police a déclaré que le fonctionnaire suspecté, apparemment une référence à Babchik, a utilisé sa position pour agir « dans un conflit évident d’intérêt public ».

Le nouveau ministre du Logement et ancien ministre de la Santé Yaakov Litzman, lors de sa cérémonie d’investiture au ministère du Logement à Jérusalem, le 18 mai 2020. (Olivier FitoussiFlash90)

Les enquêteurs soupçonnent qu’à plusieurs reprises, le fonctionnaire, ainsi que les autres personnes impliquées, ont accepté des pots-de-vin en échange de la promotion des intérêts commerciaux de grandes entreprises.

Les médias hébraïques ont indiqué que plusieurs fonctionnaires de Tnuva ont été interrogés, et la police vérifie si des fonctionnaires de l’entreprise ont versé des pots-de-vin sous forme de dons à divers organismes hassidiques en échange de faveurs réglementaires.

La police serait en train d’examiner spécifiquement les avantages liés au marquage des produits alimentaires. Dans le cadre d’une réforme menée en 2020 par le ministère de la Santé, les produits alimentaires riches en graisses, en sucre et en sodium ont été marqués d’un tampon rouge sur leur emballage afin de mieux informer le public des aliments malsains.

Litzman lui-même est soupçonné de corruption dans une autre affaire. Le procureur général Avichai Mandelblit a annoncé à la fin du mois dernier qu’il avait décidé de l’inculper pour obstruction à la justice et abus de confiance, en attendant une audience.

Les accusations en cours portent sur des soupçons selon lesquels Litzman aurait utilisé son ancien poste de vice-ministre de la Santé pour empêcher l’extradition vers l’Australie de Malka Leifer, ancienne directrice d’une école orthodoxe de filles à Melbourne, accusée d’avoir agressé sexuellement des mineurs (Leifer a récemment été extradée après une procédure judiciaire de plusieurs années), et pour empêcher la fermeture d’une charcuterie citée pour des violations des règles sanitaires.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...