COVID: l’hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem s’écroule sous la 3e vague
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COVID: l’hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem s’écroule sous la 3e vague

La troisième vague est la plus écrasante, avec des patients plus gravement malades et du matériel qui manque, met en garde le personnel

Yiffat Elimelech, prise en charge dans l'unité de soins intensifs des malades COVID-19 de l'hôpital Hadassah de Jérusalem. (Capture d'écran/Douzième chaîne)
Yiffat Elimelech, prise en charge dans l'unité de soins intensifs des malades COVID-19 de l'hôpital Hadassah de Jérusalem. (Capture d'écran/Douzième chaîne)

Le personnel soignant et les malades d’un grand hôpital de Jérusalem ont averti dans un reportage télévisé diffusé mardi soir que l’établissement était en train de s’effondrer sous la pression de la troisième vague de la pandémie en Israël.

Une équipe de la Douzième chaîne s’est rendue au sein de l’unité COVID de l’hôpital Hadassah Ein Kerem, pour montrer la réalité du combat mené par les personnels médicaux auprès des patients dans un contexte de manque de lits et d’équipements divers.

« La première vague a été un choc parce que nous ignorions tout de la maladie. Après quelques tours de garde, on s’est dit : ‘OK, on a compris ce qui est en train de se passer’. Mais la troisième vague nous frappe de plein fouet », a commenté Claudia Foti, infirmière au sein de l’unité COVID-19. « C’est la guerre », a-t-elle affirmé.

« Les remplacements, ici, ne prennent pas de temps. Les lits ne restent pas vides longtemps. A chaque fois, de nouveaux malades arrivent », a déclaré Anat Heretz, assistante sociale au sein de l’unité.

« Cette vague est beaucoup plus complexe que les précédentes. Il y a plus de complications chez les malades. Les problèmes respiratoires sont, là aussi, plus complexes. La peur est visible dans le regard des patients. Ce n’est pas facile à voir », a renchéri Tehila Harel, infirmière.

Au début du mois, un malade atteint de la COVID-19 est mort à l’hôpital Ichilov de Tel Aviv après que le tube qui le reliait à un respirateur s’est détaché. Le personnel, surmené, n’avait pas remarqué l’incident pendant plusieurs minutes.

Harel a noté que les employés de Hadassah craignaient que quelque chose de semblable se produise.

« On a toujours peur de ne pas voir, de ne pas remarquer. C’est une grande unité. Il y a trente lits », a-t-elle expliqué. « La peur est constante ».

Tehila Harel, infirmière au sein de l’unité de coronavirus au centre médical Hadassah de Jérusalem. (Capture d’écran/Douzième chaîne)

Yaffa Elimelech, hospitalisée au début de la semaine dernière, se trouve encore aujourd’hui aux soins intensifs. Elle a confié à l’équipe de
télévision : « On n’arrive pas à respirer. Je lutte pour ma survie aujourd’hui ».

Elle a raillé l’initiative du Premier ministre Benjamin Netanyahu de distribuer des allocations aux citoyens. Ce plan a été largement critiqué et ne devrait pas être approuvé.

« Il n’y a pas de lits ici, il n’y a pas d’équipements, on met les malades dans les couloirs », a-t-elle déploré. « Je le dis au Premier ministre – pas besoin de donner 750 shekels aux Israéliens quand tous les hôpitaux sont en train de s’écrouler. Sans l’équipe médicale, je serais morte aujourd’hui ».

La gravité de la troisième vague de coronavirus a notamment été attribuée aux nouveaux variants du virus, et ce, malgré plus de deux semaines de confinement national strict. Après avoir atteint un pic de plus de 10 000 nouveaux cas quotidiens, la semaine dernière, le nombre de cas reste obstinément élevé.

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