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Crise diplomatique : Bahreïn appelle à son tour ses citoyens à quitter le Liban

Ryad a jugé dimanche "inutile" de traiter avec le Liban tant qu'il est "dominé" par le Hezbollah. Beyrouth a appelé lundi l'Arabie saoudite au "dialogue"

Illustration du drapeau du Bahrein (Crédit : wikimedia commons)
Illustration du drapeau du Bahrein (Crédit : wikimedia commons)

Bahreïn a appelé mardi ses citoyens au Liban à quitter « immédiatement » le pays, après avoir rappelé ses diplomates en raison d’une crise diplomatique née des propos d’un ministre libanais critiquant l’intervention militaire de Ryad dans la guerre au Yémen avec d’autres pays du Golfe.

Le ministère bahreïni des Affaires étrangères « a exhorté tous (s)es citoyens au Liban à partir immédiatement, étant donné la situation tendue là-bas qui requiert une prudence accrue », selon un communiqué rapporté par l’agence officielle de presse.

La veille, les Emirats arabes unis voisins avaient déjà appelé leurs citoyens à quitter le Liban. Samedi, ils avaient également rappelé leurs diplomates de Beyrouth « en solidarité » avec Ryad.

Mardi, le gouvernement yéménite a aussi rappelé son ambassadeur au Liban pour consultations, selon l’agence de presse officielle Saba.

Dans une émission télévisée datant du 5 août et diffusée le 25 octobre, le ministre de l’Information libanais George Kordahi, qui n’était pas alors encore ministre, a qualifié « d’absurde » l’intervention depuis 2015 de la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite dans la guerre au Yémen. Celle-ci oppose depuis 2014 les rebelles au pouvoir appuyé par la coalition, dont font aussi partie les Emirats et Bahreïn.

Sur cette photo d’archives prise le 13 septembre 2021, le ministre libanais de l’Information George Kordahi s’exprime lors d’une conférence de presse au palais présidentiel de Baabda, à l’est de la capitale Beyrouth. (Crédit : ANWAR AMRO / AFP)

Les déclarations de M. Kordahi, qui avait aussi affirmé que les insurgés se défendaient « face à une agression extérieure », ont suscité le mécontentement de l’Arabie saoudite, chef de file des Etats arabes du Golfe qui a dénoncé des propos « insultants ».

Le Premier ministre libanais Najib Mikati s’est démarqué des propos du ministre de l’Information et l’a appelé implicitement à démissionner. Nommé au gouvernement par un parti allié au Hezbollah pro-iranien, qui domine la scène politique, M. Kordahi refuse aujourd’hui de démissionner.

Le chef du gouvernement misait sur une potentielle aide financière des riches monarchies du Golfe pour relancer l’économie du pays en plein effondrement.

Vendredi, l’Arabie saoudite avait donné 48 heures à l’ambassadeur libanais pour quitter son territoire et rappelé son ambassadeur à Beyrouth. Elle a aussi suspendu toutes ses importations depuis le Liban, portant un coup dur à l’économie déjà exsangue du pays.

Bahreïn et le Koweït ont dans la foulée annoncé des mesures similaires.

Ryad a jugé dimanche « inutile » de traiter avec le Liban tant qu’il est « dominé » par le Hezbollah. Beyrouth a appelé lundi l’Arabie saoudite au « dialogue ».

Le Hezbollah, poids lourd de la politique libanaise, est un mouvement terroriste et financé par l’Iran, grand rival régional de l’Arabie saoudite.

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