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Crise diplomatique: les livraisons perturbées entre le Liban et l’Arabie saoudite

L'Arabie saoudite a décidé d'arrêter toutes les importations en provenance de Beyrouth, portant un coup dur à l'économie déjà exsangue du pays

Illustration. Représentation montrant l'intérieur d'un avion-cargo Alice 100% électrique, fabriqué par Eviation Aircraft, avec des colis DHL, au mois d'août 2021. (Crédit :  Eviation/DHL)
Illustration. Représentation montrant l'intérieur d'un avion-cargo Alice 100% électrique, fabriqué par Eviation Aircraft, avec des colis DHL, au mois d'août 2021. (Crédit : Eviation/DHL)

C’est au tour des colis de faire les frais de la crise diplomatique entre le Liban et plusieurs monarchies du Golfe, née la semaine dernière des propos d’un ministre libanais critiquant la guerre au Yémen.

Deux géants de la livraison express, DHL et FedEx, ont cessé ou réduit leurs opérations entre Beyrouth et Ryad, ont affirmé mercredi à l’AFP des employés des deux compagnies.

DHL a mis fin à toutes ses livraisons entre les deux pays, a indiqué un employé de la société, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

La direction de DHL a envoyé un e-mail, consulté par l’AFP, notifiant les employés de cette décision, qui est entrée en vigueur mardi.

La société FedEx a elle aussi suspendu ses livraisons entre les deux pays, à l’exception des colis contenant des documents, a affirmé un employé du centre d’appels de la compagnie en Arabie saoudite, évoquant une « nouvelle mesure ».

La crise diplomatique a été déclenchée après des propos du ministre libanais de l’Information, George Kordahi, critiquant la guerre au Yémen, où l’Arabie saoudite intervient depuis 2015 à la tête d’une coalition militaire pour soutenir le gouvernement face aux rebelles Houthis proches de l’Iran.

Dans une émission télévisée diffusée le 25 octobre, mais datant du 5 août, M. Kordahi, qui n’était pas alors encore ministre, a qualifié « d’absurde » l’intervention de la coalition au Yémen, jugeant que les insurgés se défendaient « face à une agression extérieure ».

Sur cette photo d’archives prise le 13 septembre 2021, le ministre libanais de l’Information George Kordahi s’exprime lors d’une conférence de presse au palais présidentiel de Baabda, à l’est de la capitale Beyrouth. (Crédit : ANWAR AMRO / AFP)

En guise de rétorsion, l’Arabie saoudite, poids lourd du Golfe et rival régional de l’Iran, a rappelé vendredi son ambassadeur au Liban, demandé le départ de l’ambassadeur libanais et décidé d’arrêter toutes les importations en provenance de Beyrouth, portant un coup dur à l’économie déjà exsangue du pays.

Bahreïn, le Koweït et les Emirats arabes unis ont suivi le pas en « solidarité » avec Ryad.

Dimanche, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Fayçal ben Farhan, a jugé « inutile » de traiter avec le Liban tant qu’il est « dominé » par le Hezbollah. Le lendemain, Beyrouth a, de son côté, appelé au « dialogue » l’Arabie saoudite, ancien soutien politique et financier du Liban.

Cette grave crise intervient alors que le gouvernement du Premier ministre libanais Najib Mikati misait sur une potentielle aide financière des riches monarchies du Golfe pour relancer l’économie du pays en plein effondrement.

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