Crise irano-saoudienne : Ankara convoque l’ambassadeur iranien
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Crise irano-saoudienne : Ankara convoque l’ambassadeur iranien

Les relations entre Ankara et Ryad se sont considérablement réchauffées ces derniers mois ; Les Comores rappellent leur ambassadeur à Téhéran

Recep Tayyip Erdogan (Crédit : AFP/STR)
Recep Tayyip Erdogan (Crédit : AFP/STR)

Le ministère turc des Affaires étrangères a annoncé jeudi soir avoir convoqué l’ambassadeur d’Iran pour protester contre les attaques dans la presse iranienne contre le président turc Recep Tayyip Erdogan qui a refusé de condamner l’exécution par Ryad d’un dignitaire chiite à l’origine d’une grave crise avec l’Iran.

« Nous condamnons fermement que notre président ait été pris directement pour cible dans certains écrits de la presse iranienne qui répondent des autorités officielles iraniennes (…) et exigeons que ces publications cessent immédiatement », a indiqué un communiqué du ministère turc.

Le président islamo-conservateur turc avait jugé mercredi que l’exécution du dignitaire chiite qui a mis le feu aux poudres entre l’Iran et l’Arabie saoudite relevait des « affaires intérieures » de Ryad, en contradiction avec le gouvernement d’Ankara qui avait déploré lundi cette décision.

Le texte du ministère turc juge par ailleurs « inacceptables et déplorables » les attaques contre l’ambassade et un consulat saoudiens en Iran.

La crise entre Téhéran et Ryad a éclaté après l’exécution samedi dans le royaume saoudien d’un dignitaire chiite, Nimr al-Nimr, condamné pour « terrorisme ». Sa mise à mort a entraîné des manifestations et des représentations diplomatiques saoudiennes en Iran ont été attaquées.

Les relations entre Ankara et Ryad se sont considérablement réchauffées ces derniers mois. M. Erdogan s’est rendu le mois dernier en visite à Ryad.

Les Comores rappellent leur ambassadeur à Téhéran

Les Comores ont décidé de rappeler leur ambassadeur en Iran pour témoigner de leur « solidarité » envers l’Arabie saoudite, au moment où les tensions sont extrêmement vives entre Téhéran et Ryad, a rapporté jeudi le quotidien gouvernemental comorien Al-Watwan.

Dans un communiqué cité par le journal, le ministère comorien des Relations extérieures souligne la « solidarité et l’amitié » entre les Comores et l’Arabie saoudite, et « condamne avec la plus grande fermeté toute ingérence dans les affaires intérieures saoudiennes ».

Moroni impute à la République islamique d’Iran le « climat d’escalade et d’agressions gratuites » contre l’Arabie saoudite.

Déjà tendues, les relations entre l’Iran chiite et l’Arabie saoudite sunnite ont dégénéré en crise ouverte début janvier. Ryad a rompu dimanche ses relations avec l’Iran à la suite de l’attaque de ses missions diplomatiques la veille à Téhéran et à Machhad (nord-est de l’Iran) par des manifestants en colère qui protestaient contre l’exécution du dignitaire religieux chiite saoudien, cheikh Nimr al-Baqer al-Nimr.

La décision des Comores intervient au lendemain de la visite à Moroni d’une délégation saoudienne, composée de civils et de militaires et venue s’enquérir des besoins des Comores dans plusieurs domaines, dont l’énergie.

En décembre 2015, à l’issue d’une visite du président comorien Ikililou Dhoinine à Ryad, l’Arabie saoudite avait accordé à Moroni une aide financière de 40.000 euros qui a permis au gouvernement comorien d’éponger trois mois d’impayés de salaires des fonctionnaires.

Petit archipel pauvre de l’océan Indien islamisé depuis le XIIe siècle, ancienne « République fédérale islamique », les Comores comptent 99 % de musulmans.

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