Danon : Netanyahu va dénoncer l’accord iranien et “faire le lien” avec la Syrie
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Danon : Netanyahu va dénoncer l’accord iranien et “faire le lien” avec la Syrie

A l'ONU, le Premier ministre devrait pousser Trump à s'opposer plus fermement à l'accord nucléaire et expliquer comment cet accord a permis à l'Iran de s'impliquer en Syrie, indique l'envoyé israélien

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Danny Danon (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Danny Danon (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

NEW YORK — Le Premier ministre Benjamin Netanyahu va faire le procès global de l’Iran à l’occasion de son prochain discours devant les Nations unies. Il va également « faire le lien » entre l’accord sur le nucléaire et le désir de l’Iran de s’établir militairement à la frontière nord d’Israël, a déclaré dimanche Danny Danon, ambassadeur israélien à l’ONU.

Netanyahu affirmera clairement que du point de vue de Jérusalem, l’accord sur le nucléaire iranien ne doit pas rester en l’état, a-t-il ajouté.

« La question de la Corée du Nord est inquiétante, mais nous nous préoccupons du Moyen Orient. L’Iran sera un sujet majeur de l’allocution du Premier ministre, en ce qui concerne l’accord sur le nucléaire mais aussi en ce qui concerne ce que nous faisons aujourd’hui dans la région », a dit Danon au Times of Israël.

Empêcher l’établissement de l’Iran dans le plateau du Golan via le groupe terroriste du Hezbollah dans le cadre d’un accord visant à mettre un terme à la guerre civile « est la question la plus importante pour Israël aujourd’hui », a estimé Danon, membre du Likud de Netanyahu.

Le problème, qui devrait être central pendant le discours, mardi, de Netanyahu, est lié de manière intime à la question de l’avenir de la convention sur le nucléaire souscrite entre l’Iran et six puissances mondiales en 2015.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant la 71e Assemblée générale des Nations unies à New York, au siège de l'ONU, le 22 septembre 2016. (Crédit : Jewel Samad/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant la 71e Assemblée générale des Nations unies à New York, au siège de l’ONU, le 22 septembre 2016. (Crédit : Jewel Samad/AFP)

« Aujourd’hui, les Iraniens disposent de davantage de fonds, et ils peuvent envoyer plus de soldats et acheter plus d’armes, et soutenir le Hezbollah. Tout est lié, a dit Danon. Je pense que le Premier ministre, qui est expert en cela, fera la relation. Il montrera l’image dans son ensemble de tout ce qui est survenu depuis l’accord, et quelles en sont aujourd’hui les conséquences. »

Danon a poursuivi : « je pense que les gens dans le monde aujourd’hui réalisent que lorsqu’on évoque une menace, elle peut finalement aussi devenir celle qu’ils devront affronter un jour. »

Netanyahu, qui doit prendre la parole devant les Nations unies vingt-quatre heures après sa troisième rencontre avec le président américain Donald Trump, va expliquer que l’accord sur le nucléaire doit être amendé ou abandonné, a indiqué Danon.

« Vous allez entendre de la part du Premier ministre qu’il faut faire quelque chose. Depuis le début, nous n’avons pas soutenu cet accord, et nous pensons toujours qu’il s’agit d’un mauvais accord », a-t-il dit.

Trump a indiqué qu’il déclarerait que l’Iran ne s’est pas conformé à l’accord dans une allocution devant le Congrès le mois prochain, mais il est peu probable qu’il démantèle totalement la convention, qu’il juge être « l’un des pires accords jamais souscrits. »

Danon a indiqué qu’il n’avait pas connaissance des désaccords rapportés entre les dirigeants politiques et militaires israéliens sur la question de la pertinence de la renégociation de l’accord.

Le Premier ministre Netanyahu, à gauche, aux côtés de Yossi Cohen, en 2015. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)
Le Premier ministre Netanyahu, à gauche, aux côtés de Yossi Cohen, en 2015. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)

« La politique du gouvernement d’Israël a consisté à affirmer qu’il s’agit d’un mauvais accord et nous appelons la communauté internationale à passer à l’action. C’est la position du gouvernement d’Israël et le Premier ministre le soulignera. Quand on en vient à la mise en œuvre des changements, vous pouvez débattre de comment faire, de quand le faire – mais vous ne pouvez pas laisser les choses en l’état. »

Selon un reportage diffusé dimanche sur la Deuxième chaîne, le chef du Mossad, Yossi Cohen, est à la tête de la « ligne belliqueuse » d’Israël, appelant à un passage à l’action immédiat pour s’assurer que Téhéran ne pourra pas accéder à la bombe.

Selon les médias, Netanyahu présentera lundi à Trump un plan global sur les moyens d’abandonner ou de changer l’accord nucléaire. Sa proposition détaillera comment « annuler ou, pour le moins, introduire des changements significatifs » à l’accord, a indiqué la Deuxième chaîne.

Netanyahu sera présent mardi lorsque Trump fera son premier discours devant les Nations unies.

De manière inhabituelle, Netanyahu prendra également la parole mardi – au premier jour de l’Assemblée générale – avant qu’il ne quitte les Etats-Unis en fin de journée pour pouvoir arriver en Israël avant Rosh HaShanah, la nouvelle année juive, qui commence mercredi soir.

Selon le protocole, le premier jour de l’Assemblée générale est réservé aux chefs d’Etat, rois et présidents, tandis que les Premiers ministres ne s’expriment qu’au troisième jour de la réunion.

Le président de l'Assemblée générale des Nations unies Miroslav Lajcak, à gauche, avec le vice-président de l'Assemblée générale des Nations unies, Danny Danon, qui est l'ambassadeur d'Israël à l'ONU (Crédit : Ministère des affaires étrangères)
Le président de l’Assemblée générale des Nations unies Miroslav Lajcak, à gauche, avec le vice-président de l’Assemblée générale des Nations unies, Danny Danon, qui est l’ambassadeur d’Israël à l’ONU (Crédit : Ministère des affaires étrangères)

« J’ai travaillé dur pour que le Premier ministre puisse prendre la parole mardi à cause de Rosh HaShanah », a expliqué Danon qui, la semaine dernière, est devenu vice-président de l’Assemblée générale. A ce titre, il supervisera la partie durant laquelle, au cours de la session de la matinée de mardi, Netanyahu montera à la tribune.

« C’est très dur de changer le protocole à l’ONU. Vous avez tant de pays, tant d’intérêts, a dit Danon. Mais j’ai parlé à tout le monde, depuis le secrétaire général [Antonio Guterres] jusqu’au président de l’Assemblée générale [le ministre slovaque Miroslav Lajčák] ainsi qu’à des dizaines d’autres responsables pour leur expliquer la signification de Rosh HaShanah et l’importance de l’allocution du Premier ministre aux Nations unies. »

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