Israël en guerre - Jour 260

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Dans « la bulle » de Tel Aviv, la fin de l’insouciance après les massacres du Hamas

"Aujourd’hui, il y a des Arabes qui viennent me dire que ce qui s'est passé, c'est trop. Ils pleurent avec nous. Ils partagent ce que nous pensons", confie Régina Tohar

Des citoyens israéliens emballent des dons de nourriture et d'autres produits de première nécessité pour les soldats et citoyens dans le sud, à Tel Aviv, le 9 octobre 2023. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Des citoyens israéliens emballent des dons de nourriture et d'autres produits de première nécessité pour les soldats et citoyens dans le sud, à Tel Aviv, le 9 octobre 2023. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le grand centre commercial Dizengoff, en plein Tel Aviv a des allures de ruche : une centaine de bénévoles s’activent pour trier le flot de dons destinés aux soldats et à ceux qui se sont mis à l’abri des roquettes du Hamas.

Au cinquième jour de la guerre entre Israël et le Hamas déclenchée après des massacres sans précédent par le groupe terroriste palestinien à partir de Gaza, l’élan de solidarité des Israéliens à l’égard des habitants du sud du pays, est immense.

« Tout ce qui se passe en ce moment est une pure folie. Alors ici, on se démène en pensant à la joie de ceux qui vont recevoir les colis que nous préparons », s’exclame Michal Rozental, l’une des organisatrices de la collecte.

Alors que la métropole située sur les bords de la Méditerranée est la cible de roquettes lancées depuis samedi par le Hamas, ses habitants ont choisi de se mobiliser en masse pour soutenir ceux que l’attaque a frappés.

« Tout le monde est touché en Israël, au nord, au sud, à Tel Aviv », déplore Joanna Ouisman en déposant deux énormes sacs remplis de livres pour enfants. « Personne », dit-elle, « ne peut assister à cette barbarie et demeurer indifférent ».

« Il n’y a plus ni droite, ni gauche. Il n’y a plus de politique. Nous sommes un pays uni. Avec le peuple juif, c’est ainsi que cela fonctionne », renchérit Mony Elbaz, un retraité de 68 ans qui constate « une solidarité totale » dans les mêmes rues et places où manifestaient, encore la semaine dernière, les opposants à la réforme judiciaire du gouvernement face à ses partisans.

La plage, vide, à Tel Aviv, alors qu’Israël est en pleine guerre contre le Hamas suite aux attaques terroristes de la semaine dernière, le 12 octobre 2023. (Crédit : GIL COHEN-MAGEN / AFP)

Tel Aviv, surnommée « la bulle », est réputée pour sa tolérance, son ouverture, ses clubs branchés et son hédonisme débridé, tourne désormais au ralenti.

« C’est triste. Les gens restent chez eux. Beaucoup de mes amis sont retournés vivre chez leurs parents », raconte Alma Hubsch.

Le café dans lequel travaille à mi-temps la jeune femme n’est plus ouvert que quelques heures chaque jour « pour que les gens puissent y acheter du pain et des gâteaux ».

« On ne reconnaît pas les rues. »

Si lors de précédents conflits, il a pu être dit de cette ville de près de 500 000 habitants qu’elle restait relativement préservée des violences, depuis le début des massacres du Hamas, son cœur bat à l’unisson avec le reste du pays et est la cible de salves de roquettes.

« Je ne fais pas de politique, mais là on ne peut pas rester indifférent. Nous connaissons tous quelqu’un qui sert dans l’armée en ce moment », dit Omer, 36 ans, qui préfère ne pas donner son nom de famille.

Un café vide à Tel Aviv, alors qu’Israël est en pleine guerre contre le Hamas suite aux attaques terroristes de la semaine dernière, le 10 octobre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/FLASH90)

Pour apaiser l’angoisse, chacun a sa technique.

Dans une ruelle de Jaffa, un faubourg au sud de Tel Aviv, deux Israéliens d’une quarantaine d’années fument des joints. « C’est comme ça qu’on tient », dit la femme. « C’est très dur, il faut quelque chose pour faire passer ça », ajoute son ami.

Dans ce quartier où vivent côte-à-côte Juifs et Arabes israéliens, des affrontements ont parfois éclaté entre les deux communautés, au cours de précédents conflits.

« Aujourd’hui, il y a des Arabes qui viennent me dire que ce qui s’est passé, c’est trop. Ils pleurent avec nous. Ils partagent ce que nous pensons », confie Régina Tohar qui vit dans le quartier depuis les années 1990. « Et ça me fait beaucoup de bien. »

« Hier (durant les sirènes d’alerte aux roquettes) je me suis mise à crier, j’étais terrifiée ! Et depuis samedi, je me ronge tellement les ongles, que je viens de m’en mettre des faux », dit Régina, 62 ans et retraitée, en disant sa peur de voir son fils partir pour le front.

« Ouvrez les yeux », clame un jeune homme portant un masque et des lunettes de soleil. Le panneau qu’il brandit porte l’inscription « Détruisez Gaza ». Il affirme parcourir la ville depuis trois jours pour en convaincre les passants. « C’est ce que je peux faire contre cet ennemi qui ressemble au (groupe jihadiste) État islamique. Je refuse que les gens de Tel Aviv soient aveuglés. Le temps de la naïveté est révolu. »

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