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Interview

Dans l’unité COVID de l’hôpital Hadassah à l’heure du variant Omicron

Si le nombre de cas augmente et que c'est la course pour mettre en place de nouveaux lits, il y a un soulagement - celui d'atteintes respiratoires moins sévères chez les patients

Des patients atteints par la COVID-19 et hospitalisés à Hadassah Ein Kerem reçoivent une visite de leur famille. (Crédit :  Olivier Fitoussi/Flash90)
Des patients atteints par la COVID-19 et hospitalisés à Hadassah Ein Kerem reçoivent une visite de leur famille. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Pendant les quatre vagues précédentes de coronavirus, le professeur Zvi Fridlender de l’hôpital Hadassah se souvient de son impuissance quand il tentait de venir en aide à des patients qui manquaient d’air. Aujourd’hui et à son grand soulagement, dit-il, ils respirent mieux.

« Avec Delta, j’allais et je venais et je voyais tel malade dont l’état se détériorait et qui avait des difficultés à respirer, tel autre qui avais besoin d’oxygène et un troisième qui avait besoin d’être ventilé », explique le médecin, lundi, alors qu’il se prépare à ouvrir la troisième unité de prise en charge des malades atteints par le coronavirus de l’hôpital – une unité qui commencera à recevoir ses premiers patients à partir de mardi.

« Avec Omicron, nous n’observons pas le même niveau de détérioration que celui qui s’imposait à nos yeux lors des précédentes vagues, l’impact est moins spectaculaire », se réjouit-il. Et c’est également le cas parmi les formes les plus sévères du virus, qui sont moins graves, ajoute Fridlender.

Ces paroles et les témoignages qui émanent des autres hôpitaux semblent corroborer un nombre de recherches de plus en plus nombreuses qui laissent penser qu’Omicron n’affecte pas aussi profondément les cellules pulmonaires que celles des voies respiratoires supérieures.

Dans l’une des études les plus déterminantes réalisée à ce jour, le docteur Michael Diamond, virologue à la Washington University à St. Louis, dans l’état du Missouri, a inoculé les différents variants à des animaux et il a constaté que la concentration de virus, chez ceux qui étaient infectés par le variant Omicron, était dix fois inférieure à la concentration de virus retrouvée dans les variants précédents.

Malgré son soulagement face aux effets du variant Omicron sur les poumons des malades, les propos tenus par Fridlender pendant un entretien avec le Times of Israel traduisent toutefois un sentiment d’urgence.

Le professeur Zvi Fridlender de l’hôpital Hadassah (Autorisation : Hôpital Hadassah)

La vague Omicron, au sein de l’État juif, est tellement prononcée que cette nouvelle unité est la troisième à ouvrir ses portes à Hadassah en l’espace de quinze jours. Jusqu’à l’installation d’une première unité qui leur était spécialement consacrée, le 27 décembre, les patients atteints de coronavirus étaient si rares qu’ils étaient placés à l’isolement, dans des chambres, au sein des unités de médecine interne.

Il y avait sept malades de la COVID-19 à Hadassah à ce moment-là ; ils sont aujourd’hui 52, dont quatre se trouvent dans un état critique et quinze dans un état grave. Il y avait, le 27 décembre, 13 053 cas actifs de coronavirus sur tout le territoire israélien et 143 personnes hospitalisées, avec 87 qui étaient dans un état grave. Aujourd’hui, 115 010 cas de coronavirus sont enregistrés dans tout le pays, avec 523 personnes à l’hôpital et 205 dans un état grave.

« Les choses montent en puissance ici très rapidement », note Fridlender. « On a ouvert la première unité il n’y a pas longtemps ; puis on a ouvert la deuxième, il y a trois jours et là, on se prépare à ouvrir la troisième ».

Les principales armes contre la COVID-19, dans les unités, sont les mêmes que lors des vagues précédentes même si une nouvelle ligne de défense est apparue sur le front intérieur : Les pilules mises au point par les laboratoires Pfizer et Merck qui ont été récemment approuvées et qui sont prescrites à des malades qui se trouvent encore chez eux, pour prévenir toute détérioration de leur état de santé.

Les pilules anti-COVID de Pfizer. (Crédit : Pfizer via AP)

A l’hôpital, les patients ont habituellement droit à des traitements antiviraux comme le Remdesivir, et à des stéroïdes comme la Dexamethasone. Comme cela a aussi été le cas dans les vagues précédentes, les personnes vaccinées répondent mieux aux traitements et ils s’en sortent aussi mieux que les autres, signale Fridlender.

Dans cet arsenal, une arme est toutefois beaucoup plus rarement utilisée : le respirateur artificiel, pourtant l’instrument médical ultime pendant la première vague. « Nous ne sommes tout simplement plus dans cette course constante qui consistait à aider les gens à respirer, à les prendre en charge juste avant qu’ils ne rencontrent ces graves difficultés de respiration », note Fridlender. « Il n’y a pas le même niveau de pression. Et cela entraîne une différence énorme ».

Il indique que c’est là le dernier parmi plusieurs changements qui permettent dorénavant aux unités de coronavirus de se sentir moins isolées, moins tendues malgré la progression de la pandémie. « Les unités sont différentes aujourd’hui, sous de nombreux aspects. Au début de la pandémie, il n’y avait pas de visiteurs mais les choses ont changé : Les parents des malades peuvent rendre visite à leurs proches en portant une combinaison de protection et cela a apporté un grand changement dans ces unités ».

Des patients atteints par la COVID-19 et hospitalisés à Hadassah Ein Kerem reçoivent une visite de leur famille. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Fridlender est rassuré par l’impact moindre qu’a le variant Omicron sur les patients. « Je suppose que si le virus ne change pas, alors la proportion de personnes gravement malades, atteintes par cette souche restera basse », dit-il, ajoutant que cela ne signifie pas pour autant qu’Israël serait tiré d’affaire.

La souche actuelle se propage tellement rapidement et elle pourrait infecter un si grand nombre d’Israéliens qu’une maladie grave, chez une minorité de personnes, pourrait placer sous pression le système de soins. Il avertit que « même si un nombre relativement modeste de personnes sont très malades, ce nombre pourrait être tel qu’il deviendra très important ».

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