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David Barnea : « Israël ne restera pas les bras croisés face à l’Iran »

Le bureau du Premier ministre a affirmé que le chef du Mossad a partagé des "informations sensibles" avec les chefs de la CIA, du FBI, du Pentagone et d'autres hauts responsables

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le chef du Mossad, David Barnea, assistant à une cérémonie marquant le jour du Souvenir pour les soldats israéliens tombés au combat et les victimes du terrorisme à Jérusalem, le 3 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le chef du Mossad, David Barnea, assistant à une cérémonie marquant le jour du Souvenir pour les soldats israéliens tombés au combat et les victimes du terrorisme à Jérusalem, le 3 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le chef du Mossad, David Barnea, a conclu jeudi un voyage à Washington au cours duquel il s’est entretenu avec de hauts responsables américains dans le cadre des efforts israéliens contre la signature d’un nouvel accord nucléaire avec l’Iran.

Selon le bureau du Premier ministre, Barnea a tenu des réunions avec le chef de la CIA William Burns, le directeur du FBI Christopher Wray, le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan, le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin, le président des chefs d’état-major interarmées Mark Milley et des hauts fonctionnaires du département d’État.

Barnea, qui a décollé pour les États-Unis lundi, a montré aux responsables des « documents de renseignement sensibles » et a souligné qu' »Israël ne pourra pas rester les bras croisés alors que l’Iran continue de tromper le monde », selon un communiqué du bureau du Premier ministre.

« Le directeur du Mossad a entendu de la bouche de ses homologues que les États-Unis restent attachés à la sécurité de l’État d’Israël », a précisé le communiqué.

« Les Américains ont souligné qu’ils ne permettront pas à l’Iran d’obtenir une arme nucléaire et qu’ils continueront à agir en pleine coopération avec l’État d’Israël en ce qui concerne les questions régionales au Moyen-Orient concernant la sécurité de l’État d’Israël. »

Un membre du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche a confirmé la rencontre entre Barnea et Sullivan mercredi.

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan, s’exprimant lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, le 11 juillet 2022, à Washington. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

« Le directeur Barnea avait, depuis longtemps, une visite préprogrammée pour la période en cours », a déclaré le porte-parole au Times of Israel, semblant devancer toute tentative éventuelle de lier les discussions à l’accord sur le nucléaire iranien.

Il a ajouté que les deux hommes ont discuté « d’une série de questions mondiales et régionales ».

« Nous apprécions nos consultations étroites, comme toujours, avec lui et d’autres hauts responsables israéliens », a ajouté le porte-parole.

Ces dernières semaines, les responsables israéliens ont multiplié les contacts avec leurs homologues américains et européens afin de peser sur une éventuelle relance de l’accord sur le nucléaire iranien, alors que les parties semblaient être proches d’un accord.

Toutefois, les pourparlers semblent s’être heurtés à un obstacle la semaine dernière, l’Iran ayant soulevé un certain nombre d’exigences rejetées par les États-Unis et l’Union européenne. Le site jumeau du Times of Israel, Zman Yisrael, a rapporté que des responsables américains, dont le président Joe Biden, ont fait savoir au Premier ministre Yair Lapid, lors de récents entretiens, que le rétablissement de l’accord n’était pas d’actualité pour le moment.

Israël a fait pression sur les États-Unis pour qu’ils ne réintègrent pas l’accord nucléaire de 2015. Un haut responsable de la défense a déclaré le mois dernier qu’Israël a deux principales préoccupations concernant l’accord potentiel : la clause dite de caducité, qui lèverait les restrictions sur le programme nucléaire de l’Iran à l’expiration de l’accord, et l’allègement des sanctions qui permettrait à l’Iran d’augmenter le financement de ses mandataires.

Biden tente de relancer l’accord, qui a été abandonné en 2018 par son prédécesseur Donald Trump, qui a déclenché une volée de nouvelles sanctions contre l’État dirigé par des religieux.

Israël a entre-temps poussé les États-Unis à préparer une option militaire contre l’Iran et Biden a déclaré en juillet qu’il serait prêt à utiliser la force si nécessaire pour empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire.

Le Premier ministre Yair Lapid sur la base aérienne de Nevatim, dans le sud d’Israël, le 6 septembre 2022. (Crédit : Capture d’écran vidéo/GPO)

Cela fait longtemps qu’Israël s’oppose à la perspective d’un accord, affirmant que Téhéran cherche à fabriquer une arme nucléaire. L’État juif a diffusé des renseignements qui, selon lui, révèlent la nature réelle du programme d’armement iranien. De son côté, la république islamique nie toute mauvaise intention et répète que son programme est mené à des fins pacifiques, même si le pays a récemment fait des travaux d’enrichissement de l’uranium à des niveaux qui, selon les responsables internationaux, n’ont aucune utilité en matière d’usage civil.

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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