Israël en guerre - Jour 138

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David Cameron craint qu’Israël n’ait enfreint le droit international à Gaza

Le ministre britannique des Affaires étrangères a néanmoins été informé que jusqu'à présent Tsahal a respecté la loi ; la Cour pénale internationale enquête sur la mort de journalistes

Le ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron témoignant devant une commission des Affaires étrangères de la Chambre des communes, à Londres, le 9 janvier 2024. (Crédit : PRU/AFP)
Le ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron témoignant devant une commission des Affaires étrangères de la Chambre des communes, à Londres, le 9 janvier 2024. (Crédit : PRU/AFP)

Les juristes du gouvernement britannique estiment qu’Israël n’a pas violé le droit international à Gaza, a indiqué mardi le chef de la diplomatie David Cameron, faisant toutefois part cependant de son inquiétude concernant l’opération militaire menée en représailles à l’attaque meurtrière du groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre.

« La réponse courte à cette question est ‘non' », a déclaré l’ancien Premier ministre, après qu’un député de la commission des Affaires étrangères lui a demandé s’il avait reçu un avis légal affirmant qu’Israël avait agi de manière contraire au droit international.

Pressé de questions sur la légalité des frappes israéliennes lors de cette audition, Cameron a toutefois estimé que certaines des choses qu’il avait vu durant cette guerre dans l’enclave palestinienne étaient « profondément inquiétantes ».

La guerre à Gaza a éclaté lorsque le Hamas a envoyé 3 000 terroristes armés en Israël, le 7 octobre, pour mener une attaque brutale au cours de laquelle ils ont tué près de 1 200 personnes. Les terroristes ont également pris en otage plus de 240 personnes, pour la plupart des civils, et les ont emmenées à Gaza.

Israël a réagi en lançant une opération militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages.

La Grande-Bretagne a soutenu le droit d’Israël à se défendre contre les attaques du Hamas, mais a également appelé l’armée israélienne à faire preuve de retenue et à agir dans le respect du droit international lors de son incursion à Gaza, qui a ravagé une grande partie de l’enclave palestinienne.

De la fumée s’élevant au-dessus de Khan Yunis dans le sud de la bande de Gaza, sur une photo prise à Rafah, le 9 janvier 2024. (Crédit : AFP)

Cameron n’a pas répondu directement aux législateurs qui lui demandaient s’il avait reçu un avis juridique selon lequel Israël aurait pu enfreindre le droit international, mais il a déclaré que certains incidents avaient soulevé des questions quant à l’existence d’infractions.

« Suis-je inquiet qu’Israël ait agi d’une façon qui pourrait violer le droit international, parce que tel ou tel autre bâtiment a été bombardé ? Oui, bien sûr cela m’inquiète », a-t-il affirmé, expliquant que c’était la raison pour laquelle des juristes étaient consultés.

Interrogé sur le fait de savoir si les juristes du gouvernement estiment qu’Israël pourrait être « vulnérable à une procédure » devant la Cour internationale de justice (CIJ) basée à La Haye, Cameron a répondu : « c’est proche de cela ».

Mais il a ajouté « qu’il y a toujours un point d’interrogation », et qu’un examen plus approfondi était nécessaire.

Israël affirme prendre des précautions pour éviter les pertes civiles et accuse le Hamas d’utiliser des civils comme boucliers humains en se dissimulant dans des zones résidentielles.

Plus de 23 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

Israël a déclaré la semaine dernière avoir tué 8 500 terroristes palestiniens à Gaza, en plus des 1 000 autres tués le 7 octobre.

Alors que la communauté internationale s’inquiète de plus en plus du nombre considérable de Palestiniens tués par l’incursion israélienne et de l’aggravation de la crise humanitaire, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a exhorté mardi les dirigeants israéliens à faire davantage pour éviter que les civils ne subissent d’autres préjudices et pour protéger les infrastructures civiles.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, rencontrant le secrétaire d’État américain Antony Blinken, au quartier général militaire de la Kirya, à Tel Aviv, le 9 janvier 2024. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Blinken, qui se trouve dans la région pour une semaine de déplacements diplomatiques, a rencontré de hauts responsables israéliens, notamment le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président Isaac Herzog et le ministre des Affaires étrangères Israël Katz.

Un porte-parole du Département américain des Affaires étrangères a indiqué que lors de sa rencontre avec Netanyahu, Blinken a souligné « l’importance d’éviter plus d’atteintes aux civils et de protéger » les infrastructures civiles à Gaza ».

Blinken et Netanyahu ont également discuté « des efforts en cours pour obtenir la libération de tous les otages restants et de l’importance d’augmenter le niveau de l’aide humanitaire qui atteint les civils à Gaza », a indiqué le porte-parole.

Par ailleurs, la Cour pénale internationale (CPI), l’organe judiciaire principal de l’ONU, a confirmé mardi qu’elle enquêtait sur des crimes potentiels commis contre des journalistes depuis le début de la guerre, au cours de laquelle des dizaines de reporters ont été tués.

Le groupe de défense des médias Reporters sans frontières (RSF) a déclaré en novembre qu’il avait déposé une plainte auprès de la CPI, également basée à La Haye, alléguant des crimes de guerre pour la mort de journalistes qui tentaient de couvrir le conflit.

« Le bureau du procureur Karim Khan a assuré l’organisation que les crimes contre les journalistes étaient inclus dans son enquête sur la Palestine », a annoncé RSF lundi.

La Cour a confirmé cette déclaration : « L’enquête du Bureau du Procureur de la CPI sur la situation dans l’État de Palestine concerne les crimes commis dans le cadre de la compétence de la Cour depuis le 13 juin 2014. »

Au moins 79 journalistes et professionnels des médias, en grande majorité palestiniens, auraient été tués depuis le début de la guerre il y a trois mois, selon le Comité pour la protection des journalistes, basé à New York.

Les Palestiniens regardant dans une voiture touchée par une frappe israélienne et dans laquelle se trouvaient deux journalistes, Hanza Dahdouh, qui travaillait pour Al-Jazeera, et un indépendant, Mustafa Thuria, qui ont été tués, le 7 janvier 2024. (Crédit : Hatem Ali/AP)

Dimanche, le diffuseur Al-Jazeera a déclaré que deux de ses journalistes palestiniens dans la bande de Gaza ont été tués dans une frappe attribuée par Israël sur leur voiture.

Tsahal a indiqué avoir frappé « un terroriste qui opérait un avion qui représentait une menace » et était « au courant des informations selon lesquelles, pendant la frappe, deux autres suspects se trouvaient dans le même véhicule. »

Après les derniers décès, le bureau des droits des Nations unies a déclaré lundi qu’il était « très préoccupé par [le] nombre élevé de morts parmi les professionnels des médias à Gaza ».

L’Afrique du Sud a déjà prévu de plaider jeudi devant la CIJ car elle accuse Israël de génocide dans la bande de Gaza.

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