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David Elhayani démissionne en invoquant des « divergences d’opinion »

Le président du Conseil de Yesha, représentant les autorités locales dans les implantations de Cisjordanie, a démissionné après un mandat tempétueux de trois ans

Le président du Conseil de Yesha, David Elhayani, sous une tente de protestation devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 21 juin 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le président du Conseil de Yesha, David Elhayani, sous une tente de protestation devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 21 juin 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

David Elhayani, président du Conseil de Yesha, représentant les autorités locales dans les implantations de Cisjordanie, a démissionné dimanche après un mandat tempétueux de trois ans.

Dans sa lettre de démission, Elhayani a invoqué des « divergences d’opinion » qui sont apparues autour de sa direction, mais il a insisté sur le fait que malgré ces problèmes et la pandémie de COVID-19 qui avaient dominé une grande partie de sa présidence, il avait réussi à défendre les intérêts des implantations.

« J’ai vu dans mon poste une mission nationale de premier ordre et je me suis attelé à la tâche avec une foi profonde dans l’importance des implantations pour l’avenir de l’État d’Israël », a écrit Elhayani.

Il a évoqué « les développements politiques et les nouvelles élections » comme raisons de son départ, même s’il est difficile de dire s’il a l’intention de se présenter à la Knesset.

Elhayani avait été choisi de justesse à la tête du Conseil de Yesha au mois de novembre 2019 après être devenu un « candidat de compromis » suite à la défection, à la dernière minute, des deux principaux candidats en lice dans cette course électorale.

S’il était, à l’origine, un membre du parti d’opposition du Likud et un proche de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu, l’homme avait pris ses distances et il avait prêté allégeance à la formation de droite Tikva Hadasha, formée par un ex-membre du Likud, Gideon Saar, avant le scrutin national du mois de mars.

De gauche à droite : le président du Conseil régional du Gush Etzion Shlomo Neeman, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président du Conseil de Yesha David Elhayani à un point d’observation du Gush Etzion, le 19 novembre 2019. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Une initiative qui lui avait fait perdre son aura parmi les résidents des implantations et les dirigeants politiques favorables au mouvement, qui restent traditionnellement fidèles au bloc religieux de droite qui est placé sous l’autorité de Netanyahu.

L’opposition à Elhayani avait continué à croître dans le mouvement pro-implantation, à la fois chez les habitants et chez les chefs des conseils locaux, entraînant un déficit de soutien public et politique à son égard, malgré sa désignation officielle de figure de proue des implantations.

Certains conseils locaux avaient fait le choix de ne pas transférer les budgets requis à Yesha suite à ces conflits politiques et des maires et autres présidents de conseil s’étaient ouvertement opposés à lui en exigeant sa démission.

Enfin, le mois dernier, des dizaines de membres de conseils locaux avaient signé une lettre l’appelant à démissionner après son soutien apporté au gouvernement au sujet d’une législation liée aux implantations, qui était contraire à un projet de loi revendiqué par de nombreux leaders du mouvement alignés sur le positionnement alors adopté par le bloc de Netanyahu, dans l’opposition.

Un incident qui avait encore nui davantage à l’autorité d’Elhayani et qui avait rendu sa position intenable à long-terme.

Le processus de sélection d’un nouveau président pour le Conseil de Yesha sera lancé lors de la prochaine assemblée générale de l’organisation, a noté Elhayani dans sa lettre de démission.

Il a ajouté qu’il conserverait son poste de responsable du Conseil régional de la vallée du Jourdain. Il vit dans l’implantation d’Argaman.

L’implantation juive d’Eli, en Cisjordanie, le 17 janvier 2021. (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)

Oded Revivi, maire de l’implantation d’Efrat, a déclaré que le départ d’Elhayani était une opportunité offerte au mouvement pro-implantation « de prendre le temps de réfléchir à ce qu’il veut être dans les dix ou vingt prochaines années », ajoutant que le mouvement « a raté des occasions différentes de renforcer notre foyer politique et Israël en conséquence » dans les années qui se sont écoulées depuis le processus de paix d’Oslo et le désengagement de Gaza, en 2005.

Revivi était partisan du plan de paix proposé par l’ancien président américain Donald Trump, qui aurait élargi la souveraineté israélienne à de larges pans de la Cisjordanie et notamment à Efrat, mais qui avait aussi prévu l’établissement d’un état palestinien – une idée à laquelle s’opposaient de nombreux leaders d’implantation membres du Conseil de Yesha, dont Elhayayani lui-même.

Les désaccords parmi les maires des implantations de Cisjordanie sur le plan de Trump avaient créé de nouvelles divisions au Conseil de Yesha, affaiblissant davantage son président.

« J’espère que quelqu’un saura se distinguer parmi nous par sa réflexion sur ce à quoi ressemblera la Judée-Samarie en 2040… pas quelqu’un qui se focalisera sur une vision inenvisageable à ce stade, mais qui saura plutôt comprendre la nécessité de gagner les cœurs – pas sous la forme d’un slogan mais sous la forme d’un mode de vie bien réel », a commenté Revivi après l’annonce d’Elhayani, utilisant le terme biblique désignant la Cisjordanie.

De son côté, le chef du Conseil local de Gush Etzion, Shlomo Neeman, a salué le président sortant « qui a donné son âme pour les implantations de Judée-Samarie », ajoutant que malgré les différences d’opinion, il avait toujours fait ce qui était bon pour la région.

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