De nouvelles restrictions pour les prisonniers palestiniens sécuritaires
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De nouvelles restrictions pour les prisonniers palestiniens sécuritaires

Pas de séparation selon les factions, plus de repas préparés par les détenus, restrictions de l'eau – des mesures visant à pousser le Hamas à rendre les prisonniers israéliens

Le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, assiste à une commission des affaires internes à la Knesset le 2 juillet 2018. (Crédit : Hadas Parush / Flash90)
Le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, assiste à une commission des affaires internes à la Knesset le 2 juillet 2018. (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan a annoncé une série de nouvelles restrictions, mercredi, concernant les prisonniers terroristes palestiniens dans le cadre de tentatives ininterrompues visant à faire pression sur les groupes terroristes auxquels ils appartiennent.

Lors d’une conférence de presse à Tel Aviv mercredi, Gilad Erdan a indiqué que le premier changement serait de retirer aux prisonniers le droit de partager leur cellule ou leur aile avec d’autres membres de leur faction respective.

« J’ai décidé que les services pénitentiaires arrêteront d’incarcérer les prisonniers dans des ailes en fonction de leur affiliation terroriste », a-t-il déclaré. Le droit accordé aux détenus de régir leurs groupes a eu pour conséquence indésirable de « renforcer l’identité de leur organisation », explique-t-il, ajoutant que cela rendait inéluctable leur retour au terrorisme après leur sortie de prison.

Il a déclaré que de nouvelles restrictions limiteraient « l’autonomie » dont jouissent ces détenus. Ainsi, les prisonniers verront également leur consommation d’eau limitée et leur possibilité de cuisiner pour eux dans leur aile de la prison restreinte.

Détenus sécuritaires palestiniens dans la prison d’Ofer au nord de Jérusalem, 20 août 2008. (Moshe Shai/Flash90)

Il a indiqué que les prisonniers incarcérés pour des délits liés à la sécurité « cuisinaient de meilleurs repas que ceux fournis par la prison aux autres détenus – qui sont, eux, plus en mesure d’être réhabilités et de revenir dans la société, contrairement aux terroristes. La nourriture sera désormais préparée par les cuisines des services pénitentiaires. Les repas [des détenus incarcérés pour délits sécuritaires] seront équivalents à ceux des détenus criminels.

Une commission enquêtant sur les conditions de détention des détenus terroristes a révélé une consommation « insensée » d’eau dans des « proportions inconcevables », a-t-il également expliqué.
Ils consomment « cinq fois plus » d’eau qu’un Israélien moyen chaque jour, a déclaré le ministre.
« Et ce n’est pas un hasard », a-t-il poursuivi, accusant les détenus de vouloir gaspiller l’eau « en guise de lutte contre Israël ».

« Cela doit cesser et changer », a déclaré Gilad Erdan. « Les terroristes détenus disposent d’un libre accès aux robinets et les laissent couler pendant des heures chaque jour. Il y aura des limitations claires de la quantité d’eau autorisée par jour, les horaires de douche seront restreints et à terme, les douches seront déplacées en dehors des ailes des prisons. Nous pourrons ainsi superviser et limiter cette consommation. »

Les soldats israéliens Oron Shaul (à gauche) et Hadar Goldin (Crédit : Flash90)

Le Hamas, auquel de nombreux prisonniers concernés appartiennent, retient deux civils israéliens atteints de pathologies mentales, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, entrés de leur propre gré dans la bande de Gaza. Le Hamas détient également les dépouilles de deux soldats israéliens, Hadar Goldin et Oron Shaul, tués lors de la guerre de Gaza en 2014.

Le Hamas tente régulièrement de capturer des soldats et civils israéliens pour les utiliser comme monnaie d’échange contre la libération de Palestiniens détenus en Israël pour des motifs terroristes.

Les familles israéliennes de victimes du terrorisme et des soldats tombés ne cessent de réclamer au gouvernement qu’ils durcissent les conditions de détention des prisonniers palestiniens pour pousser le Hamas à libérer leurs être chers et les dépouilles en question.

Le mois dernier, les députés israéliens avaient fait passer une loi supprimant la possibilité de libération conditionnelle pour bonne conduite pour les détenus condamnés pour tentative d’assassinat ou assassinat par attentat terroriste. La loi interdit leur libération aux deux-tiers de leur peine.

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