Début de la grève générale des infirmières après l’échec des négociations
Rechercher

Début de la grève générale des infirmières après l’échec des négociations

Les hôpitaux et les cliniques de santé de tout le pays offriront des services réduits, avec des exceptions pour les cas urgents et dans le contexte de la crise du coronavirus

Photo illustrative de médecins et d'infirmières en Israël (Crédit photo: Meir Partush / Flash90)
Photo illustrative de médecins et d'infirmières en Israël (Crédit photo: Meir Partush / Flash90)

Les infirmiers de tout le pays se sont mis en grève lundi dès 7 heures du matin en raison du manque de personnel qui, disent-ils, rend impossible le bon déroulement de leur travail après l’échec de pourparlers de la dernière chance avec le Trésor pour empêcher le mouvement social.

Les chefs syndicaux et la directrice-générale du ministère des Finances, Keren Terner Eyal, n’ont trouvé aucun accord au cours de rencontres qui ont eu lieu dans la journée de dimanche et dans la nuit de dimanche à lundi.

Il est difficile de dire pour le moment si la grève durera vingt-quatre heures ou si elle sera indéfiniment reconductible.

Le ministère de la Santé a estimé dimanche qu’il y avait 813 infirmiers en quarantaine, et le site d’information Ynet a précisé qu’il n’y avait eu aucun ajout de personnels malgré la réouverture d’unités de coronavirus supplémentaires dans les hôpitaux.

« Nous avons expliqué la situation à la directrice générale du ministère des Finances. Il faut comprendre que le manque d’infirmiers n’a pas commencé avec la pandémie de coronavirus. C’est le Trésor qui en est responsable et il a eu du temps pour résoudre cette problématique. Nous serons en grève demain », avait commenté la cheffe du syndicat national des infirmiers Ilana Cohen devant les caméras de la chaîne Kan, dimanche.

Le député Yair Lapid de Kakhol lavan s’exprime lors de la conférence de presse de « Maariv » à Herzliya, le 26 février 2020. (Miriam Alster/Flash90)

Le chef de l’opposition Yair Lapid a écrit sur Twitter, lundi matin, que les travailleurs sociaux, qui sont également en grève, « ont compris qu’il n’y a pas de gouvernement en Israël ».

Lapid a accusé le gouvernement « déconnecté » de « ne s’occuper que de lui-même » tandis qu’il « n’y a personne pour s’attaquer aux problèmes. Tous ceux qui se trouvent sur le front, au sein de la société israélienne, ont été abandonnés ».

Quels sont les services qui fonctionneront ?

Les internes en médecine dans les hôpitaux ont annoncé, dimanche soir, qu’ils respecteraient un débrayage de deux heures en solidarité avec les infirmiers, entre 10 heures du matin et midi. Ce qui devrait créer des blocages et des temps d’attente plus longs que d’habitude dans les services d’urgence.

Les infirmiers n’assureront pas leurs fonctions dans toutes les cliniques de santé, autres institutions et dispensaires, a fait savoir la Douzième chaîne.

Les salles d’opération fonctionneront avec des personnels réduits – comme le week-end – ce qui signifie que toutes les interventions non-urgentes prévues l’après-midi seront annulées.

Toutes les unités d’hôpitaux accueillant des malades fonctionneront comme c’est habituellement le cas le week-end avec des personnels réduits, à l’exception des unités accueillant des malades du coronavirus, qui ne seront pas touchées par le mouvement social.

Les centres où sont menés des tests de dépistage à la COVID-19 ne seront pas non plus affectés par cette grève.

Chaque hôpital mettra en place une commission chargée de prendre des décisions au cas par cas et sur une base individuelle.

Les infirmiers se mettront aussi en grève dans toutes les koupat holim, avec des services réduits. Parmi les soins qui seront notamment assurés, les soins à domicile, les thérapies par insuline, les traitements relatifs à la procréation médicalement assistée et les traitements oncologiques. Les instituts gastro-entérologiques et les dispensaires seront ouverts.

Les centres familiaux de santé ne maintiendront leurs activités que dans un seul établissement par ville. Ils ne prendront en charge que les cas de grossesses à risque et les bébés prématurés nécessitant des soins.

Des infirmières de l’hôpital Hadassah Ein Kerem, à Jérusalem, le 19 février 2014. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Les centres épidémiologiques maintiendront un personnel de base pour les cas urgents de rage et de méningite. Les centres de réponse au coronavirus, pour leur part, ne seront pas touchés par ce mouvement social et les enquêtes de suivi des contacts auront lieu comme d’habitude.

Les laboratoires de vaccination pour les voyageurs se rendant à l’étranger resteront fermés et aucun examen médical ne sera assuré. La réception du public ne sera pas possible au cours des heures de travail. Les tests sanguins et les prélèvements d’échantillons ne pourront s’effectuer que dans les cliniques.

Le Syndicat national des infirmiers avait initialement annoncé lancer un mouvement social le mois dernier, affirmant que la charge de travail démesurée des personnels nuisait à leur capacité à s’occuper de manière appropriée des malades.

La semaine dernière, Cohen, le chef du syndicat, avait écrit au ministre des Finances Israel Katz, disant que « les infirmiers s’effondrent ».

« Il n’est plus possible de continuer ainsi. Le système est en panne, point final », avait-elle dit. « Ce dont nous avons besoin dès aujourd’hui, c’est de main-d’oeuvre ».

Ilana Cohen, présidente de l’Union nationale des infirmières en Israël, arrive pour une réunion au ministère des Finances à Jérusalem, le 7 août 2018. (Hadas Parush/Flash90)

Elle avait ajouté que les malades et les infirmiers avaient été « abandonnés » et que le système de santé était en train de « s’assécher ».

Elle avait déploré l’achat de respirateurs par les hôpitaux sans qu’une formation supplémentaire ne soit proposée aux personnels, que le nombre d’infirmiers n’ait pas été revu à la hausse dans un contexte de pandémie, soulignant l’ouverture d’unités de coronavirus sans renfort de main-d’oeuvre.

Il manque des centaines, voire des milliers d’infirmiers, a estimé pour sa part le directeur-adjoint du centre médical Sheba, Arnon Afek, des propos repris la semaine dernière par Ynet.

« Il y a un grand manque d’infirmiers si on prend en compte le nombre de lits dans les hôpitaux », a-t-il ajouté.

Au mois de juillet dernier, les infirmiers, dans tout le pays, s’étaient mis en grève après l’échec de négociations entre le syndicat national des infirmiers et le ministère de la Santé. Les personnels protestaient contre ce qu’ils avaient qualifié de conditions de travail médiocres, de charge pesante de travail et de standards de soins sans cesse revus à la baisse.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...