Début des essais de Phase III pour un médicament traitant la COVID-19
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Début des essais de Phase III pour un médicament traitant la COVID-19

L'Allocetra, un médicament expérimental israélien développé à l'hôpital Hadassah, est utilisé pour soigner l'orage cytokinique, que le système immunitaire s'en prend aux organes

Yair Tayeb, un malade ayant guéri de la COVID-19 à l'hôpital  Hadassah Ein Kerem de Jérusalem, le 9 février 2021. (Capture d'écran : Treizième chaîne)
Yair Tayeb, un malade ayant guéri de la COVID-19 à l'hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem, le 9 février 2021. (Capture d'écran : Treizième chaîne)

L’Allocetra, un médicament expérimental utilisé pour soigner les formes graves de la COVID-19, vient de terminer ses essais de phase II avec succès.

Sur les 20 patients dans un état critique qui ont reçu le médicament jusqu’à présent, 90 % ont guéri, a noté la Treizième chaîne dans la journée de mardi.

L’Allocetra s’attaque directement à l’orage cytokinique, autrement dit la sur-réaction du système immunitaire et sa réponse inflammatoire qui sont parfois constatées chez les personnes atteintes de la COVID-19. Ce phénomène peut être à l’origine d’attaques graves menées par le système immunitaire qui se retourne alors contre les organes du corps, des attaques qui peuvent entraîner la mort.

Yair Tayeb, un patient guéri de 49 ans, inspecteur dans le bâtiment, a évoqué sa sortie de l’hôpital trois jours seulement après avoir pris le médicament.

« Je ne pouvais pas respirer et je pouvais à peine parler. J’étais dans un état très grave », a expliqué Tayeb. « J’ai traversé une expérience qu’aucun mot ne saurait décrire ».

Environ deux heures après avoir pris l’Allocetra, a-t-il ajouté, il a ressenti un changement.

« On m’a administré le médicament. Et soudain, deux heures après, j’ai ressenti quelque chose d’étrange au plus profond de mon corps. J’ai arrêté de tousser, ma respiration a commencé à se calmer, je me suis senti mieux. J’ai arrêté de transpirer. Je ne pouvais pas y croire. Je redoutais de dire aux gens autour de moi que j’allais bien, j’étais si heureux », a-t-il raconté.

Le professeur Dror Mevorach, chef de l’unité de prise en charge des malades du coronavirus à l’hôpital Hadassah Ein Kerem, le 9 février 2021. (Capture d’écran : Treizième chaîne)

Le professeur Dror Mevorach, chef de l’une des unités Covid à Hadassah et chef scientifique d’Enlivex, la firme ayant développé le médicament, a déclaré à la Treizième chaîne : « Il est utile pour les patients gravement atteints ou dans un état critique parce qu’il peut empêcher la nécessité de les placer sous respiration artificielle – et c’est là le principal objectif. Parce qu’au moment où on place un malade sous respiration artificielle, c’est là que la situation toute entière change, que les complications apparaissent et que c’est plus difficile à traiter ».

Le médicament entre dorénavant dans ses essais de Phase III. Il sera administré à plus de cent personnes.

« Il y a deux jours, je ne tenais pas sur mes jambes », a commenté Tayeb alors qu’il quittait l’hôpital. « Et regardez-moi maintenant : Je rentre chez moi ».

Un autre médicament anti-COVID-19, développé dans un hôpital de Tel Aviv, a fait aussi parler de lui. Le centre médical Ichilov a affirmé avoir réalisé une « gigantesque avancée » vendredi, disant que le médicament EXO-CD24, un inhalateur développé par le professeur Nadir Arber, avait été donné à 30 patients qui se trouvaient dans un état modéré à grave et que tous avaient guéri – dont 29 d’entre eux dans les trois à cinq jours qui avaient suivi le début du traitement.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre le professeur Nadir Arber à Jérusalem, le 8 février 2021. (Crédit : Amos Ben-Gershom/Israeli Government Press Office)

Lundi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a invité Arber à son bureau et l’a interrogé sur ce « médicament miracle ». Pendant la rencontre, Netanyahu a déclaré que « si cette réussite se confirme, çela aura des conséquences colossales, tout simplement colossales. Cela aura une signification pour le monde entier ».

Arber avait confié au Times of Israel mardi qu’alors que les essais de Phase I venaient de s’achever, il avait demandé au ministère de la Santé l’autorisation de lancer les essais de Phase II. Des tests qui permettront d’avoir une idée plus précise de l’efficacité du traitement, les essais de Phase I étant peu étendus et se consacrant au contrôle de la sécurité du médicament, sans comparaison possible avec un groupe placebo.

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