Décès à Damas du Libanais Anis Naccache, un proche du terroriste « Carlos »
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Décès à Damas du Libanais Anis Naccache, un proche du terroriste « Carlos »

L'ancien terroriste, qui adolescent avait rallié le mouvement palestinien du Fatah au Liban, avait combattu les forces israéliennes au moment de la guerre civile libanaise

Anis Naccache, un militant libanais connu pour son rôle dans la prise d'otages de l'OPEP à Vienne en 1975 et la tentative d'assassinat près de Paris de l'ancien premier ministre iranien, tenant une photo de Georges Ibrahim Abdallah lors d'une manifestation devant l'ambassade de France dans la capitale Beyrouth, le 30 avril 2010. (Crédit : Anwar AMRO / AFP)
Anis Naccache, un militant libanais connu pour son rôle dans la prise d'otages de l'OPEP à Vienne en 1975 et la tentative d'assassinat près de Paris de l'ancien premier ministre iranien, tenant une photo de Georges Ibrahim Abdallah lors d'une manifestation devant l'ambassade de France dans la capitale Beyrouth, le 30 avril 2010. (Crédit : Anwar AMRO / AFP)

Le terroriste libanais Anis Naccache est décédé lundi à Damas des suites du coronavirus, a rapporté l’agence de presse syrienne Sana.

Présenté par Sana comme un « militant et politologue », Naccache était autrefois considéré comme le bras droit de Carlos, figure du terrorisme international des années 1970 et 1980, qui purge toujours une peine de prison à perpétuité en France.

Naccache est décédé « dans un hôpital de Damas à l’âge de 70 ans », a rapporté l’agence officielle syrienne, après son admission en soins intensifs. « Son état de santé s’était dégradé après sa contamination au coronavirus. »

La chaîne d’information panarabe Al-Mayadeen, où il était souvent reçu en tant que commentateur, a indiqué que sa dépouille serait transférée mardi à Beyrouth, où il sera enterré.

Né en juin 1951, Naccache a rejoint le Fatah du défunt leader palestinien Yasser Arafat au début des années 1970 et a également travaillé en étroite collaboration avec le Front Populaire de Libération de la Palestine.

L’ancien activiste de gauche, qui adolescent avait rallié le mouvement palestinien Fatah au Liban, avait combattu les forces israéliennes au moment de la guerre civile libanaise (1975-1990).

Au service du Fatah, ,Naccache a notamment recruté le terroriste Imad Mughniyeh, qui est devenu plus tard le principal agent du Hezbollah.

Mughniyeh a été impliqué dans certains des principaux attentats du groupe terroriste, notamment l’attentat à la bombe de 1992 contre l’ambassade israélienne à Buenos Aires et l’attentat à la bombe de 1994 contre le bâtiment de l’AMIA dans la capitale argentine, au cours duquel 85 personnes ont été tuées.

Le terroriste du Hezbollah a également été impliqué dans l’attentat à la bombe de 1983 à l’ambassade des États-Unis à Beyrouth, dans le meurtre en 1994 du chef de la CIA au Liban, William F. Buckley, et dans l’attentat à la bombe de 1996 aux tours Khobar en Arabie Saoudite.

Il a été assassiné à Damas en 2008 par une bombe placée dans son véhicule lors d’un attentat imputé à Israël.

« L’ami d’Imad est parti. Que son âme pure soit bénie par mille miséricordes », a tweeté la sœur de Mughniyeh, Zeinab.

Avec Carlos (Illich Ramirez Sanchez), il avait pris part en 1975 à la prise d’otages des ministres de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) à Vienne, planifiée par le fondateur du groupuscule terroriste palestinien « Septembre noir ».

Lors de cette opération, le commando avait tué trois personnes avant de prendre en otage 70 personnes, dont 11 ministres.

Photo non datée de Anis Naccache, un militant libanais connu pour son rôle dans la prise d’otages de l’OPEP à Vienne en 1975 et la tentative d’assassinat près de Paris de l’ancien premier ministre iranien. (Crédit : AFP)

Anis Naccache avait été condamné en 1980 à la réclusion à perpétuité après une tentative d’assassinat manquée près de Paris de Chapour Bakhtiar, dernier Premier ministre du Chah d’Iran. Deux Français, dont un policier, avaient été tués dans l’attaque.

Naccache, dont le cas a été pendant dix ans au cœur d’un bras de fer entre Paris et Téhéran, avait finalement été gracié en 1990 par le président François Mitterrand et expulsé vers l’Iran.

Ces dernières années, il était régulièrement invité en tant que commentateur sur les plateaux de télévisions pro-iraniens, à l’instar de la chaîne Al-Manar du mouvement terroriste chiite libanais du Hezbollah, ou encore Al-Mayadeen.

Connu pour son soutien au régime de Bachar al-Assad, Naccache « a joué jusqu’au milieu des années 1990 un rôle important dans la coordination entre la direction de la révolution palestinienne et celle de la révolution islamique d’Iran », rappelle Sana.

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