Décès de Paulette Sarcey, Juive communiste, résistante et déportée à Auschwitz
Elle avait rejoint la Résistance dès 1940, à l’âge de 16 ans, avec d’autres jeunes communistes de la Main d’œuvre immigrée
Paulette Sarcey, survivante de la Shoah, est décédée ce lundi 4 mai, ont rapporté le Mémorial de la Shoah et le Parti communiste français.
Née Paula Szlifke le 11 avril 1924 à Paris, de parents ouvriers juifs polonais réfugiés en France, la militante communiste et résistante a grandi à Belleville, où elle a fréquenté les patronages laïcs, juifs et communistes.
Elle a rejoint la Résistance dès 1940, à l’âge de 16 ans, avec d’autres jeunes communistes de la Main d’œuvre immigrée (MOI) – notamment son compagnon Henri Krasucki.
Refusant de porter l’étoile jaune, elle tracte dans les rues de Paris afin de dénoncer l’occupant nazi et le Régime de Vichy.
Durant ces années de guerre, elle s’est aussi livrée au sabotage dans une usine de fourrures où elle s’est fait embaucher et où des canadiennes pour l’armée allemande étaient fabriquées.
Nommée « Martine » dans la clandestinité, elle a finalement été arrêtée le 23 mars 1943 par la police française après avoir été dénoncée. Conduite à Drancy, torturée, elle a ensuite été emmenée au camp d’extermination d’Auschwitz par le convoi 55.
Elle a rejoint l’Aussenkommando avant d’être transférée au Kanada-II. Évacuée par les marches de la mort, comme Liliane Esrail décédée le 1er mai dernier, elle a rejoint les camps de Ravensbrück puis de Neustadt-Glewe, d’où elle a été libérée le 2 mai 1945.
Paulette Sarcey est ensuite rentrée en France, où elle a commencé à témoigner de sa déportation. Elle s’est aussi grandement investie dans l’Union des juifs pour la résistance et l’entraide, qui aidait les survivants face aux traumatismes subis. Elle s’est mariée avec Max Swiczarczyk-Sarcey, résistant actif au sein des Francs-tireurs et partisans de la MOI.
En 2015, elle avait publié l’ouvrage Paula, survivre obstinément.
« À mon retour d’Auschwitz, le 22 mai 1945, j’ai eu la chance inouïe de retrouver à Paris ma famille miraculeusement épargnée. Je n’ai ni oublié, ni pardonné et j’ai tenu parole : j’avais promis à mes camarades de déportation de tout raconter », écrivait-elle.
Paulette Sarcey était Chevalier de la Légion d’honneur et décorée de la Médaille militaire.
Paulette Sarcey, une combattante obstinée.
Résistante communiste. Deportée à Auschwitz.
Elle s’est éteinte hier à 96 ans. En ces temps troubles, la mémoire de ses combats peuvent – et doivent – nous guider. @humanite_fr https://t.co/nI4eIRt99z— Aurore Lalucq ???????? (@AuroreLalucq) May 5, 2020
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