Défilés dans des villes arabes israéliennes en soutien aux manifestations à Gaza
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Défilés dans des villes arabes israéliennes en soutien aux manifestations à Gaza

Des manifestants brandissent des drapeaux palestiniens, et la photo du journaliste tué. Un dit : "A quoi s'attendent-ils de la part d'un peuple sous blocus depuis plus de 9 ans ?"

Des Arabes israéliens défilent dans la ville de Sakhnin le samedi 1er octobre 2016 pour commémorer la mort de 13 personnes décédées lors d'affrontements avec la police au cours de la seconde Intifada (Capture d'écran)
Des Arabes israéliens défilent dans la ville de Sakhnin le samedi 1er octobre 2016 pour commémorer la mort de 13 personnes décédées lors d'affrontements avec la police au cours de la seconde Intifada (Capture d'écran)

Quelque 1 500 personnes ont pris part à une manifestation dans la ville israélo-arabe de Sakhnin samedi en solidarité avec la population de la bande de Gaza.

Parmi les manifestants figuraient des membres arabes de la Knesset ainsi que des journalistes, selon le site Ynet. Les manifestants ont agité des drapeaux palestiniens et brandi des photos du journaliste Yasser Murtaja, qui a été tué par balle lors de la « Marche du retour » de vendredi dans la bande de Gaza. Murtaja serait mort des suites d’une blessure par balle qu’il a subie alors qu’il filmait dans une zone recouverte d’une épaisse fumée noire provoquée par des manifestants mettant le feu aux pneus.

Le porte-parole militaire israélien, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, a déclaré que les organisateurs du Hamas essayaient d’utiliser les manifestants comme diversion pour « franchir la barrière et ensuite introduire des terroristes en Israël ». Conricus a dit que les tireurs d’élite étaient utilisés « avec parcimonie » et seulement contre ceux qui représentaient une « menace importante ».

Cinq autres journalistes palestiniens portant une tenue de presse auraient été abattus pendant la manifestation violente, alors que des dizaines de milliers de Palestiniens se rassemblaient le long de la frontière de Gaza. Les manifestants ont brûlé des pneus et lancé des bombes incendiaires, des explosifs et des pierres sur les soldats israéliens, qui ont répondu avec des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et, dans certains cas, des tirs réels.

La journaliste arabe Wadia Awawdeh a déclaré que les pertes subies par les médias étaient la preuve que les soldats israéliens agissaient de manière illégale à la frontière. Elle a appelé ses confrères israéliens à élever la voix et à protester contre le préjudice causé à leurs confrères palestiniens… C’est une obligation humaine, morale et éthique.

Une manifestante qui n’a pas donné son nom a déclaré que la conduite de l’armée israélienne « est inacceptable et inhumaine. Qu’attendent-ils d’un peuple qui est sous blocus depuis plus de neuf ans, sans travail ni moyens de subsistance, sans possibilité de partir, de voyager, de vivre sa vie ? avec des coupures de courant toutes les heures, dans la chaleur et dans le froid. »

Israël maintient un blocus sur Gaza depuis plus d’une décennie, ce qui est nécessaire pour empêcher le Hamas, qui est considéré comme un groupe terroriste par Israël et une grande partie de l’Occident et qui promet la destruction d’Israël, de faire entrer clandestinement des armes et du matériel utilisé pour creuser des tunnels en Israël. L’Égypte maintient également le blocus.

Gaza, une minuscule bande de terre prise en sandwich entre Israël et l’Égypte, a vu les conditions se détériorer régulièrement depuis que le Hamas a pris le pouvoir sur le territoire en 2007 en reprenant le contrôle de l’Autorité palestinienne soutenue par la communauté internationale.

Israël et l’Égypte ont imposé le blocus pour tenter d’affaiblir le Hamas, et Israël et le Hamas se sont livrés trois guerres depuis lors.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, espérant reprendre le contrôle, a intensifié la pression sur le Hamas en réduisant les salaires des fonctionnaires et en limitant la fourniture d’électricité.

Le ministère de la Santé dirigé par le Hamas à Gaza a déclaré que neuf personnes ont été tuées et des centaines ont été blessées vendredi, dont 293 par des tirs réels. Il a indiqué que 25 des blessés étaient dans un état grave. Parmi les blessés se trouvaient 12 femmes et 48 mineurs, a ajouté le ministère.

Tsahal, qui n’a pas confirmé les chiffres, a déclaré qu’il a contrecarré de multiples tentatives de franchir la barrière frontalière – et qu’il a utilisé des tirs réels pour le faire dans certains cas – ainsi que des tentatives d’activation de bombes contre les soldats sous le couvert de fumée.

La manifestation de vendredi était la deuxième de ce que le groupe terroriste Hamas, au pouvoir à Gaza, a déclaré être plusieurs semaines de manifestations de « Marche du retour » qui, selon les dirigeants du Hamas, visent en fin de compte à la suppression de la frontière et à la libération de la Palestine.

Israël a accusé le Hamas d’essayer de mener des attaques frontalières sous couvert de grandes manifestations et a déclaré qu’il empêchera à tout prix une brèche dans la clôture.

Le ministre israélien de la Défense avait averti que les manifestants qui s’approchent de la clôture de la frontière mettent leur vie en danger, suscitant la condamnation de groupes de défense des droits qui ont déclaré que des règles de tir ouvert aussi larges sont illégales.

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