Arrivée du premier vol direct entre Israël et le Maroc, Kushner à bord
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Arrivée du premier vol direct entre Israël et le Maroc, Kushner à bord

L'architecte du plan Trump pour le Moyen-Orient a remercié Mohammed VI pour avoir fait du Maroc le 4e pays arabe à avoir repris ses relations avec Israël

Meir Ben-Shabbat (centre) entouré de Jared Kushner (droit) et David Friedman (gauche), s'exprime avant le départ du premier vol direct entre Israël et le Maroc, à l'aéroport Ben Gourion, le 22 décembre 2020 (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)
Meir Ben-Shabbat (centre) entouré de Jared Kushner (droit) et David Friedman (gauche), s'exprime avant le départ du premier vol direct entre Israël et le Maroc, à l'aéroport Ben Gourion, le 22 décembre 2020 (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)

Le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, et un conseiller de Benjamin Netanyahu ont inauguré mardi le premier vol commercial direct entre Israël et le Maroc, pays qui a restauré cette année ses relations avec l’Etat hébreu.

« J’étais ici il y a quelques mois pour le premier vol vers les Emirats arabes unis après cette percée historique en faveur de la paix. Depuis, des vols commerciaux font la navette plusieurs fois par jour entre les deux pays (…), mon espoir est que ce vol aujourd’hui au Maroc créé la même dynamique », a déclaré M. Kushner sur le tarmac de l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv.

« Au cours des 75 dernières années, les Juifs et les Musulmans ont été séparés, ce qui n’est pas naturel car ils ont vécu ensemble pendant des siècles dans cette région (…) et ce que nous observons aujourd’hui est un retour à cette norme », a ajouté le gendre du président américain et architecte du plan Trump pour le Moyen-Orient, étrillé par les Palestiniens.

« Demain nous allons, avec fierté, aller de l’avant avec les accords d’Abraham (nom des accords de normalisation, ndlr) avec le premier vol commercial direct, d’El Al, d’Israël au Maroc », avait déclaré lundi soir à Jérusalem M. Kushner lors d’un point de presse aux côtés du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Le gendre du président américain et architecte du plan Trump pour le Moyen-Orient, étrillé par les Palestiniens, a remercié son « ami » Mohammed VI pour avoir rétabli ses relations avec Israël.

« 50 000 Israéliens viennent tout juste de se rendre à Dubaï et ce qui se passe là-bas est une révolution parce que les Emiratis les ont accueillis chaleureusement (…) et la même chose va se produire maintenant à Rabat et Casablanca », a déclaré M. Netanyahu.

Avant la pandémie, le Maroc accueillait chaque année entre 50 000 et 70 000 touristes juifs, pour la plupart en provenance indirecte d’Israël.

Des Juifs marocains et des touristes juifs israéliens pendant la fête de Simha Torah à la synagogue de Marrakech, le 12 octobre 2017. (Crédit : Fadel Senna/AFP)

« Vous allez voir que cette paix entre les Juifs et les Arabes à l’extérieur d’Israël est en train de créer une nouvelle dynamique, positive, entre les Juifs et les Arabes au sein même d’Israël », avait ajouté le Premier ministre israélien, précisant que son conseiller spécial à la sécurité, Meir Ben Shabbat, serait du vol de mardi.

Ce vol Tel-Aviv/Rabat, qui doit être suivi par l’ouverture de ligne aérienne entre les deux pays, sera accompagné de la signature de plusieurs accords, selon le programme en cours de préparation à Rabat.

Sahara/Palestine

En acceptant de relancer officiellement ses relations avec Israël, le Maroc a obtenu en contrepartie que le président Trump reconnaisse sa « souveraineté » sur le Sahara occidental, une ex-colonie espagnole que lui disputent depuis des décennies les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie.

L’accord propose d’ailleurs l’ouverture d’un consulat américain au Sahara occidental et un programme d’investissement américain, que la presse marocaine assure colossal, la réouverture de bureaux diplomatiques à Tel-Aviv et Rabat, fermés au début des années 2000, et le développement de la coopération économique bilatérale.

Mais comme le Sahara occidental, le soutien aux Palestiniens est considéré comme une « cause nationale » au Maroc.

A LIRE : Entre Sahara occidental et Cisjordanie, des épines peuvent poindre pour Israël

Si, selon l’agence officielle MAP, les Marocains ont célébré dans le monde entier la « marocanité du Sahara », deux manifestations pro-palestiniennes ont été interdites la semaine dernière à Rabat, avec une mobilisation impressionnante des forces de l’ordre.

Les Palestiniens, du Fatah laïc de Mahmoud Abbas aux islamistes terroristes du Hamas, s’opposent à ces accords estimant que la normalisation des relations entre Israël et le monde arabe aurait dû se faire après un accord de paix israélo-palestinien et non avant.

Coopération ancienne

Israël, qui compte des centaines de milliers de juifs d’origine marocaine, et le Maroc, où vit encore la communauté juive la plus importante d’Afrique du Nord, avaient déjà entretenu des relations officielles à la fin des années 1990.

Photo d’illustration : Les membres de la famille Ivgy lors de la fête marocaine de la Mimouna dans la ville d’Ashkelon, dans le sud d’Israël, le 15 avril 2020. (Crédit : Edi Israel/Flash90)

Deux bureaux diplomatiques ont assuré la liaison après les accords de paix israléo-palestiniens d’Oslo de 1993, jusqu’à leur fermeture après le déclenchement de la deuxième intifada en 2000.

Le nouvel accord formalise « un partenariat de facto remontant à plus de 60 ans », avec notamment une « coopération dans le domaine du renseignement et de la sécurité », a rappelé Ahmed Charaï, patron de presse marocain connu pour sa proximité avec les cercles de pouvoir, dans une chronique publiée par le Jerusalem Post.

Car si les relations étaient officiellement suspendues, les liens n’ont jamais cessé : les échanges commerciaux bilatéraux ont représenté 149 millions de dollars entre 2014 et 2017, selon des statistiques publiées par la presse marocaine, et le Maroc figure parmi les cinq plus importants clients africains d’Israël, selon un bulletin de la chambre de commerce France-Israël.

Fait rare dans le monde arabe, le Maroc revendique volontiers « l’affluent juif » de son histoire, sous l’impulsion du roi Mohammed VI. Casablanca accueille notamment un « musée du judaïsme marocain ».

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