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Deri : les ultra-orthodoxes sont tenus de commémorer Yom HaShoah

Le chef du parti Shas a déclaré que le refus de marquer un temps de deuil, manifesté par certains, “est une profanation sans précédent du nom de Dieu”

Aryeh Deri, ministre de l'Intérieur et chef du parti Shas, durant une conférence El Hamaayan à l'occasion de Pessah, au Teddy Stadium de Jérusalem, le 13 avril 2017. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash90)
Aryeh Deri, ministre de l'Intérieur et chef du parti Shas, durant une conférence El Hamaayan à l'occasion de Pessah, au Teddy Stadium de Jérusalem, le 13 avril 2017. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash90)

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, qui dirige le parti ultra-orthodoxe Shas, a déclaré lundi que les juifs ultra-orthodoxes sont tenus d’honorer Yom HaShoah, et que ne pas le faire reviendrait à « profaner le nom d’Hashem ».

Certains membres de la communauté ultra-orthodoxes refusent de commémorer Yom HaShoah, parce que ce jour a été institué par un gouvernement israélien laïc et qu’il ne trouve pas ses racines dans la religion juive.

Dans une interview accordée à la radio publique israélienne, Deri, chef du plus grand parti politique ultra-orthodoxe, s’est opposé à cette vision et a souligné l’importance de se souvenir de ceux qui ont été victimes de la barbarie nazie ainsi que des atrocités de la Shoah.

Il a raconté que dimanche soir, la veille de Yom HaShoah, il a donné un cours dans un séminaire ultra-orthodoxe à Bnei Brak et a commencé par dédier son cours à ceux qui ont péri pendant la Shoah et notamment à ceux qui n’ont personne pour leur rendre hommage.

« Il y a tant de personnes qui n’ont personne pour rappeler leur souvenir ou prier pour leur mémoire, a-t-il dit. Et c’est pourquoi Yom HaShoah a été établi, pour prier pour eux, pour se souvenir d’eux et ne jamais oublier. »

« Nous devons continuer à enseigner à nos enfants ce que les nazis nous ont fait, afin de ne jamais l’oublier », a-t-il ajouté.

Les survivants de la Shoah ont allumé 6 flambeaux, pour représenter les 6 millions de victimes du génocide nazie durant la cérémonie d’ouverture au musée Yad Vashem à Jérusalem, pour la cérémonie de Yom HaShoah, le 23 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90).
Les survivants de la Shoah ont allumé 6 flambeaux, pour représenter les 6 millions de victimes du génocide nazie durant la cérémonie d’ouverture au musée Yad Vashem à Jérusalem, pour la cérémonie de Yom HaShoah, le 23 avril 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90).

Certains juifs ultra-orthodoxes n’acceptent pas Yom HaShoah, au motif que le gouvernement n’est pas habilité à fixer des évènements religieux.

D’autre estiment que cette commémoration ne devrait pas avoir lieu en Nissan, quand le deuil public est censé être minimal, et qu’elle devrait être fixée au 10 Tevet, un jour de jeûne qui commémore les tragédies subies par le peuple juif.

Ceux qui marquent l’évènement précisent que la minute de silence observée durant la sonnerie de la sirène n’est pas une coutume juive, et préfèrent réciter des psaumes ou d’autres prières.

Deri a déploré avoir été mal cité durant une interview en 2013. On lui avait alors attribué les propos suivants : « Yom HaShoah n’est pas obligatoire pour nous, en tant que juifs orthodoxes ». Il a affirmé que la citation était inexacte, et qu’il cherchait à dire exactement le contraire. Il s’élevait publiquement contre les étudiants en yeshiva qui organisaient des barbecues ou d’autres activités qui ne sont pas en adéquation avec ce jour.

« Dès lors qu’un pays ou qu’une communauté décide de commémorer Yom Hashoah, vous êtes tenus de le respecter, a-t-il dit. Vous devez le respecter, et ne pas le faire est une profanation sans précédent du nom de Dieu. »

Deri a publié sur Twitter une image d’une bougie commémorative et d’une étoile jaune, et a écrit : « Nous prierons pour les six millions de juifs qui ont été assassinés par les nazis. La transmission du patrimoine juif d’une génération à la suivante est notre victoire sur les nazis. »

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