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Des centaines de personnes à Evyatar après la fusillade terroriste à Huwara

Des agents de la police des frontières se seraient rendus à l'avant-poste illégal, mais on ignore s’ils venaient pour les déloger

Des habitants des implantations dans un bâtiment de l'avant-poste d'Evyatar, le 26 février 2023. (Crédit : Autorisation de Nahala)
Des habitants des implantations dans un bâtiment de l'avant-poste d'Evyatar, le 26 février 2023. (Crédit : Autorisation de Nahala)

Des dizaines d’Israéliens se sont rendus dimanche soir à l’avant-poste évacué d’Evyatar en Cisjordanie, jurant de se réinstaller sur la colline de Cisjordanie en réponse à une attaque mortelle contre deux jeunes frères israéliens qui traversaient une ville palestinienne voisine plus tôt dans la journée.

Des agents de la police des frontières se seraient rendus à l’avant-poste illégal peu après l’arrivée des habitants des implantations, mais on ignore s’ils venaient pour les déloger.

L’avant-poste est inoccupé depuis 2021, date à laquelle les résidents ont accepté de quitter les lieux dans le cadre d’un accord conclu avec le gouvernement visant à éviter que leurs maisons ne soient détruites, le temps que l’État mène une enquête pour déterminer les zones de la colline sur lesquelles ils étaient autorisés à construire et celles qui sont la propriété privée des Palestiniens.

L’action visant à reprendre le sommet de la colline a eu lieu alors que d’autres habitants des implantations se déchaînaient dans la ville voisine de Huwara et ses environs, incendiant des dizaines de maisons et de voitures. Selon le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne (AP), un Palestinien a été tué par balle au cours des émeutes et 20 autres ont été blessés, dont certains grièvement. L’armée israélienne a arrêté six personnes.

La réinstallation de l’avant-poste et les violences collectives ont été déclenchées par une fusillade terroriste qui a eu lieu sur une route traversant Huwara, au cours de laquelle un Palestinien armé a ouvert le feu sur une voiture transportant deux frères israéliens, Hallel et Yagel Yaniv, les tuant tous les deux à bout portant.

Les habitants des implantations sont arrivés à Evyatar à la nuit tombée, appelant leurs compatriotes à se joindre à eux pour envahir le sommet de la colline. Des dizaines d’hommes se sont rassemblés dans un bâtiment qui devait servir de yeshiva, chantant des chants funèbres et célébrant leur retour dans l’ancien avant-poste, tandis que d’autres se disputaient avec la police qui tentait de les déloger.

La route menant vers l’avant-poste au sommet de la colline est généralement barrée par des soldats de l’armée israélienne occupant un poste de garde, mais selon le site d’information Ynet, les habitants des implantations ont affirmé avoir pu gravir la colline sans être dérangés par les troupes.

L’organisation Nahala, qui défend et coordonne les campagnes des habitants des implantations, a indiqué que les anciens résidents d’Evyatar attendent déjà depuis un an et demi, date à laquelle ils ont accepté de vider les lieux, que le gouvernement les autorise à revenir.

« Après les dures nouvelles d’aujourd’hui en Samarie, nous ne pouvions pas continuer comme si de rien n’était et ce qui devait arriver était le retour à Evyatar », a déclaré un ancien résident dans une déclaration distribuée par Nahala. « Nous sommes retournés à Evyatar comme nous l’avaient promis tous les partis de la coalition ».

Des images vidéo montrent des agents de la police des frontières essayant de se frayer un chemin entre des masses de résidents des implantations et, dans certains cas, tentant d’éloigner les gens, mais il était difficile de déterminer si la police était réellement en train de tenter d’évacuer l’ancien avant-poste. Un porte-parole de la police des frontières n’a pas répondu aux multiples demandes de commentaires.

Ces derniers mois, des critiques ont exprimé la crainte que le gouvernement d’extrême droite, favorable aux implantations, du Premier ministre Benjamin Netanyahu n’encourage les habitants des implantations à s’emparer de terres et à attaquer ou intimider les Palestiniens sans craindre de répercussions.

Bezalel Smotrich, chef du parti d’extrême droite HaTzionout HaDatit, a tenté d’utiliser son rôle de ministre au sein du ministère de la Défense pour empêcher l’administration civile d’exécuter les ordres d’évacuation des habitants des implantations, mais il s’est heurté à l’opposition du ministre de la Défense Yoav Gallant.

Son partenaire politique, Itamar Ben Gvir, chef du parti ultranationaliste Otzma Yehudit, occupe le poste de ministre de la Sécurité nationale, ce qui lui donne le contrôle de la police. Il a demandé à obtenir le contrôle de la police des frontières, qui relève généralement de l’armée.

Des soldats et des habitants israéliens observent le village palestinien de Beita avant d’évacuer l’avant-poste sauvage nouvellement établi d’Evyatar, près de la ville palestinienne de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, le 2 juillet 2021 (Crédit : Emmanuel DUNAND / AFP)

Dans un tweet publié tard dimanche, Smotrich a appelé les habitants des implantations à ne pas pas se faire justice eux-mêmes, promettant que « nous travaillons sans relâche pour trouver une véritable réponse au terrorisme, tant sur le plan militaire qu’en ce qui concerne les implantations. »

La ministre des implantations, Orit Strouk, s’est dite « encouragée par le retour à Evyatar », selon Ynet.

Selon les termes de l’accord conclu sur le sort de l’avant-poste en 2021, les résidents des implantations ont quitté l’avant-poste de manière pacifique et la zone est devenue une zone militaire fermée, les maisons et les routes sont restées intactes et un détachement de soldats s’y est installé.

Dans le cadre de l’accord, conclu sous le gouvernement précédent, une évaluation a été réalisée déterminant qu’une partie des terres n’appartenait pas aux Palestiniens, mais depuis, aucune annonce officielle indiquant que l’avant-poste pouvait être régularisé et permettant le retour des habitants n’a été faite.

Des manifestants palestiniens affrontent les soldats israéliens pendant une manifestation contre l’avant-poste illégal d’Evyatar, près de Beita, en Cisjordanie, le 6 août 2021. (Crédit : JAAFAR ASHTIYEH / AFP)

Plus tôt dimanche, le conseiller à la Sécurité nationale, Tzachi Hanegbi, a déclaré qu’Israël « autoriserait neuf avant-postes et approuverait 9 500 nouvelles unités de logement en Judée et Samarie » dans les mois à venir. Cette déclaration faisait suite à un communiqué conjoint publié à l’issue d’une réunion de hauts responsables de Jordanie, d’Égypte, des États-Unis, de l’AP et d’Israël, selon lequel Jérusalem avait accepté de geler les nouveaux projets d’implantation.

L’avant-poste a été nommé en l’honneur d’Evyatar Borovsky, assassiné par un Palestinien lors d’une attaque à l’arme blanche au carrefour Tapuah en 2013. Plusieurs dizaines de familles des implantations s’étaient alors installées sur le site en réaction, y établissant une yeshiva. Le site en question avait déjà été évacué et rasé par les autorités israéliennes auparavant.

Les Palestiniens des villages voisins affirment que l’avant-poste a été construit sur leurs terres et craignent qu’il ne s’étende et ne fusionne avec des implantations plus importantes à proximité. Avant le départ des habitants des implantations en 2021, les Palestiniens ont organisé des manifestations quasi quotidiennes qui ont donné lieu à de violents affrontements avec les troupes israéliennes.

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