Des dizaines de haredim harcèlent des soldats hors service à Jérusalem
Les agresseurs participaient à un rassemblement célébrant la libération de 63 personnes arrêtées après l’attaque du domicile du vice-président de la Cour suprême
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Un important groupe d’hommes ultra-orthodoxes a pris à partie plusieurs soldats hors service qui marchaient dans les rues de Jérusalem jeudi soir, en marge d’un rassemblement organisé en soutien à la soixantaine de personnes récemment interpellées lors d’une émeute en faveur des réfractaires haredim.
Une vidéo tournée dans la capitale montre le groupe suivre les soldats tout en leur criant dessus et en leur lançant des objets. Selon la presse israélienne, les militaires visés appartiennent au bataillon Netzah Yehuda, composé majoritairement de soldats ultra-orthodoxes.
Les images montraient également les manifestants lançant des objets sur les agents de la Police des frontières dépêchés sur les lieux, tout en les traitant de « nazis ».
Aucun blessé ni aucune arrestation n’avaient été signalés à l’heure de la publication.
Les personnes qui ont harcelé les soldats participaient au rassemblement organisé pour célébrer la libération de 63 hommes arrêtés pour avoir pris part, le mois dernier, à une attaque contre le domicile du vice-président de la Cour suprême, Noam Sohlberg, afin de protester contre l’arrestation de réfractaires haredim.
La manifestation a débuté à Beit Shemesh, et les manifestants ont marché jusqu’à Jérusalem pour célébrer ce que les organisateurs ont appelé les « 63 de Sohlberg ». Les hommes libérés sont ensuite apparus sur scène devant la foule, vêtus des robes et des chapeaux de fourrure traditionnellement portés le Shabbat et lors des fêtes juives.
Certains participants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Nous ne servirons jamais dans l’armée ennemie », selon Ynet.
שלושה חיילים חרדים המשרתים בגדוד “נצח יהודה” נקלעו לאזור שבו התקיימה קבלת הפנים ל”פורעי סולברג”, והותקפו על ידי ההמון במקום.
המפגינים השליכו לעבר החיילים בקבוקים ורדפו אחריהם, השלושה הצליחו להימלט מהמקום ללא פגע. pic.twitter.com/IThA3urExZ
— יעקב הרשקוביץ | Yaakov hershkowitz (@yaakov_hershko) July 30, 2026
Le nombre d’hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans actuellement considérés comme aptes au service militaire, mais qui refusent de servir sous les drapeaux, s’élèverait à environ 72 000, alors que les appels à leur conscription se font de plus en plus pressants. Israël mène en effet une guerre sur plusieurs fronts depuis le pogrom du 7 octobre 2023 commis par le groupe terroriste palestinien du Hamas, et l’armée israélienne est confrontée à ce qu’elle qualifie de pénurie urgente d’effectifs.
Les responsables haredim font pression pour que leurs communautés continuent de bénéficier d’une exemption générale de la conscription, après que la Haute Cour de justice a statué, en 2024, que le gouvernement devait conscrire les étudiants ultra-orthodoxes des yeshivot dans l’armée, en l’absence d’un cadre juridique permettant de maintenir ces exemptions, en vigueur depuis des dizaines d’années.
Au terme d’une bataille législative acharnée qui a duré plusieurs mois et donné lieu à des manifestations répétées des Haredim, la Knesset a adopté, au début du mois, par 63 voix contre 52, une loi fondamentale quasi constitutionnelle très controversée, qui érige l’étude de la Torah en « valeur fondamentale » du peuple juif.
L’objectif des partisans de ce texte était de compliquer la tâche de la Haute Cour de justice afin qu’elle ne puisse plus considérer les exemptions de service militaire accordées aux Haredim comme illégales et discriminatoires, en consacrant l’étude de la Torah comme un aspect essentiel de l’État.
Une deuxième loi, adoptée par 58 voix contre 54, a accordé à des dizaines de milliers de haredim réfractaires à la conscription une immunité contre toute arrestation jusqu’à la fin du mois de janvier 2027. Cette protection s’étend également à ceux qui deviendront éligibles au service militaire après son entrée en vigueur, supprimant de fait la menace d’arrestation et facilitant le refus de s’enrôler durant cette période. Le texte suspend en outre les procédures pénales en cours visant les personnes déjà soumises à des mesures coercitives.
La Haute Cour de justice a toutefois gelé l’application de cette loi dès le lendemain afin d’examiner les recours déposés contre cette législation.
la Communauté du Times of Israël !







