Des Druzes du Golan se rassemblent à la frontière pour soutenir la Syrie d’Assad
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Des soldats syriens répondent par des cris d’encouragement

Des Druzes du Golan se rassemblent à la frontière pour soutenir la Syrie d’Assad

Des dizaines de personnes côté israélien agitent des drapeaux syriens et chantent leur soutien au dictateur

  • Des membres de la communauté druze tenant le portrait du président syrien Bashar el-Assad lors d'un rassemblement dans le village druze de Majdal Shams dans les hauteurs du Golan israélien, le 6 octobre 2018, commémorant le 45e anniversaire de la guerre israélo-arabe de 1973. (AFP PHOTO / JALAA MAREY)
    Des membres de la communauté druze tenant le portrait du président syrien Bashar el-Assad lors d'un rassemblement dans le village druze de Majdal Shams dans les hauteurs du Golan israélien, le 6 octobre 2018, commémorant le 45e anniversaire de la guerre israélo-arabe de 1973. (AFP PHOTO / JALAA MAREY)
  • Des membres de la communauté druze examinent avec des jumelles et des caméras depuis leur village de Majdal Shams, situé sur les hauteurs du Golan, l'autre côté de la frontière, à la recherche d'autres membres de la communauté du côté syrien, lors d'une manifestation organisée le 6 octobre 2018 pour commémorer le 45e anniversaire de la guerre israélo-arabe 1973 (AFP PHOTO / JALAA MAREY)
    Des membres de la communauté druze examinent avec des jumelles et des caméras depuis leur village de Majdal Shams, situé sur les hauteurs du Golan, l'autre côté de la frontière, à la recherche d'autres membres de la communauté du côté syrien, lors d'une manifestation organisée le 6 octobre 2018 pour commémorer le 45e anniversaire de la guerre israélo-arabe 1973 (AFP PHOTO / JALAA MAREY)
  • De jeunes membres de la communauté druze brandissent des drapeaux syriens lors d'un rassemblement dans le village druze de Majdal Shams, sur les hauteurs du Golan, le 6 octobre 2018, à l'occasion du 45e anniversaire de la guerre israélo-arabe de 1973 (AFP PHOTO / JALAA MAREY)
    De jeunes membres de la communauté druze brandissent des drapeaux syriens lors d'un rassemblement dans le village druze de Majdal Shams, sur les hauteurs du Golan, le 6 octobre 2018, à l'occasion du 45e anniversaire de la guerre israélo-arabe de 1973 (AFP PHOTO / JALAA MAREY)

Des dizaines de Druzes se sont rassemblés samedi pour soutenir le président syrien Bashar al-Assad du côté israélien du plateau du Golan.

Agitant des drapeaux syriens et vêtus de leur costume traditionnel noir, les manifestants ont scandé des slogans affirmant leur fidélité au régime d’Assad. Les soldats stationnés de l’autre côté de la barrière frontalière à plusieurs centaines de mètres ont repris leurs encouragements.

Les manifestants ont déclaré à l’agence de presse Reuters qu’ils commémoraient le 45e anniversaire de la guerre israélo-arabe de 1973 – une bataille que certains pays arabes considèrent toujours comme une défaite pour l’état juif, pris au dépourvu au départ, mais qui ayant une fois riposté et n’a perdu aucune parcelle de terre.

Par ailleurs, les manifestants ont déclaré que le rassemblement était également une célébration de la défaite infligée par le régime d’Assad à l’État islamique et aux groupes rebelles en Syrie.

Des membres de la communauté druze tenant le portrait du président syrien Bashar el-Assad lors d’un rassemblement dans le village druze de Majdal Shams dans les hauteurs du Golan israélien, le 6 octobre 2018, commémorant le 45e anniversaire de la guerre israélo-arabe de 1973. (AFP PHOTO / JALAA MAREY)

Des responsables israéliens ont déclaré qu’il y avait environ 20 000 Druzes sur le plateau du Golan d’une superficie de 1 200 kilomètres carrés qu’Israël a capturé à la Syrie lors de la guerre des Six jours en 1967 et officiellement annexé en 1981, dans un mouvement non reconnu par la communauté internationale.

Israël et la Syrie sont toujours officiellement en guerre.

La grande majorité des Druzes du Golan israélien conservent la nationalité syrienne et ont des liens familiaux avec les Druzes dans le territoire contrôlé par le gouvernement syrien. Cependant, un nombre croissant de jeunes Druzes optent pour la citoyenneté israélienne et soutiennent aujourd’hui moins les actions d’Assad en Syrie.

Des membres de la communauté druze examinent avec des jumelles et des caméras depuis leur village de Majdal Shams, situé sur les hauteurs du Golan, l’autre côté de la frontière, à la recherche d’autres membres de la communauté du côté syrien, lors d’une manifestation organisée le 6 octobre 2018 pour commémorer le 45e anniversaire de la guerre israélo-arabe 1973 (AFP PHOTO / JALAA MAREY)

110 000 autres Druzes vivent dans le district de Galilée, dans le nord d’Israël, où la plupart ont la nationalité israélienne et effectuent le service militaire obligatoire, contrairement à d’autres citoyens arabes.

Les dirigeants druzes israéliens se sont rendus à Damas le mois dernier pour rencontrer leurs compatriotes syriens et libanais. Ce voyage n’avait apparemment pas été coordonné avec les autorités israéliennes et constituait une violation de la loi israélienne sur la sécurité nationale.

La délégation de 54 clercs, sheikhs druzes, ou dirigeants locaux, a rassemblé des personnes originaires de villages et villes des régions de Galilée et du Carmel dans le nord d’Israël. Elles ont été reçues par des responsables du gouvernement syrien à Damas, selon le quotidien Haaretz, puis se sont rendues dans la région de Sweida, qui abrite la plus grande partie de la communauté druze syrienne. La délégation y a rendu visite aux familles des personnes tuées lors de la récente vague d’attaques par l’État islamique dans la région, et aux familles de ceux qui ont été kidnappés par le groupe djihadiste.

Les membres de la communauté druze, en particulier ceux des villages du Golan israélien qui demeurent officiellement loyaux à la Syrie 51 ans après la prise de la région par Israël lors de la guerre de 1967, traversent parfois la frontière avec l’approbation des deux gouvernements.

Certains sont allés étudier en Syrie, d’autres s’y sont rendus afin de rencontrer leur familles ou des coreligionnaires. Toutefois, aucun citoyen israélien n’aurait effectué ce voyage depuis le début de la guerre civile en Syrie en 2011, à l’exception d’une poignée de djihadistes arabes israéliens cherchant à rejoindre l’État islamique. Certains d’entre eux sont depuis revenus et ont été poursuivis par les autorités israéliennes.

Ce voyage pourrait créer la polémique autour de la délégation israélienne druze, dans la mesure où il viole la loi israélienne sur la prévention de l’infiltration, qui interdit aux citoyens israéliens de se rendre en Syrie et dans d’autres pays officiellement en guerre avec l’État juif.

De jeunes membres de la communauté druze brandissent des drapeaux syriens lors d’un rassemblement dans le village druze de Majdal Shams, sur les hauteurs du Golan, le 6 octobre 2018, à l’occasion du 45e anniversaire de la guerre israélo-arabe de 1973 (AFP PHOTO / JALAA MAREY)

Des religieux druzes israéliens se sont rendus en Syrie pour la dernière fois en 2007 et en 2010.

Dans les deux cas, les autorités israéliennes ont pointé du doigt les délégations, allant même jusqu’à condamner l’ancien député Said Nafa à une peine d’un an de prison pour avoir organisé ces voyages.

Les autorités israéliennes ont tenté de faire preuve de clémence, le tribunal de première instance de Nazareth a même annulé les condamnations de 16 cheikhs druzes en 2014 pour avoir visité des États ennemis.

Dans le cadre d’un accord, les cheikhs ont tous accepté de ne pas répéter ces visites. Selon Haaretz, certains des chefs druzes participant au voyage en cours ont également pris part à des visites antérieures.

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