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Des heurts signalés à Al-Aqsa avant la marche prévue à Jérusalem

Les organisateurs du "Défilé du drapeau" affirment sa tenue, malgré l'interdiction de la police sur l'itinéraire actuel ; le député d'extrême droite Ben Gvir prévoit d'y participer

Vue d'ensemble de la mosquée du Dôme du Rocher dans le complexe du Mont du Temple à Jérusalem, le 18 avril 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Vue d'ensemble de la mosquée du Dôme du Rocher dans le complexe du Mont du Temple à Jérusalem, le 18 avril 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Quelques affrontements ont été signalés au mont du Temple et à la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem mercredi matin entre la police israélienne et des Palestiniens, alors que les tensions s’intensifient dans la ville avant la tenue d’une marche d’extrême droite qui n’a pas été approuvée par les autorités.

Des vidéos du mont ont montré des pierres et des cocktails Molotov lancés sur les policiers, dont certains depuis l’intérieur de la mosquée Al-Aqsa. Plusieurs bombes incendiaires ont déclenché de petits feux dans la mosquée.

Les affrontements semblaient, toutefois, limités peu avant midi.

Ils ont eu lieu alors que plusieurs centaines de pèlerins juifs, escortés par la police, visitaient le lieu saint. La presse israélienne a rapporté que trois hommes juifs avaient été arrêtés après avoir ignoré les instructions de la police et tenté de prier, ce qui est interdit aux Juifs.

Pendant ce temps, les militants juifs d’extrême droite ont promis de poursuivre leur plan de marche dans la Vieille Ville de Jérusalem, bien que la police ait déclaré qu’elle avait rejeté l’itinéraire prévu pour la parade.

Le défilé dit « du drapeau », semblable à celui qui se tient habituellement dans la ville à l’occasion de la Journée de Jérusalem, a été refusé par la police en raison de l’intention des organisateurs de passer par la Porte de Damas, endroit particulièrement sensible.

Mercredi matin, la police a déclaré qu’elle avait accepté un itinéraire alternatif proposé par les organisateurs, mais que ces derniers étaient revenus sur leur proposition pour des raisons non précisées.

« Nous précisons à nouveau qu’à ce stade, la police n’a pas approuvé la marche de protestation dans le format proposé », indique le communiqué.

La marche a été organisée suite aux attaques à l’extérieur de la Vieille Ville par des Palestiniens contre des bus qui se rendaient au Mur occidental, brisant des vitres et blessant des passagers, ainsi que celles contre des Juifs qui se rendaient au Mur en châle de prière.

Le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir (parti Sionisme religieux) a déclaré qu’il participerait à la marche.

Mercredi matin, des milliers de personnes ont assisté à la deuxième itération de la semaine d’une cérémonie de prière traditionnelle au Mur occidental, les autorités étaient en état d’alerte, prêtes pour une éventuelle escalade.

Le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir après avoir visité le mont du Temple, au Mur occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 31 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

De nombreuses forces de police, y compris des agents en civil, ont été déployées pour sécuriser l’événement dans la Vieille Ville de Jérusalem, qui a débuté vers 8h30.

La cérémonie semestrielle de bénédiction des prêtres, connue en hébreu sous le nom de « Birkat HaCohanim », a lieu lors des fêtes de Pessah et de Souccot. Elle attire généralement des dizaines de milliers de fidèles, la foule se déversant de l’esplanade du mur vers les quartiers environnants.

Ces dernières semaines, Jérusalem a été une véritable poudrière, témoin d’affrontements entre les Palestiniens et la police sur le mont du Temple, point névralgique des tensions, tandis que des milliers de personnes se rendaient sur les lieux saints à l’occasion des fêtes du Ramadan et de Pessah, et que les forces de sécurité israéliennes sévissaient contre le terrorisme en Cisjordanie, alors que les groupes terroristes de Gaza attisaient les tensions.

Le Hamas a émis de nouvelles menaces mardi, après une attaque dans le sud la nuit précédente.

Lundi soir, une roquette a été tirée depuis Gaza et interceptée par le système de défense antiaérien du Dôme de Fer. Il s’agissait du premier tir depuis la bande de Gaza en quatre mois. Quelques heures plus tard, Israël a frappé des cibles du Hamas à Gaza.

Aucun des groupes terroristes basés à Gaza n’a revendiqué la responsabilité du tir de roquette.

Un haut responsable de la sécurité a déclaré mardi à la chaîne publique Kan qu’Israël se préparait à de nouveaux tirs de roquettes depuis Gaza. Le Hamas n’est pas en mesure d’empêcher d’autres groupes terroristes de tirer des roquettes, et la défense aérienne d’Israël est en état d’alerte maximale, a déclaré le responsable.

Les médias du Hamas à Gaza ont déclaré que les groupes terroristes de la bande avaient décidé d’augmenter leur niveau de préparation pour les jours à venir.

Des fidèles juifs se couvrent de châles pour prier devant le Mur occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, pendant la bénédiction sacerdotale « Birkat HaCohanim » lors de la fête juive de Pessah, le 20 avril 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Il a été souligné lors de notre réunion que nous devons continuer à nous préparer et à élever le niveau de préparation nationale », a déclaré un porte-parole du Hamas. « Notre doigt est sur la gâchette. »

Après le tir de roquette, le Hamas a tendu la main à Israël par l’intermédiaire de médiateurs égyptiens afin de souligner qu’il n’était pas intéressé par une nouvelle escalade et qu’il n’était pas à l’origine de l’attaque, selon Kan.

Le Ramadan est souvent une période de tension entre Israël et les Palestiniens. Vendredi, ces tensions se sont exacerbées après que de jeunes Palestiniens ont stocké des pierres et d’autres armes à l’intérieur de la mosquée et ont défilé dans la zone, certains portant les bannières vertes du groupe terroriste du Hamas.

La police est entrée dans l’enceinte, ce qui a provoqué des affrontements. Quelque 400 Palestiniens ont été arrêtés et plus de 150 ont été blessés. La plupart des détenus ont été libérés par la suite.

Les combats et les images de la police frappant des civils avec des matraques ont suscité une condamnation internationale, y compris de la part des alliés arabes d’Israël.

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