Des images illustrent la destruction du QG présumé de la Force Al-Qods à Damas
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Des images illustrent la destruction du QG présumé de la Force Al-Qods à Damas

Les images fournies par une société de renseignements privée israélienne indiquent que les bâtiments iraniens présumés ont été entièrement ou partiellement détruits par les frappes

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Une image satellite de la destruction causée par les frappes israéliennes sur un site soupçonné d'être contrôlé par l'Iran à l'aéroport international de Damas, le 20 novembre 2019. (Crédit : ImageSat International)
Une image satellite de la destruction causée par les frappes israéliennes sur un site soupçonné d'être contrôlé par l'Iran à l'aéroport international de Damas, le 20 novembre 2019. (Crédit : ImageSat International)

Des images satellites diffusées mercredi soir révèlent la destruction de deux QG iraniens présumés dans la région de Damas, ciblés par des frappes de l’aviation militaire israélienne dans la journée en riposte à une attaque de roquette sur le nord de l’État hébreu la veille.

Les images, fournies par la société privée de renseignements israélienne ImageSat International, montrent deux bâtiments soupçonnés d’abriter la Force Al-Qods des Gardiens de la révolution islamique iraniens. L’un d’eux était situé dans l’aéroport international de Damas et l’autre, près de l’aéroport al-Mazzeh aux abords de la capitale.

D’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), au moins 23 combattants ont été tués dans les frappes israéliennes de mercredi, dont 16 seraient Iraniens.

Ces frappes étendues, qui ciblaient des sites iraniens et syriens, ont été menées en riposte à quatre tirs de roquettes sur le plateau du Golan et le nord de la Galilée mardi matin. Le système de défense aérienne du Dôme de fer a intercepté les quatre projectiles, avait fait savoir l’armée.

Une image satellite de la destruction causée par les frappes israéliennes sur un site hypothétiquement contrôlé par l’Iran à l’aéroport international de Damas, le 20 novembre 2019. (Crédit : ImageSat International)

Ces tirs de représailles mercredi matin ont détruit les deux derniers étages du bâtiment de l’aéroport de Damas — appelé Glasshouse [serre] par ImageSat.

D’après la firme, ce bâtiment était soupçonné de servir de QG à l’unité de renseignements de la Force Al-Qods.

« Actuellement, le site parait abandonné, sans signe d’activité », a fait savoir ImageSat.

Une image satellite de la destruction causée par les frappes israéliennes sur un site soupçonné d’être contrôlé par l’Iran à l’aéroport international de Damas, le 20 novembre 2019. (Crédit : ImageSat International)

« Nous avons frappé un bâtiment occupé par des Iraniens à l’aéroport de Damas. Nous estimons que des Iraniens ont été tués et blessés », a déclaré un cadre de la défense s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Le second quartier-général de la Force Al-Qods à l’aéroport al-Mazzeh a été presque entièrement détruit par l’aviation israélienne.

Une photo du site prise mardi montre deux grands bâtiments rectangulaires l’un en face de l’autre. L’image de mercredi capturée après la frappe montre un des bâtiments complètement rasé, et l’autre pratiquement démoli.

Une image satellite de la destruction causée par les frappes israéliennes sur un site soupçonné d’être contrôlé par l’Iran à l’aéroport international de Damas, le 20 novembre 2019. (Crédit : ImageSat International)

Une longue file de véhicules est également visible autour du site, visiblement ceux des services de secours.

En plus de ces deux bâtiments, l’armée israélienne a rapporté avoir ciblé des dizaines d’autres sites liés à la milice iranienne sur des bases militaires syriennes. Lorsque les défenses aériennes syriennes ont tiré sur des chasseurs israéliens, l’armée a également ciblé ces batteries de missile.

D’après l’OSDH, basé au Royaume-Uni, les frappes ont également visé des dépôts d’armes de la Force dans les banlieues de Kisweh et Qudsaya de la capitale.

Cette photo diffusée par l’agence de presse syrienne officielle, SANA, montre un bâtiment ciblé par des missiles israéliens dans la banlieue de Qudsaya, à l’ouest de Damas, le 20 novembre 2019. (Crédit : SANA via AP)

Israël a souvent conseillé au dictateur syrien Bachar al-Assad de ne pas intervenir lors des frappes israéliennes sur des cibles iraniennes dans son pays, ou sinon son armée serait également visée, comme cela a été le cas mercredi.

D’après l’OSDH, 11 personnes ont été tuées dans cette frappe, dont sept étaient des étrangers. Même si l’on présume qu’il s’agit d’Iraniens, l’Observatoire n’a pas été en mesure de le confirmer pour l’instant.

Quatre civils ont été blessés, a-t-il ajouté.

L’agence SANA a affirmé que deux civils avaient été tués par des éclats d’obus lorsqu’un missile israélien a frappé une maison de la ville de Saasaa, au sud-ouest de Damas. Plusieurs autres personnes auraient également été blessées, dont une jeune fille dans un immeuble résidentiel de Qudsaya, également à l’ouest de la capitale.

L’organe officiel a également affirmé que les défenses aériennes syriennes avaient détruit la plupart des missiles israéliens avant que ceux-ci n’atteignent leur cible.

Des images vidéos provenant de Syrie montrent un missile de défense aérienne syrien s’écraser dans une zone fortement peuplée peu après son lancement, ce qui pourrait expliquer certaines des victimes blessées.

Mercredi, la Russie a condamné Jérusalem pour ces frappes. Moscou soutient le régime Assad et a déjà critiqué les attaques aériennes israéliennes dans le pays par le passé, notamment celles visant les bases militaires syriennes en plus des sites iraniens.

Le vice-ministre des Affaires étrangères russe, Mikhail Bogdanov, les a qualifiées de « mauvaise décision » en « contradiction totale » avec le droit international, a rapporté Interfax.

Il a ajouté que Moscou avait contacté ses alliés concernant cet incident. Mercredi matin, l’armée israélienne a indiqué avoir coordonné ses frappes avec la Russie.

L’armée a également déclaré qu’elle se préparait à d’éventuelles ripostes iraniennes.

« Nous nous préparons aussi bien à nous défendre qu’à attaquer. Nous répondrons à toute tentative de riposte », a ainsi déclaré Hidai Zilberman, un porte-parole de l’armée, aux journalistes mercredi matin.

Israël a répété, à de nombreuses reprises, qu’il n’acceptera pas une implantation militaire iranienne en Syrie et qu’il ripostera à toute attaque sur l’Etat juif depuis le territoire syrien.

Israël a mené des centaines de frappes aériennes en Syrie contre des cibles iraniennes au cours des dernières années, mais ne les a généralement pas commentées. L’Iran a des forces basées en Syrie, le voisin nord d’Israël, et soutient le Hezbollah et des groupes terroristes à Gaza.

Un mortier M109 israélien stationné à la frontière syrienne dans le plateau du Golan, le 19 novembre 2019. (Crédit : JALAA MAREY / AFP)

« Notre message aux responsables iraniens est simple : vous n’êtes plus immunisés. Dès que vous avancerez vos tentacules de pieuvre, nous les couperons », a menacé le nouveau ministre de la Défense, Naftali Bennett.

De son côté, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir au sujet des frappes : « J’ai clairement fait savoir que nous attaquerons toute personne qui nous attaque. C’est ce que nous avons fait dans la nuit sur des cibles militaires iraniennes de la force al-Qods et des cibles militaires syriennes. »

Le commandant des forces Al-Qods des Gardiens de la Révolution islamique, Qassem Soleimani. (Crédit : Wikipedia / CC BY 4.0)

La force al-Qods, dirigée par le Maj. Gen. Qassem Soleimani, fait partie du corps des Gardiens de la Révolution iranienne responsable des opérations extérieures. Il s’agit d’un acteur clef en Syrie – à la fois contre les rebelles et dans l’effort de Téhéran de s’implanter le long de la frontière israélienne et d’y menacer l’Etat juif depuis cette position.

L’AFP et l’équipe du Times of Israël ont contribué à cet article.

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