Des Israéliens améliorent des ciseaux microscopiques pour manipuler des gènes
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Des Israéliens améliorent des ciseaux microscopiques pour manipuler des gènes

La technique CRISPR permet de découper l'ADN, mais que se passe t-il si l'incision se fait au mauvais endroit sans que les scientifiques ne s'en rendent compte ?

Une photo d'illustration de la modification de l'ADN (Crédit : CIPhotos; iStock by Getty Images)
Une photo d'illustration de la modification de l'ADN (Crédit : CIPhotos; iStock by Getty Images)

Les scientifiques israéliens ont développé une méthode de « contrôle qualité » pour la manipulation du génome, qui peut, selon eux, faciliter le passage des technologies de l’ADN de la théorie au traitement.

Le système de la modification du génome CRISPR fonctionne en coupant l’ADN avec des « ciseaux » microscopiques et en le modifiant. La méthode est utilisée pour traiter certains troubles génétiques et des efforts considérables sont déployés pour élargir son utilisation.

Mais l’une des difficultés fondamentale est la précision.

« De la même manière que chaque maison a une adresse que vous utilisez pour la situer, chaque gène a une « adresse » pour cibler la modification CRISPR, mais parfois il y a un manque de précision et les minuscules ciseaux coupent aux « mauvais endroits, » a déclaré le biologiste moléculaire Dr Ayal Hendel de l’Université de Bar Ilan.

Il a mis au point une nouvelle méthode pour évaluer, avec un niveau de précision sans précédent, le nombre d’erreurs qui surviennent lorsqu’un outil de modification est utilisé et localiser l’erreur.

Un article académique sur cette percée devrait paraître lundi dans la revue spécialisée Nature Communications.

Dr. Ayal Hendel (Autorisation)

Hendel a déclaré que sa technologie – un logiciel qui peut être déjà téléchargé, donnera la possibilité aux scientifiques de corriger rapidement les erreurs, et leur permettra de gagner du temps –  il parle de plusieurs mois – pendant lesquels ils auraient peut être développer les mauvais outils et de prévenir les mauvaises alertes qui ralentissent la recherche en signalant de faux problèmes.

Hendel a déclaré que son innovation permet un nouveau niveau de précision dans l’évaluation des outils avant qu’ils ne soient soumis à des essais cliniques.

Il espère que cela aidera à accélérer la recherche de traitements pour la drépanocytose et l’immunodéficience combinée sévère, connue sous le nom de maladie des « enfants-bulles ».

« Cela peut aider au développement de la modification du génome, car il sera plus facile de tester de nouveaux outils et de les soumettre pour approbation ou de réaliser rapidement qu’il y a un problème et de procéder à une modification, » a t-il déclaré au Times of Israël. « Cela peut considérablement accélérer le temps qu’il faut entre le concept et sa mise en application médicale ».

Il existe actuellement des appareils qui recherchent les problèmes liés à une modification planifiée du génome, mais elles sont susceptibles de détecter des complications existantes dans l’ADN d’un patient et de les confondre avec un problème lié à la modification.

Avec ses collègues de Bar Ilan et Zohar Yakhini, professeur à l’IDC Herzliya et à l’Institut de technologie Technion-Israël, Hendel a mis au point un logiciel qui prend les relevés des machines existantes et élimine 99 % des « faux positifs ». Cela signifie qu’il écarte presque tous les problèmes qui semblent découler de la modification de l’ADN mais qui n’ont en fait aucun rapport avec la modification.

Dans le même temps, il analyse les résultats des appareils de manière à détecter les « faux négatifs », c’est-à-dire les cas où la modification semble ne pas poser de problème alors qu’elle en pose un.

« Essentiellement, nous nous débarrassons du bruit qui existe actuellement lorsque nous essayons d’évaluer la précision de la modification du génome, à savoir les cas où il semble ne pas y avoir de problème, mais après vérification, s’apercevoir qu’il y en a, » a déclaré M. Hendel.

Selon lui, cette technologie fera progresser l’utilisation de CRISPR.

« Elle est pertinente lorsque quelqu’un développe une approche CRISPR pour traiter ou guérir une maladie génétique, en utilisant les ciseaux microscopiques, et qu’il veut prouver la précision de l’outil aux régulateurs comme la Food and Drug Administration (FDA) américaine. »

« Ils doivent montrer qu’ils coupent l’ADN au bon endroit, et non au mauvais. Ils peuvent utiliser notre outil pour évaluer et illustrer l’étendue de la précision, et si celle-ci n’est pas conforme aux normes, ils peuvent revoir la conception de leur technologie. »

« Cela peut potentiellement contribuer à soutenir un domaine de recherche en pleine expansion en testant de nouvelles avancées avec une grande précision », a-t-il déclaré.

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