Des Israélo-Ethiopiens déposent un recours contre le rejet des écoles Haredim
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Des Israélo-Ethiopiens déposent un recours contre le rejet des écoles Haredim

Le recours considère que le refus de quatre écoles religieuses d'accepter les enfants s'inscrit dans la discrimination globale subie par la communauté israélo-éthiopienne

Des Israéliens d'origine éthiopienne et des manifestants protestent contre la violence policière et la discrimination à Tel Aviv, le 8 juillet 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)
Des Israéliens d'origine éthiopienne et des manifestants protestent contre la violence policière et la discrimination à Tel Aviv, le 8 juillet 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Un groupe de parents israéliens d’origine éthiopienne a déposé un recours au tribunal contre le refus de quatre écoles ultra-orthodoxes de Jérusalem d’inscrire leurs enfants pour la prochaine rentrée scolaire.

L’un des enfants s’est vu offrir une place dans une école loin de sa maison. Les trois autres sont sans école. L’année scolaire haredi commence à la mi-août.

Le recours administratif a été déposé lundi au tribunal de Jérusalem par l’avocat Dan Largman contre quatre écoles Talmud Torah, le ministère de l’Education et la municipalité de Jérusalem, a annoncé mercredi le diffuseur public Kan.

Le recours réclame un ordre d’intérim qui permettra aux quatre enfants (trois d’une même famille et un d’une autre famille) de commencer l’année scolaire dans les écoles de leurs choix.

Les années précédentes, les quatre mêmes enfants – actuellement âgés de trois à six ans – ont dû parcourir de longues distances pour aller à l’école, et leurs familles ont dû supporter les coûts de transport. Un enfant a passé une année supplémentaire en crèche parce qu’il n’a pas été accepté dans l’une des quatre écoles, malgré l’avis d’un professionnel selon lequel il était prêt à changer de niveau.

La pétition a été déposée après que les parents ont fait appel à la municipalité de Jérusalem et au ministère de l’Education. Selon le recours, des officiels de deux institutions ont visité les écoles en question et ont invité les parents et les enfants à les rencontrer, mais ne les ont pas invités à dialoguer avec le personnel de l’école.

Largman a affirmé que le recours accusait non seulement de discrimination contre les familles, mais aussi d’une absence presque totale d’enfants israéliens d’origine éthiopienne dans les institutions, ce qui semblait indiquer un schéma comportemental.

Une école haredi dans l’implantation orthodoxe de Beitar Illit, le 27 août 2014. (Nati Shohat/Flash90)

Largman a affirmé que les mères avaient inscrit les enfants en janvier. Ils ont été refusés, et certaines écoles n’ont pas fourni d’explication. La semaine dernière, il a reçu une lettre de la municipalité déclarant que les mères n’avaient pas inscrit les enfants à temps et n’avaient pas rempli les documents correctement. « Si ces demandes avaient été déposées plus tôt, nous aurions pu faire appel », a-t-il dit.

L’un des parents, qui a demandé à ne pas être identifié par son vrai nom, a indiqué que la communauté ultra-orthodoxe était « aussi dure que la pierre. C’est difficile de décrire les difficultés auxquelles nous sommes confrontées au quotidien. Ils ne nous considèrent pas comme des êtres humains. Nous méritons d’être traités comme tout le monde ».

Le père a déclaré qu’il avait rencontré la municipalité et parlé à l’inspecteur du ministère au début de l’année scolaire dernière. Il avait compris qu’il n’était pas raisonnable de laisser son enfant pour une année supplémentaire en crèche.

Les écoles ont déclaré que les classes étaient pleines et qu’elles appelleraient si une place devenait disponible, a déclaré le père, ou que ce n’était pas le bon moment pour discuter du sujet.

En réaction, le ministère de l’Education a indiqué qu’il s’opposait à toute forme discrimination et qu’il agissait dans l’intérêt des quatre enfants pour s’assurer que la question était traité convenablement. La municipalité a expliqué qu’elle allait répondre au tribunal.

Une des écoles Talmud Torah a indiqué que ses portes étaient ouvertes à tous les enfants dont les parents ont inscrit les enfants au bon moment et de manière correcte et qu’elle avait fait passer des entretiens à des dizaines d’enfants israéliens d’origine éthiopienne durant l’année. Une autre école a dit qu’elle n’était pas au courant de ce recours, une troisième a préféré ne pas répondre et la quatrième a indiqué que sa réponse n’était pas encore prête.

Des écoles ultra-orthodoxes ont déjà été accusées de discriminations contre des Juifs séfarades et des membres d’autres minorités. Une décision de la Cour suprême de 2009 a forcé une école séminaire pour filles de l’implantation cisjordanienne ultra-orthodoxe d’Emmanuel à cesser de séparer les élèves ashkénazes et séfarades. La décision a été critiquée par de nombreux officiels haredim et décrite comme une intervention illégitime dans les affaires internes de la communauté.

Ce mois-ci, des Israéliens d’origine éthiopienne ont tenu des manifestations dans le pays après qu’un officier de police a tué le jeune Solomon Tekah. Des membres de la communauté ont déclaré que l’événement était emblématique du racisme auquel ils étaient confrontés quotidiennement dans la société et du traitement discriminatoire constant par la police.

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