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Londres : Une famille reçoit l’acte de naissance de leur fille déchiré, et « Israël » raturé

Pour ce père juif, l’employé du ministère de l'Intérieur devrait être licencié et interdit de manipuler des "documents sensibles"

Le certificat de naissance de la fille d'Israel Weinberger, Juif londonien, a été raturé pour supprimer une référence à l'État d'Israël, lors d'une interview accordée à Sky News, le 20 février 2024. (Crédit : Capture d’écran X ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Le certificat de naissance de la fille d'Israel Weinberger, Juif londonien, a été raturé pour supprimer une référence à l'État d'Israël, lors d'une interview accordée à Sky News, le 20 février 2024. (Crédit : Capture d’écran X ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Un juif vivant à Londres a décrit le moment où il a reçu le certificat de naissance de sa fille de six mois, née au Royaume-Uni, partiellement déchiré et avec le mot « Israël », son propre lieu de naissance, raturé.

Israel Weinberger, ingénieur marié à Dorin, 29 ans, et père de trois enfants, originaire d’Edgware, dans le nord de Londres, a déclaré mardi à Sky News que c’était « horrible ».

Weinberger avait précédemment raconté au Daily Mail que son épouse avait ouvert l’enveloppe contenant le certificat de naissance de leur bébé, Ronnie, et qu’elle avait été sidérée de découvrir le nom de l’Etat juif délibérément raturé au stylo, avec le document qui avait été partiellement déchiré, le rendant invalide.

« Nous avons eu le sentiment d’être revenus dans l’Allemagne des années 1930, quand les nazis mettaient des notes sur les papiers d’identité des Juifs », aurait dit le père, selon le Daily Mail. « C’est complètement tordu et mon cœur saigne en pensant que ma fille n’a pas encore six mois et qu’elle est d’ores et déjà discriminée de cette façon », a-t-il ajouté.

Des Juifs britanniques reçoivent le certificat de naissance de leur bébé déchiré avec le mot Israël raturé au lieu de naissance du père, le 20 février 2024. (Crédit : Capture d’écran X ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur).

Selon lui, il semble qu’un employé du ministère de l’Intérieur ait décidé de mettre à exécution « ses sales pensées (…) Il a peut-être pensé à se venger ou quelque chose comme ça ».

« Je ne pense pas que mon bébé de cinq mois ait fait quoi que ce soit de mal à qui que ce soit », a déclaré Weinberger. « Je me suis senti horriblement mal quand je l’ai vu pour la première fois. Il m’a fallu m’y reprendre à plusieurs reprises pour comprendre ce qui se passait. »

Weinberger avait demandé l’acte de naissance deux semaines plus tôt, mais lorsque le document est arrivé, il l’a trouvé dégradé, avec son lieu de naissance « Israël » griffonné au stylo. Le document, qui était également déchiré, ce qui le rendait invalide, indiquait que sa fille était née à Londres.

« Mon bébé a cinq mois. Qu’est-ce que cela a à voir avec le lieu de naissance de son père ? C’est horrible », a déclaré Weinberger à Sky News.

« Cette personne doit être immédiatement licenciée », a-t-il poursuivi, tout en demandant qu’il soit interdit à l’employé du gouvernement de manipuler des « documents sensibles ».

Cet incident survient dans un contexte de hausse inquiétante de l’antisémitisme, en Grande-Bretagne, dans le sillage du massacre commis par le Hamas, le 7 octobre 2023, et de la guerre à Gaza qui a suivi.

Jeudi dernier, le Community Security Trust (CST), un organisme anglo-juif de conseil en matière de sécurité, a publié un rapport indiquant que le nombre d’incidents antisémites au Royaume-Uni en 2023 avait plus que doublé depuis 2022.Le rapport qui a été qualifié par le ministre en charge de la police, Chris Philip, de « profondément perturbant » alors qu’il s’exprimait lundi à la Chambre des communes.

« Ce record total de haine antisémite en 2023 est entièrement dû à la recrudescence des incidents après l’attaque terroriste qui a été commise par le Hamas en Israël, le 7 octobre, et l’envergure de cette hausse est sans précédent », a fait savoir le CST dans son communiqué.

Weinberger a déclaré que l’antisémitisme avait beaucoup évolué depuis le début de la guerre.

Il a indiqué qu’il portait une kippa sur la tête et que lorsqu’il marchait dans la rue et que les gens la voyaient, ils lui disaient « Libérez la Palestine ».

Le mot « Gaza » peint à la peinture rouge aux abords de la bibliothèque Wiener, spécialisée dans la Shoah, dans le centre de Londres, le 2 novembre 2023. (Crédit : X)

« Qu’est-ce que cela a à voir avec ma religion ? Je n’irai pas voir un musulman dans la rue pour lui dire : ‘J’ai un problème avec toi à cause de ce qui s’est passé le 7 octobre.’ Non, parce que je sais que tout le monde n’est pas pareil. »

L’incident du certificat de naissance abîmé a fait les gros titres après avoir été signalé sur les réseaux sociaux par l’organisation anglo-juive Campaign Against Antisemitism (CAA) dans une publication mise en ligne sur X lundi, avec une photo du document.

Selon l’image qui a été publiée par le groupe CAA, le lieu de naissance de la mère, qui est aussi Israël, est resté intact. Dans la mesure où les noms apparaissant sur l’image qui a été publiée ont été floutés, il est difficile de dire si le prénom du père, Israel, a lui aussi été vandalisé.

« Il y a deux semaines, un citoyen a envoyé une demande de passeport [au Home Office britannique] pour une petite fille de six mois. Aujourd’hui, le certificat de naissance a été rendu déchiré, avec le mot ‘Israël’ délibérément griffonné », a écrit la CAA.

« Nous demandons au Home Office de faire toute la lumière sur ce qui est arrivé. Le Home Office est en charge de l’application de la loi et de la sécurité de la communauté juive », a écrit la CAA.

« La confiance portée aux autorités par les Juifs britanniques, est à un niveau douloureusement bas et elle doit être restaurée », a commenté un porte-parole du groupe CAA dans un communiqué.

James Cleverly, le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, a ra réagi à la publication deux heures plus tard, déclarant avoir « demandé à mes responsables d’ouvrir une enquête sur ce qui est arrivé de toute urgence et je m’assurerai qu’une action appropriée sera entreprise ». Le ministre d’État à la Sécurité, Tom Tugendhat, a confirmé l’ouverture d’une enquête, une heure plus tard, dans le cadre d’un autre échange sur la plateforme de réseau social.

Weinberger a félicité Cleverly pour sa réaction « très rapide », déclarant qu’elle lui donnait « de l’espoir », mais qu’il craignait toujours pour l’avenir des Juifs britanniques.

« La situation ici n’est pas bonne », a-t-il déclaré à Sky. « Il est très difficile d’être Juif au Royaume-Uni. Et cela ne s’améliore pas, c’est de pire en pire. Je pense que ma fille, dans 20 ans, c’est son avenir, parce que Londres n’est plus Londres, et je ne me sens littéralement pas en sécurité. »

« On peut débattre de la légitimité ou non de l’action d’Israël », a-t-il ajouté. « Mais on ne peut pas débattre de la légitimité d’Israël en tant qu’État. Le raturer revient à dire : ‘Non, je ne suis pas légitime’. »

Selon Weinberger, le soutien apporté par le Royaume-Uni aux Palestiniens pendant la guerre est alimenté par l’antisémitisme. « Il n’est pas motivé par un sentiment particulier à l’égard du peuple palestinien. Non, c’est de l’antisémitisme. »

Faisant référence aux rassemblements hebdomadaires anti-Israël qui ont lieu dans la capitale britannique depuis le 7 octobre, il a souligné la rareté de manifestations similaires contre d’autres situations humanitaires dans le monde.

« Dès que le peuple juif à été impliqué, tout a changé », a-t-il souligné.

Lors d’un rassemblement samedi, un manifestant iranien en exil a été attaqué alors qu’il brandissait une pancarte anti-Hamas, a rapporté lundi le Daily Mail.

La foule du centre de Londres a bombardé Niyak Ghorbani, 37 ans, de bouteilles, de bâtons et de mottes de terre, selon l’article.

La police, qui est intervenue, a fait quitter les lieux à Ghorbani par la force, la vidéo de l’incident ayant été diffusée sur les réseaux sociaux.

La pancarte brandie par Ghorbani demandait : « Êtes-vous d’accord avec le fait que le Hamas soit une organisation terroriste, oui ou oui ? »

La Grande-Bretagne a désigné le Hamas comme un groupe terroriste.

« J’ai protesté parce que le peuple iranien souffre depuis des années du Hamas et d’autres groupes terroristes similaires », a déclaré Ghorbani au Daily Mail.

Il a prévenu que le Royaume-Uni courait un « grave danger » si la police autorisait les sympathisants du Hamas à se rassembler, mais l’empêchait de manifester contre le Hamas.

« La police devrait justifier son recours à la force. Ce que j’ai écrit sur la pancarte est un fait et est conforme à la loi en Angleterre, mais la police a violemment confisqué ma pancarte », a-t-il déclaré.

Un porte-parole de la Met Police a déclaré que les forces de l’ordre avaient visionné la vidéo de l’incident filmée par la caméra corporelle et que les policiers avaient pour priorité de « désamorcer la situation pour assurer la sécurité de tous ».

« La manière la plus proportionnée de le faire était de demander à l’homme de s’éloigner de la manifestation », a déclaré la police, précisant que les agents avaient fait un usage minimal de la force.

« Si le texte de la pancarte de l’homme reflétait fidèlement la loi relative au Hamas, il était également évident qu’il était là pour provoquer une réaction de la part de la foule qui passait par là », a indiqué le porte-parole.

La police a arrêté 12 personnes au cours d’autres échauffourées lors du rassemblement.

Le 7 octobre, des milliers de terroristes dirigés par le Hamas avaient pris d’assaut le sud d’Israël, tuant presque 1 200 personnes, en particulier des civils, et prenant 253 otages de tous les âges. Ils avaient commis des atrocités et ils s’étaient livrés à des violences sexuelles à grande échelle.

Jurant de détruire le groupe terroriste palestinien, Israël a lancé une opération aérienne et terrestre massive à Gaza – la moitié des habitations de l’enclave ont été détruites ; plus d’un million de personnes ont été déplacées et la crise humanitaire s’approfondit. Plus de 29 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. Le Hamas dit avoir perdu environ 6 000 hommes et l’armée israélienne, de son côté, explique en avoir tué le double. 236 soldats israéliens ont été tués dans les combats depuis le 27 octobre.

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