Israël en guerre - Jour 283

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Des Juifs cachés à la Résistance, rétrospective sur 70 ans de combats de l’abbé Pierre

En 1940, celui qui deviendra le fondateur des communautés d'Emmaüs cache deux juifs rescapés d'une rafle venus se réfugier dans l'église et en 1942, fait passer des juifs en Suisse avec des faux papiers

L'abbé Pierre, prêtre catholique français, à son siège de l'hôtel Rochester à Paris,  le 10 février 1954. (Crédit : AFP)
L'abbé Pierre, prêtre catholique français, à son siège de l'hôtel Rochester à Paris, le 10 février 1954. (Crédit : AFP)

Auteur le 1er février 1954 d’un retentissant appel en faveur des sans-logis, l’abbé Pierre, fondateur des communautés d’Emmaüs, a multiplié les combats jusqu’à la fin de sa vie en 2007, à 94 ans.

Les germes du combat

En 1940, l’abbé Pierre est vicaire à Grenoble (Isère) quand il cache deux juifs rescapés d’une rafle venus se réfugier dans l’église. Il entre dans la Résistance en 1942, fait passer des juifs en Suisse avec les faux papiers qu’il contribue à imprimer, et participe à la mise en place des maquis du Vercors et de la Chartreuse.

Après la guerre, le prêtre devient député le MRP, parti chrétien-démocrate issu de la Résistance. Ne cachant pas « son absence de sens politique », pacifiste convaincu, Henri Grouès – son vrai nom – déconcerte vite son parti par ses prises de position de gauche.

Déjà, il se bat pour le droit au logement, inscrit en 1946 dans le préambule de la Constitution. « Il existe une misère extrême. C’est là que doit porter notre effort d’abord », défend-il. Député atypique, il reverse ses indemnités parlementaires aux sans-abris.

L’aventure Emmaüs

C’est dans une grande demeure délabrée de Neuilly-Plaisance (Seine-Saint-Denis) que l’abbé Pierre jette en 1947, avec sa secrétaire particulière Lucie Coutaz, les bases de son mouvement. D’abord « auberge de jeunesse internationale », cette maison verra naître la communauté Emmaüs, qui propose aux exclus de récolter eux-mêmes, à l’image des « chiffonniers », les surplus des nantis, rompant avec la charité traditionnelle.

L’abbé Pierre, prêtre catholique français, regarde l’abbaye de Saint-Wandrille, le 5 décembre 1987. (Crédit : Mychele DANIAU / AFP)

Un ancien bagnard désespéré deviendra le premier compagnon d’Emmaüs. Fin 1949, une première famille expulsée de son logement est accueillie. L’abbé Pierre et ses compagnons commencent la construction d’hébergements. Des tentes et abris de fortune deviennent « cités d’urgence », l’abbé oppose aux permis de construire réclamés par l’Administration des « permis de vivre ».

En 1952, il gagne 256.000 francs au jeu « Quitte ou double » sur Radio Luxembourg, aussitôt consacrés à l’achat d’un camion et de nouveaux terrains.

1954 : l’appel électrochoc

L’hiver 1954 est terrible pour les « couche-dehors ». Le 1er février, un appel de l’abbé Pierre à la radio va provoquer ce qu’on appellera « l’insurrection de la bonté ». « Mes amis au secours ! une femme vient de mourir gelée cette nuit… », lance-t-il, évoquant le sort des citoyens expulsés de leur logement, « recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain » qu’il faut absolument aider.

L’impact est immédiat dans la France d’après-guerre où manquent des millions de logements : les dons affluent, des bénévoles proposent leurs services, des entreprises leur soutien. Le gouvernement lance un « plan d’urgence » de 12.000 logements « de première nécessité ».

La trêve hivernale des expulsions locatives, instaurée par une loi de 1956, est directement issue de cet appel.

Le mouvement s’étend

Le mouvement Emmaüs se développe aussi à l’étranger, à la faveur des nombreux voyages de l’abbé Pierre. Une quarantaine de pays sont rassemblés sous la bannière de la fondation d’Emmaüs International, née en 1971.

En France, l’association Emmaüs France voit le jour en 1985, et fédère aujourd’hui 299 groupes. La Fondation Abbé-Pierre, reconnue d’utilité publique en 1992, publie elle tous les ans un rapport sur le mal-logement en France.

Soutien aux combats amis

En 1993, l’abbé Pierre interpelle tous les candidats aux législatives pour « une garantie du droit au logement pour tous ». Bien qu’affaibli, il soutient publiquement les sans-papiers réfugiés dans les églises Saint-Ambroise et Saint-Bernard, en 1996 à Paris. « Quand il était là, on nous laissait tranquilles. Il était tellement populaire, qu’il était craint des politiques », dira Jean-Baptiste Eyraud, fondateur de l’association Droit au logement (DAL) et ses réquisitions de logements vides.

En 2007, peu après la mort du prêtre, paraît la loi Dalo, qui reconnaît un droit au logement opposable aux personnes démunies.

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