Des manifestants polonais anti-vaccins blâment les Juifs pour la pandémie
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Des manifestants polonais anti-vaccins blâment les Juifs pour la pandémie

Dans la ville de Glogow, certains manifestants déclarent que "les Juifs dirigent le monde" et que les demandes de restitution dues à la Shoah leur feront perdre leur maison

Des manifestants lors d'un rassemblement à Glogow, en Pologne, le 18 juillet 2021. (Capture d'écran de YouTube via JTA)
Des manifestants lors d'un rassemblement à Glogow, en Pologne, le 18 juillet 2021. (Capture d'écran de YouTube via JTA)

VARSOVIE (JTA) – Plusieurs participants à un rassemblement à Glogow, en Pologne, ont scandé que les Juifs sont à blâmer pour la pandémie COVID-19, ajoutant que les Juifs « dirigent le monde ».

Une centaine de personnes ont marché dans les rues de la ville de l’ouest de la Pologne dimanche pour s’opposer à la vaccination et à la « ségrégation sanitaire », ou aux restrictions imposées aux personnes non vaccinées.

« Nous savons qui est derrière toute cette ‘plandémie' », a déclaré l’un des leaders de la marche, laissant entendre qu’il pense que la pandémie est fausse et fait partie d’un « plan » visant à affaiblir l’économie de la Pologne.

« Savez-vous qui déteste les Polonais ? Nous savons qui [nous] déteste », a-t-il ajouté.

« Les Juifs », a répondu un autre manifestant.

Un autre a déclaré que les Juifs « demanderont nos maisons », faisant référence au débat sur la restitution des biens de la Shoah, que le gouvernement de droite de la Pologne tente de limiter.

Alors que ce débat fait rage au Parlement et attire l’attention des législateurs américains, les nationalistes polonais sont descendus dans la rue. Au début du mois, des membres du groupe All-Polish Youth ont laissé des débris devant l’ambassade d’Israël à Varsovie.

D’autres ont perturbé une commémoration pour les victimes d’un pogrom de l’époque de la Shoah la semaine dernière, symbolisant l’autre débat tendu du pays, à savoir si les nazis ou les Polonais doivent être blâmés pour les atrocités de la Seconde Guerre mondiale.

Le professeur juif polonais Michal Bilewicz, qui enseigne à l’Université de Varsovie, a condamné les manifestants de dimanche comme étant antisémites. « Nous vivons à une époque où de telles personnes ne se déguisent même pas », a-t-il écrit sur Twitter.

Le bureau d’Europe centrale de l’American Jewish Committee (AJC) a tweeté : « C’est une forme classique d’antisémitisme. Où sont les réponses des décideurs ? »

Des vidéos de la marche sont apparues sur les médias sociaux. Elles ont montré que la police n’a pas réagi aux slogans antisémites mais a agi lorsque certains des participants ont commencé à donner des coups de pied à une voiture de police. En conséquence, trois hommes ont été arrêtés. Deux d’entre eux étaient sous l’emprise de l’alcool.

Les enregistrements de la marche effectués par la police seront transmis au bureau du procureur, qui décidera s’il y a lieu d’ouvrir une enquête.

La semaine dernière, le parti nationaliste de droite Konfederacja, qui dispose de 11 sièges à la chambre basse du Parlement polonais, a publié sur ses plateformes officielles de réseaux sociaux une vidéo du mannequin polonais Samuela Górska dans laquelle elle déclare qu’elle ne pense pas que les Juifs aient leur place en Pologne.

« Je ne veux pas de juifs non plus, je ne veux pas de LGBT, je ne veux pas de beaucoup de choses qui sont actuellement ici », a-t-elle déclaré. « Seule la Konfederacja […] garantit la normalité ».

Les marques de mode polonaises ont ensuite coupé les liens avec Górska et ont supprimé ses photos de leurs profils de réseaux sociaux.

Selon une recherche de 2018, 85 % des Juifs polonais estiment que l’antisémitisme est un problème majeur en Pologne.

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