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Des militants du Meretz manifestent en faveur de la démission de Zoabi

Selon la chaîne Kan, le parti de gauche et Raam, faction de la coalition, auraient confié au Premier ministre ne plus contrôler Ghaida Rinawie Zoabi et Mazen Ghanaim

La députée Meretz Ghaida Rinawie Zoabi lors du plénum de la Knesset, le 23 mai 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)
La députée Meretz Ghaida Rinawie Zoabi lors du plénum de la Knesset, le 23 mai 2022. (Crédit: Yonatan Sindel/Flash90)

Les militants du Meretz ont manifesté samedi soir devant le domicile de la députée rebelle issue de ce parti de gauche, Ghaida Rinawie Zoabi, lui demandant de démissionner après qu’elle et un autre législateur de la coalition ont aidé à rejeter, par leur vote, un projet de loi pourtant déterminant pour la coalition au pouvoir – déstabilisant encore davantage le gouvernement déjà vacillant.

Rinawie Zoabi et Mazen Ghanaim, qui est l’un des parlementaires du parti Raam, subissent des pressions les sommant de démissionner après un vote contre une mesure visant à renouveler l’application de la loi israélienne aux résidents d’implantations de Cisjordanie – ils se sont alignés, au cours de ce vote, aux côtés de l’opposition. Les trois autres membres de la Knesset du parti islamiste Raam se sont abstenus, tout comme la députée rebelle Yamina Idit Silman du parti du Premier ministre Naftali Bennett, et le projet de loi n’a finalement pas été adopté lors de ce scrutin de lundi, avec un bilan final de 58 voix « contre » et de 52 voix « pour ».

Dans une déclaration, les manifestants ont déclaré que la conduite de Rinawie Zoabi avait les moyens de faire tomber la coalition « et de conduire à un gouvernement des ténèbres dirigé par [Itamar] Ben Gvir, [Bezalel] Smotrich et [Benjamin] Netanyahu », en référence à deux députés d’extrême droite et à l’ancien Premier ministre.

Les images de la manifestation dans la ville de Nof Hagalil, dans le nord du pays, montrent une poignée de manifestants près de la maison de Rinawie Zoabi.

Avant la manifestation, la chaîne Kan a déclaré que le Meretz et Raam avaient dit à Bennett qu’ils avaient perdu le contrôle de Rinawie Zoabi et Ghanaim, qui ont rejeté les appels à la démission et qui ont promis de voter contre le projet de loi lorsqu’il sera soumis à un nouveau vote.

Selon des informations, certains maires arabes exhortent également Rinawie Zoabi à renoncer à son siège.

Vendredi, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a averti les différents membres rebelles de la coalition que « ceux qui mettent en danger ce gouvernement depuis l’intérieur doivent savoir qu’ils en paieront le prix ».

Après avoir perdu sa majorité à la Knesset en avril suite à la démission de Silman de la coalition, le gouvernement n’a cessé de passer d’une crise à l’autre. Rinawie Zoabi a annoncé qu’elle quittait la coalition le mois dernier avant de revenir sur sa décision quelques jours plus tard, bien qu’elle ait voté contre le projet de loi sur la Cisjordanie cette semaine.

L’échec du vote sur le projet de loi a été considéré par beaucoup, y compris par le ministre de la Justice Gideon Saar, qui en était le fer de lance, comme un test pour savoir combien de temps la coalition pourrait tenir.

Zoabi a réaffirmé dans une interview accordée à la Douzième chaîne samedi qu’elle n’avait pas l’intention de démissionner de la Knesset.

« Les politiciens juifs de la coalition veulent nous utiliser comme des outils, ce sont Silman et Shaked qui démantèlent la coalition », a-t-elle déclaré.

La députée Meretz Ghaida Rinawie Zoabi, à gauche, parle avec le député Raam Mazen Ghanaim, à droite, pendant une discussion à la Knesset sur un projet de loi visant à renouveler l’application de certaines lois israéliennes aux résidents d’implantations, le 6 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Zoabi a affirmé que les ministres ont brisé le statu quo au sein de la coalition lorsqu’ils ont appuyé certains projets de loi de droite, pointant du doigt la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked et le député Yamina Nir Orbach. Elle a affirmé que Saar avait mis en garde les législateurs de gauche de la coalition contre un éventuel vote défavorable au projet de loi dit de Cisjordanie, les menaçant « de conséquences ».

« Je me trouve dans une situation où je n’ai pas confiance en certains des chefs de parti au sein de la coalition », a-t-elle déclaré. « J’ai essayé à plusieurs reprises d’aller dans leur sens mais je n’ai rien obtenu en retour. »

Samedi, Lapid s’en est pris avec vivacité à Netanyahu dans un post Facebook après que ce dernier a partagé un article affirmant que, dans le cadre de ses efforts pour faire revenir Rinawie Zoabi au bercail, Lapid avait accepté de repeupler deux villages arabes détruits en 1948.

Démentant les mises en cause du leader de l’opposition en évoquant des « mensonges éhontés », Lapid a ajouté « qu’il faut se pincer pour croire que cet homme a été un jour Premier ministre ».

La dernière menace pour la coalition serait maintenant Orbach, qui, selon les rumeurs qui ont pu circuler jeudi, pourrait potentiellement être le dernier en date à vouloir déserter le gouvernement.

Le député Yamina a publiquement démenti les informations persistantes laissant entendre qu’il négocierait avec Netanyahu son potentiel ralliement au Likud pour former un gouvernement alternatif. Mais des sources proches de Orbach ont déclaré aux médias israéliens qu’il étudiait cette possibilité.

Les députés Idit Silman, à droite, et Nir Orbach arrivent pour une réunion de la faction Yamina à la Knesset le 16 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La Douzième chaîne a rapporté vendredi qu’Orbach avait donné à Bennett un ultimatum le sommant de résoudre les problèmes rencontrés avec les deux députés de Meretz et de Raam d’ici d’une semaine, disant que, le cas échéant, il pourrait soutenir un vote de défiance envers le gouvernement.

Le député de droite est considéré comme un potentiel rebelle depuis quelques mois, et plus exactement depuis la défection de Silman ; il a lancé plusieurs ultimatums pour conserver son soutien au gouvernement.

Cette semaine, trois sondages ont montré que le bloc d’opposition de Netanyahu atteindrait 60 sièges sur les 120 que compte la Knesset si les élections avaient lieu aujourd’hui.

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