Des policiers attaqués dans des quartiers haredim ; 24 individus interpellés
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Des policiers attaqués dans des quartiers haredim ; 24 individus interpellés

Des foules ont lancé des projectiles sur la police à Modiin Illit et à Jérusalem lors d'une nouvelle soirée de violence

Des policiers arrêtent un manifestant lors d'un rassemblement contre l'application des règlements d'urgence dus au coronavirus, devant le quartier juif ultra-orthodoxe de Mea Shearim, à Jérusalem, le 5 octobre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Des policiers arrêtent un manifestant lors d'un rassemblement contre l'application des règlements d'urgence dus au coronavirus, devant le quartier juif ultra-orthodoxe de Mea Shearim, à Jérusalem, le 5 octobre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Des policiers qui tentaient de faire appliquer les directives du confinement dû au coronavirus ont rencontré une résistance farouche à Modiin Illit et Jérusalem dans la nuit de mardi à mercredi, dans une nouvelle flambée de violence entre la communauté et les autorités.

24 personnes ont été arrêtées dans les deux villes, et plusieurs autres ont été blessées, dont quatre officiers.

À Modiin Illit, une implantation de Cisjordanie en grande partie ultra-orthodoxe située près de Ramallah et qui compte quelque 75 000 personnes, la foule a lancé des pierres et tiré des feux d’artifice sur les officiers qui tentaient de disperser un office de prière de masse illégal organisé par la Faction antisioniste de Jérusalem, un mouvement extrémiste qui se heurte souvent à la police.

Alors que les forces de l’ordre tentaient par haut-parleurs de convaincre les fidèles de se disperser, des centaines d’habitants, dont des enfants, ont encerclé les véhicules de police.

Le groupe a bloqué les policiers en s’asseyant sur la route et a lancé des pierres et d’autres projectiles sur les agents, notamment des bouteilles et des couches sales, et tiré des feux d’artifice.

Des renforts ont été appelés. Quatre policiers ont été blessés au cours de l’opération, dont deux femmes qui ont eu besoin de soins médicaux, a déclaré la police.

Sept personnes ont été arrêtées, et un garçon de 11 ans a été hospitalisé pour une blessure à la tête.

Sur les images, on pouvait voir un habitant local criant à la police : « Fuyez, vous êtes une abomination. Animaux ! »

On pouvait également voir des policiers bousculant des manifestants.

https://twitter.com/kashkaVAL0/status/1313583890586624002

La police a également été attaquée dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem par des manifestants ultra-orthodoxes en colère, qui ont bloqué les routes avec des poubelles en feu et ont jeté des pierres et des objets métalliques sur les policiers.

Selon la police, 17 personnes ont été arrêtées pour avoir troublé l’ordre public et attaqué des officiers dans la capitale.

Un passant a été blessé par une pierre jetée par les manifestants.

La police s’est efforcée de réprimer les émeutes ultra-orthodoxes dans plusieurs villes ces derniers jours, alors que les factions radicales de la communauté résistent au confinement national, qui impose une réduction considérable des rassemblements festifs et des offices de prière.

Les ultra-orthodoxes ont vu les taux d’infection du coronavirus monter en flèche, une évaluation réalisée la semaine dernière ayant révélé que le taux d’infection dans la communauté était 2,5 fois supérieur à la moyenne nationale. La spirale des infections dans tout le pays a provoqué le confinement actuel, le deuxième cette année. Alors qu’il avait été initialement prévu de le lever à la fin des fêtes de Souccot, les autorités ont déclaré qu’il faudrait attendre au moins une semaine supplémentaire avant de voir tout assouplissement des restrictions.

Alors que divers groupes ultra-orthodoxes respectent les règles concernant le confinement et le port du masque, nombre d’autres ont continué à essayer d’organiser de larges rassemblements, défiant ainsi les efforts de la police.

La plupart des affrontements avec la police ces derniers jours ont été attribués à des groupes marginaux antisionistes.

Le directeur de la division d’urgence de la police, Morris Chen, a déclaré mercredi matin au radiodiffuseur public Kan « qu’une minorité viole ouvertement les règles. Les officiers viennent pour défendre la population et finissent par être attaqués ».

Les manifestants refusent régulièrement de s’identifier et bloquent les routes, a accusé Chen. « Les enfants jettent des pierres sur les policiers. Jusqu’où va-t-on s’abaisser ? »

La police a affronté des hommes et des enfants ultra-orthodoxes dans la ville centrale de Beit Shemesh mardi. Trois personnes arrêtées après que les officiers ont reçu des pierres et d’autres objets. La police a également été traitée de « nazie ».

Dans une vidéo de l’incident, on pouvait voir un officier recevoir un coup au visage avec ce qui semblait être une boîte de conserve. Un autre officier a levé le poing comme pour frapper un homme, alors que la scène dégénérait.

Dans une autre vidéo, de jeunes enfants ultra-orthodoxes attaquaient une voiture transportant un soldat. Dans cette vidéo, on pouvait voir les enfants lancer des pierres sur la voiture, briser ses vitres, tandis que des adultes les regardaient et semblaient les encourager.

La police a déclaré lundi avoir arrêté 18 personnes pendant la nuit précédente à Jérusalem pour trouble de l’ordre et jets de pierres sur des officiers lors d’une opération visant à faire respecter la réglementation du confinement dans les quartiers haredim de la ville.

Des affrontements ont également eu lieu dans la ville largement ultra-orthodoxe de Bnei Brak et dans l’implantation haredi de Beitar Illit.

Le gouvernement a approuvé mardi dernier une prolongation d’une semaine des réglementations restreignant fortement les manifestations et les prières en intérieur pendant la période de confinement.

Les critiques à l’encontre de la communauté ultra-orthodoxe se sont renforcées ces derniers jours, avec une multiplication de vidéos montrant un refus continu en son sein de se conformer aux règles de confinement, alors que le reste du pays voit ses libertés fortement réduites.

Les critiques ont également accusé la police d’être réticente à sévir contre les ultra-orthodoxes, tandis que d’autres ont accusé les officiers de faire un usage excessif de la force contre les manifestants et les militants anti-gouvernementaux qui organisent régulièrement des rassemblements.

Lundi, des images montrant des milliers de gens en deuil lors des funérailles d’un rabbin à Ashdod ont suscité une colère générale, d’autant plus que la police n’aurait rien fait pour empêcher ce rassemblement de masse.

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