Israël en guerre - Jour 144

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Des réservistes réclament des élections anticipées suite aux divisions de 2023

Signé par plus de 1 300 réservistes démobilisés, Tikkun 2024 insiste sur le fait que seul un gouvernement regroupant toutes les factions sionistes sera en mesure de "vaincre l'ennemi"

Des réservistes du Corps d’Infanterie de l’armée israélienne lors d'un entraînement aux armes légères dans le nord du plateau du Golan avant de se diriger vers la bande de Gaza, le 8 octobre 2023. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)
Des réservistes du Corps d’Infanterie de l’armée israélienne lors d'un entraînement aux armes légères dans le nord du plateau du Golan avant de se diriger vers la bande de Gaza, le 8 octobre 2023. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Une organisation affirmant représenter des milliers de réservistes de l’armée israélienne issus de tous les horizons politiques a commencé à faire pression en faveur de la formation d’un gouvernement d’union nationale, qui serait suivi d’élections législatives anticipées confiant le gouvernement à une large coalition, afin d’endiguer les dissensions politiques.

Dans une lettre signée par plus de 1 300 réservistes récemment démobilisés, le groupe d’activistes baptisé « Tikkun 2024 » (« Réparation 2024 ») a exhorté les députés à signer leur manifeste exigeant que « tous les partis sionistes » rejettent « la culture du boycott » et rejoignent la coalition jusqu’à ce que de nouvelles élections puissent être organisées plus tard dans l’année.

« Nous nous sommes battus pour notre foyer, au front et à l’arrière, et nous avons traversé ensemble l’une des périodes les plus difficiles que le pays ait jamais connues », explique le manifeste, insistant sur le fait que tous les législateurs actuels « assument personnellement la responsabilité de l’extrémisme du discours [général] au cours de l’année écoulée ».

« Il n’y a qu’un seul camp, et c’est le camp israélien », poursuit le manifeste, qui appelle à l’élargissement du cabinet de sécurité restreint et affirme que seul un gouvernement composé de toutes les factions sionistes « sera en mesure de réunir le peuple, de vaincre l’ennemi, de ramener les otages et de rétablir une sécurité totale pour tous les citoyens d’Israël ».

À la suite de nouvelles élections législatives, un gouvernement élargi composé « en son sein » des « trois principaux partis choisis à droite, à gauche et au centre de l’éventail politique » doit prendre le pouvoir et mettre en place une commission d’enquête d’État « pour enquêter sur les systèmes sécuritaire, politique et public depuis au moins une décennie », dont les conclusions seront publiées dans un délai de six mois à compter de sa création, poursuit Tikkun 2024.

L’organisation, dont le financement n’est pas précisé, n’a pas appelé à la démission du Premier ministre Benjamin Netanyahu, malgré sa baisse de popularité.

La police israélienne utilisant un canon à eau pour disperser les manifestants qui bloquent une route lors d’un rassemblement contre les plans du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu visant à remanier le système judiciaire, à Jérusalem, le 24 juillet 2023. (Crédit : Mahmoud Illean/AP Photo)

Le co-fondateur du groupe est Matan Yaffe, un entrepreneur social qui avait précédemment lancé une organisation consacrée à l’autonomisation des Bédouins dans le Néguev israélien. En novembre, Yaffe a brièvement fait les gros titres lorsqu’il a tweeté que le moral des réservistes baissait rapidement, blâmant le manque de leadership général, et Netanyahu en particulier.

« Même si nous battons le [groupe terroriste palestinien du] Hamas, et je suis certain que nous y parviendrons, ce ne sera pas grâce aux nuls au pouvoir », avait-il écrit alors sur X, ce qui lui avait valu une réprimande publique de Tsahal.

Le gouvernement actuel a remplacé une large, mais éphémère coalition de partis de droite, de centre et de gauche, dont le parti arabe islamiste Raam, qui semble correspondre à la vision de Tikkun 2024. Pendant une grande partie de l’année 2023, le gouvernement de droite de Netanyahu a poursuivi un programme visant à remodeler radicalement le système judiciaire, suscitant des protestations de masse sans précédent, une division généralisée de la société et des inquiétudes quant à la capacité d’Israël à rester une démocratie.

Un sondage de la Douzième chaîne diffusé dimanche indique que l’opposition actuelle, ainsi que le parti HaMahane HaMamlahti de Benny Gantz (anciennement dans l’opposition mais aujourd’hui membre du gouvernement d’urgence), pourraient obtenir 75 des 120 sièges de la Knesset si les élections avaient lieu aujourd’hui, le bloc fidèle au Premier ministre Benjamin Netanyahu se situant loin derrière avec 45 sièges.

À la suite d’une réunion avec des représentants du groupe, le député de droite Simcha Rothman (HaTzionout HaDatit), l’un des deux principaux architectes du plan de refonte du système judiciaire largement controversé du gouvernement, a écrit sur X que leur plan était « intéressant », et que bien qu’il considère certaines de ses idées comme erronées, « il y a des parties de ce plan que je soutiens assurément ».

Après la réunion, Yaffe s’est vanté d’être le seul groupe à savoir comment réunir Rothman et Shikma Bressler, l’une des chefs de file des manifestations anti-gouvernement de l’année dernière, qui a également rencontré le groupe Tikkun 2024.

Yaffe a précisé qu’ils avaient discuté de « la manière de sortir Israël de la boue politique ».

Les représentants ont également rencontré le ministre Miki Zohar (Likud) et le député d’extrême-droite Zvi Sukkot (HaTzionout HaDatit). Il n’était pas clair s’ils avaient rencontré des députés du centre ou de l’aile gauche politique.

Tikkun 2024 s’est engagé, sur les réseaux sociaux, à « continuer à agir et à rencontrer des dirigeants et des hommes politiques, de droite et de gauche, afin d’empêcher la détérioration de la société israélienne et de tracer la voie d’un vaste gouvernement de réforme qui gagnera la confiance du peuple ».

Le message a été retweeté par l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, qui a également rencontré le groupe.

À la suite de l’attaque du Hamas le 7 octobre, au cours de laquelle plus de 1 200 Israéliens ont été tués et 253 otages ont été emmenés de force à Gaza, HaMahane HaMamlahti, a rejoint le gouvernement, mais de nombreux partis sont restés dans l’opposition et des fractures ont commencé à apparaître au sein de la coalition au cours des quatre derniers mois de la guerre.

Les manifestations anti-gouvernement se sont largement estompées au lendemain du massacre du 7 octobre, mais la confiance dans le gouvernement n’a cessé de fléchir au cours des derniers mois, les sondages ne montrant qu’une petite minorité favorable à ce que le gouvernement actuel reste au pouvoir une fois les combats terminés.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, 2e à gauche, dirigeant la réunion hebdomadaire du cabinet au ministère de la Défense, à Tel Aviv, le 7 janvier 2024. (Crédit : Ronen Zvulun/AFP)

Les partis d’opposition ont déposé plusieurs motions de censure contre Netanyahu à la Knesset, tandis que les partisans de la ligne radicale au sein de la coalition ont indiqué qu’ils pourraient renverser le gouvernement s’il acceptait l’accord sur les otages récemment proposé.

Les tensions au sein du cabinet de Netanyahu ont augmenté au point que le Premier ministre a déclaré que les membres du cabinet et les hauts fonctionnaires participant aux discussions sur les questions de sécurité nationale devraient être contraints de se soumettre à des tests au polygraphe afin d’empêcher les fuites dans la presse.

Depuis le début des hostilités, l’armée israélienne a mobilisé un total de 287 000 réservistes, ce qui représente le plus grand nombre jamais appelés dans l’histoire d’Israël. Nombre d’entre eux ont déjà été libérés de leurs obligations, mais on s’attend à ce que certains soient rappelés alors que les combats se poursuivent à Gaza et que la guerre menace à la frontière septentrionale.

Alors que Tikkun 2024 a appelé à l’unité nationale, un autre groupe de réservistes a récemment lancé un mouvement de protestation exigeant une plus grande fermeté à l’égard du groupe terroriste palestinien du Hamas et l’occupation permanente d’une partie du territoire de Gaza. Ce mouvement reflète la frustration croissante de la droite israélienne face à l’incapacité perçue de Jérusalem à atteindre l’objectif initial de la guerre : démanteler le groupe terroriste du Hamas et renverser le régime qu’il a mis en place depuis sa prise de contrôle de la bande de Gaza, en 2007.

Par ailleurs, les partis d’opposition ont semblé soutenir les appels lancés à Israël pour qu’il accepte un accord qui interromprait les combats afin de permettre la libération d’otages en échange de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, même si cela laisserait le Hamas indemne.

Canaan Lidor et Emanuel Fabian ont contribué à cet article.

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