Des tirs de roquettes massifs rompent les brèves heures de répit de la nuit
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Des tirs de roquettes massifs rompent les brèves heures de répit de la nuit

Les attaques ont repris après six heures de calme ; les écoles du sud du pays sont fermées et le cabinet devrait se réunir pour évaluer la situation

Des missiles israéliens lancés par le système de défense Dôme de Fer, conçu pour intercepter et détruire des roquettes de courte portée et des obus de mortier, au dessus de Gaza City, le 12 novembre 2019 (Crédit : BASHAR TALEB / AFP)
Des missiles israéliens lancés par le système de défense Dôme de Fer, conçu pour intercepter et détruire des roquettes de courte portée et des obus de mortier, au dessus de Gaza City, le 12 novembre 2019 (Crédit : BASHAR TALEB / AFP)

Le Jihad islamique palestinien et les autres groupes terroristes de la bande de Gaza ont recommencé à tirer des roquettes vers le sud et le centre d’Israël mercredi, après l’aube, rompant quelques heures de répit précaire. Le système du Dôme de fer a intercepté plusieurs projectiles. Il n’y aurait pour le moment ni blessés, ni dégâts à déplorer.

Les sirènes ont résonné dans le sud d’Israël puis, plus tard, dans le centre du pays, à proximité de Latrun et de Beit Shemesh. Les habitants ont fait état de fortes explosions, les intercepteurs du Dôme de fer abattant les roquettes.

Une autre salve venant de Gaza a pris pour cible la ville de Netivot, dans le sud. Aucun blessé ni dommage n’a encore été signalé pour le moment.

C’est l’assassinat ciblé qui a été commis par Israël, mardi avant l’aube, d’un haut-commandant du Jihad islamique, un groupe terroriste, qui a entraîné le lancement de plus de 220 roquettes depuis l’enclave côtière, ont expliqué les militaires.

Depuis mardi, deux personnes, au sein de l’Etat juif, ont été blessées directement par des tirs de roquettes, les deux présentant des blessures légères causées par des éclats d’obus.

De plus, 23 autres personnes ont été légèrement touchées après avoir chuté alors qu’elles se précipitaient vers les abris antiaériens, et 23 Israéliens ont été pris en charge pour des crises de panique ou pour des « symptômes liés au stress » en raison des frappes, ont fait savoir les services du Magen David Adom.

Une fillette de huit ans s’est soudainement écroulée, en proie à une attaque cardiaque, alors qu’elle se réfugiait dans un abri antiaérien pendant une attaque à la roquette dans la ville de Holon. Elle se trouvait encore dans un état grave mercredi matin.

Mercredi matin, l’armée israélienne a fait savoir qu’elle avait pris pour cible un groupe de terroristes qui tentaient de lancer des roquettes vers l’Etat juif. Les Palestiniens ont rapporté que deux personnes avaient été tuées lors de frappes israéliennes, qui ont fait aussi deux blessés. Le bilan des morts à Gaza, mercredi matin, s’élevait à 12 personnes.

Onze des Palestiniens qui ont été tués ont été identifiés comme étant membres du Jihad islamique palestinien et des brigades des martyrs Al-Aqsa par les groupes terroristes.

Ces tirs de roquettes de mercredi matin sont survenus après un bref répit de six heures, pendant lequel aucun projectile n’a été lancé. Il n’y aurait pas eu non plus de frappes militaires dans cet intervalle de temps.

Des étudiants israéliens marchent devant une batterie du système de défense antimissiles du Dôme de fer, chargé d’intercepter et de détruire les roquettes à courte-portée et les obus d’artillerie dans la ville d’Ashdod, dans le sud d’Israël, près de la bande de Gaza, le 12 novembre 2019 (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

L’armée israélienne a lancé sa campagne d’attaques de représailles – majoritairement contre les brigades responsables des tirs de roquettes – dans l’après-midi de mardi, après approximativement six heures de frappes à la roquette sur le sud et le centre d’Israël.

Ce renouvellement de violences est survenu alors que le Jihad islamique a juré de venger l’assassinat d’Abu al-Ata. De hauts responsables du Jihad islamique ont expliqué mardi soir que la « vraie réponse » à l’élimination d’Abu Al-Ata était encore à venir.

« Les prochaines heures parleront d’elles-mêmes », a commenté le porte-parole du Jihad islamique, Musab al-Breim, auprès du site d’information Palestine Today, lié au groupe terroriste.

Il n’y a eu aucune déclaration sur un éventuel cessez-le-feu des deux côtés, même si les responsables égyptiens et de l’ONU auraient poussé à la conclusion d’une trêve, mardi soir.

Israël s’est abstenu, de manière notable, de mener des attaques contre le groupe terroriste du Hamas, qui gouverne de facto la bande de Gaza. En général, le modus-operandi de Tsahal a toujours été de frapper des cibles du Hamas en réponse à toute violence émanant de la bande, considérant que le groupe terroriste est souverain au sein de l’enclave.

Le porte-parole de l’armée israélienne, Jonathan Conricus, a indiqué qu’Israël avait envoyé des messages au Hamas via des intermédiaires, recommandant vivement au groupe terroriste de ne pas prendre part à ces affrontements. Tsahal a fait savoir que les militaires avaient précisé que les cibles du Hamas seraient épargnées en échange.

« Nous contrôlons les activités du Hamas et nous nous conduirons en conséquence », a dit Conricus mardi.

Des responsables égyptiens qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat ont signalé que le Caire tentait de venir à bout de l’escalade des tensions entre l’Etat juif et les groupes terroristes. Ils ont ajouté que les services des renseignements généraux égyptiens avaient renforcé la communication et les « canaux ouverts » avec les Etats-Unis et l’Union européenne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le ministre de la Défense Naftali Bennett, 2è à gauche, rencontrent des chefs militaires à Tel Aviv, le 12 novembre 2019 (Crédit : Haim Tzach/GPO)

Au cours de l’année passée, les services de renseignements égyptiens comme le coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, ont été impliqués dans les négociations informelles de cessez-le-feu entre Israël et les groupes terroristes de Gaza.

Les écoles du sud d’Israël – et jusqu’à la ville de Rehovot, pourtant éloignée de Gaza – ont reçu l’ordre de rester fermées mercredi. Sont notamment concernées les villes d’Ashkelon, d’Ashdod, de Beer Sheva et de Yavne. Des centaines de milliers d’élèves resteront donc chez eux aujourd’hui.

Mais le commandement intérieur a fait savoir à une heure avancée de la soirée de mardi qu’il n’y avait pas de restrictions empêchant le fonctionnement habituel des écoles et des entreprises dans la zone métropolitaine de Tel Aviv et de la région de Shfela, après l’annulation des cours et la fermeture temporaire des entreprises non indispensables pour la toute première fois à Tel Aviv depuis la guerre du Golfe de 1990.

Des missiles israéliens lancés par le système de défense Dôme de Fer, conçu pour intercepter et détruire des roquettes de courte portée et des obus de mortier, au dessus de Netivot,, le 12 novembre 2019 (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)

Conformément aux ordres donnés par le Commandement intérieur, les rassemblements de plus de 100 personnes n’ont été autorisés que dans des lieux clos dans les secteurs voisins de Gaza, notamment dans l’enveloppe de l’enclave et dans les régions de l’ouest et du centre du Néguev, de Lachishdet de Shfela.

Dans la métropole de Tel Aviv, la même ordonnance concerne les réunions de plus de 300 personnes.

Les hôpitaux et les autres services d’urgence israéliens ont été placés en état d’alerte élevé au vu des frappes à la roquette.

L’aéroport Ben Gurion a fonctionné normalement.

Ziyad al-Thabet, vice-ministre du ministère de l’Education dirigé par le Hamas, a fait savoir au site d’information al-Rai, lié au Hamas, qu’il avait été décidé que les écoles seraient également fermées à Gaza mercredi.

Le cabinet de sécurité s’est réuni mardi soir pour discuter de la situation et des actions israéliennes à mettre en place. Une nouvelle rencontre devrait avoir lieu mercredi matin.

La place Habima à Tel Aviv, habituellement bondée, construite au-dessus du plus grand refuge antiaérien de la ville, vide dans l’après midi du 12 novembre 2019 (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

Mardi matin, aux premières heures de l’aube, l’aviation israélienne avait largué des munitions de précisions dans le secteur de Shejaiya, dans la ville de Gaza, où se trouvait Abu al-Ata dans une opération conjointe avec le Shin Bet.

Le commandant et son épouse avaient été tués dans cette frappe.

Selon l’armée israélienne, Abu Al-Ata était le plus haut commandant du Jihad islamique dans la bande de Gaza et était à l’origine des frappes à la roquette et des attaques frontalières les plus significatives commises depuis l’enclave côtière, ces derniers mois. D’autres frappes du groupe terroriste étaient prévues.

L’Etat juif le considérait également comme le principal obstacle à l’établissement d’un accord de cessez-le-feu à long terme avec le Hamas et d’autres groupes terroristes de la bande.

Peu après l’assassinat d’Abu al-Ata, le Jihad islamique avait commencé à lancer des douzaines de roquettes à courte et longue portée vers les communautés israéliennes situées autour de la bande de Gaza. Un moindre nombre avait été envoyé vers des villes majeures du centre du pays pendant toute la matinée.

Des douzaines de projectiles ont été abattus par les soldats en charge du système de défense antiaérienne antimissile du Dôme de fer, ce qui représente un taux d’interception de 90 % des roquettes tirées vers les zones peuplées, ont fait savoir les militaires.

Les 10 % restants ont touché des habitations, des entreprises et des routes, entraînant des dégâts significatifs mais relativement peu de blessés.

En réponse, Tsahal a fait savoir que ses avions, ses hélicoptères et autres aéronefs avaient ciblé « des complexes d’entraînement, notamment un site utilisé par l’unité de commando naval du Jihad islamique, le puits d’un tunnel terroriste d’attaque dans le nord de la bande de Gaza et un site où un tunnel est creusé dans le centre de l’enclave ».

Les militaires ont également visé plusieurs structures souterraines utilisées pour la fabrication et le stockage d’armes et des postes d’observation dans trois séries distinctes de frappes.

Ces sites – en particulier les sites souterrains – sont considérés comme des structures déterminantes pour le Jihad islamique, dans lesquels le groupe terroriste a investi beaucoup d’argent.

Des pompiers israéliens s’emploient à éteindre un incendie dans une usine de Sderot, causé par une roquette tirée depuis la bande de Gaza, le 12 novembre 2019. (Flash90)

Israël et Gaza ont connu plusieurs séries d’affrontements sporadiques au cours des deux dernières années alors que les deux parties tentaient de mettre en place un cessez-le-feu à long terme.

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