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Des universitaires américains se rétractent après avoir critiqué Israël

Un professeur explique pourquoi il s'est dit "exalté" par l'attaque du Hamas, une scientifique est "profondément désolée" d'avoir qualifié les Israéliens de "porcs"

Russell Rickford, professeur à l'Université Cornell, lors d'un rassemblement pro-palestinien,  à Ithaca Commons, le 15 octobre 2023. (Crédit : Capture d'écran du Cornell Daily Sun ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d'auteur)
Russell Rickford, professeur à l'Université Cornell, lors d'un rassemblement pro-palestinien, à Ithaca Commons, le 15 octobre 2023. (Crédit : Capture d'écran du Cornell Daily Sun ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d'auteur)

JTA – Un professeur de l’Université de Cornell s’est excusé après avoir déclaré lors d’un rassemblement qu’il était « exalté » par l’attaque terroriste du groupe terroriste palestinien du Hamas contre Israël, dans le dernier exemple en date de professeurs d’universités américaines pris dans une rhétorique enflammée sur Israël et Gaza sur les campus universitaires.

Les excuses de Russell Rickford, professeur d’histoire, ont été publiées le même jour que celles d’une autre professeure de l’Université de Chicago pour ses propres commentaires anti-Israël sur les réseaux sociaux.

Ces deux excuses semblent avoir été motivées par les condamnations des doyens de leurs universités respectives, alors que des donateurs ont retiré leur soutien à d’autres universités d’élite en raison de leur incapacité à condamner suffisamment ou rapidement les attentats.

Au cours des deux semaines qui ont suivi le massacre, plusieurs autres professeurs ont fait des commentaires perçus comme anti-Israël ou pro-Hamas, et certains ont dû, en conséquence, faire face à des campagnes de pression publique. Des étudiants de Harvard, de l’Université de New York et de l’Université de Columbia qui ont signé des déclarations anti-Israël au lendemain des attaques barbares du Hamas ont également vu leurs offres d’emploi annulées et, dans certains cas, leurs noms diffusés dans le cadre de campagnes de divulgation de données personnelles – ou doxxing – menées par des groupes pro-Israël.

« Je présente mes excuses pour l’horrible choix des mots que j’ai utilisés dans une partie de mon discours qui visait à souligner les traditions populaires afro-américaines, juives et palestiniennes de résistance à l’oppression », a écrit Rickford dans une déclaration publiée dans le journal du campus, le Cornell Daily Sun. « Je reconnais que certains des termes que j’ai utilisés étaient répréhensibles et ne reflétaient pas mes valeurs. »

Rickford a fait ses premiers commentaires lors d’un rassemblement pro-palestinien organisé le 15 octobre sur le campus d’Ithaca, dans l’État de New York. Debout devant des banderoles affirmant que l’anti-sionisme n’est pas de l’antisémitisme, il a annoncé que « le Hamas a remis en cause le monopole de la violence » et « modifié l’équilibre des forces », en référence aux attaques du groupe terroriste du 7 octobre qui ont massacré plus de 1 400 Israéliens, pour la plupart des civils, en ont blessé des milliers d’autres et ont pris au moins 210 otages.

« C’était exaltant. C’était revigorant ! »

Affirmant que même les « Palestiniens de conscience » étaient « capables de respirer pour la première fois depuis des années », Rickford a poursuivi. « Et s’ils n’étaient pas exaltés par cette remise en cause du monopole de la violence, par ce changement de l’équilibre des forces, alors ils ne seraient pas humains. J’étais exalté. »

Dans un premier temps, Rickford avait défendu ses propos contre les critiques des étudiants juifs et israéliens, expliquant qu’il faisait référence à « ces premières heures », lorsque les terroristes du Hamas ont franchi pour la première fois la barrière de Gaza et avant que l’ampleur de leurs attaques contre les Israéliens ne soit relayée.

« Dans ce contexte, cet acte de défi, qui consistait à franchir le mur, était un symbole important », a-t-il déclaré au Daily Sun. « Il indiquait réellement que la volonté de résistance des Palestiniens n’avait pas été brisée. Dans les jours qui ont suivi, nous avons appris certaines des horribles réalités. »

Mais l’opposition s’est également manifestée aux plus hauts niveaux de l’administration de Cornell. Le président et le conseil d’administration de l’université ont sévèrement condamné les propos de Rickford dans deux déclarations.

« Il s’agit d’un commentaire répréhensible qui ne témoigne d’aucune considération pour l’humanité », ont déclaré mardi la présidente Martha Pollack et le président du conseil d’administration Kraig Kayser dans un communiqué qui cite spécifiquement Rickford et laisse entendre que l’administration pourrait envisager de prendre des mesures disciplinaires à son encontre. Cette déclaration faisait suite à un communiqué antérieur de Pollack qui ne nommait pas Rickford mais qui déclarait : « Je suis écoeurée par les déclarations glorifiant la méchanceté du terrorisme du Hamas. Les membres de notre communauté qui ont fait de telles déclarations ne parlent pas au nom de Cornell ; a contrario, ils s’opposent directement à tout ce que nous représentons à Cornell. »

Les excuses de Rickford ne précisent pas pour quelle partie de son discours il s’excuse. Selon le Daily Sun, le professeur a un passé d’activiste pro-palestinien, notamment lors de rassemblements de protestation contre le racisme, entre autres.

La sénatrice Kirsten Gillibrand, Démocrate de New York, s’exprimant à l’Onondaga Community College de Syracuse, à New York, le 27 octobre 2022. (Crédit : Manuel Balce Ceneta/AP Photo/Dossier)

La sénatrice Kirsten Gillibrand et la représentante Claudia Tenney ont toutes deux déclaré vendredi qu’elles pensaient que Cornell devait renvoyer Rickford. « En tant que personne d’autorité dans un établissement d’enseignement, célébrer le meurtre, le viol, l’enlèvement et le massacre d’enfants, justifie, selon moi, qu’il soit licencié », a déclaré Gillibrand à CNY Central. Tenney a formulé cette demande dans une lettre adressée à Pollack, qu’elle a également rendue publique.

Le jour des excuses de Rickford, Mika Tosca, une climatologue et professeure à l’École de l’Institut d’art de Chicago (SAIC), s’est également excusée pour une publication sur Instagram.

« Les Israéliens sont des porcs. Des sauvages. Des gens très très mauvais. Des excréments irrécupérables », avait écrit Tosca mardi, neuf jours après le massacre et en pleine campagne de bombardements israéliens à Gaza, selon une capture d’écran partagée par le New York Post.

« La propagande a été carrément diabolique. Après la semaine écoulée, si vous n’avez pas les yeux ouverts sur les crimes contre l’humanité qu’Israël commet [aujourd’hui], depuis des décennies, et qu’il continuera à commettre, alors je vous suggère de les ouvrir. »

« Qu’ils pourrissent tous en enfer », conclut-elle.

Son message, comme celui de Rickford, a suscité une dénonciation de la part de son employeur. « Un membre de notre communauté a exprimé des opinions sur son compte personnel de réseau social – des opinions qui ne reflètent pas l’école ni les valeurs que nous partageons en tant que communauté – causant de la détresse parmi les personnes à l’intérieur et à l’extérieur de notre campus », a écrit la présidente du SAIC, Elissa Tenny, dans une déclaration mercredi. « L’école de l’Institut d’art de Chicago rejette ces opinions haineuses et je tiens à clarifier nos valeurs en tant que communauté éducative. »

Dr. Mika Tosca, professeure associée à l’École de l’Institut d’art de Chicago, durant l’été 2019. (Crédit : Wikimedia CC BY-SA)

Dans de longues excuses postées sur Instagram le même jour, Tosca a déclaré qu’elle était « profondément désolée » d’avoir écrit ce qu’elle a écrit.

« Je suis particulièrement désolée pour les Israéliens que j’ai largement placés en faute pour la guerre », a-t-elle poursuivi. « Vous n’avez pas mérité cela, et vous ne le méritez pas, et j’ai eu tort de publier ce que j’ai publié ; je sais que mes mots ont perpétué des stéréotypes nuisibles. »

Les excuses de Rickford et de Tosca interviennent alors que des professeurs d’universités de tout le pays ont publié des déclarations incendiaires sur Israël. Zareen Grewal, professeure d’études américaines à l’Université de Yale, a tweeté le jour des attaques du Hamas « qu’Israël est un État colonisateur meurtrier et génocidaire et que les Palestiniens ont tout à fait le droit de résister par la lutte armée et la solidarité ». Une pétition en ligne lancée par la famille d’un étudiant juif de Yale pour faire pression sur l’université afin qu’elle renvoie la professeure a recueilli plus de 53 000 signatures, mais l’université n’a pas commenté les déclarations de la professeure.

Une autre professeure d’études américaines, Jemma Decristo, de l’Université de Californie à Davis, a semblé menacer les « journalistes sionistes » sur les réseaux sociaux. Decristo aurait posté le 10 octobre sur X : « Un groupe de personnes auquel nous avons facilement accès aux États-Unis, ce sont tous ces journalistes sionistes qui diffusent de la propagande et de la désinformation. Ils ont des maisons, des adresses, des enfants à l’école. » Elle conclue par des émojis de machette, de hache et de goutte de sang. « Ils peuvent craindre leurs patrons, mais ils devraient nous craindre davantage », a-t-elle écrit.

Decristo a rendu ses comptes de réseaux sociaux privés depuis que des captures d’écran du message ont commencé à se répandre jeudi. L’Université de Californie à Davis n’a pas encore répondu au message, bien que la page du personnel de Decristo n’était plus visible jeudi. Le doyen a publié une déclaration de soutien à « nos communautés juives et musulmanes » le même jour que le message de Decristo.

L’Université de Columbia est également très divisée sur la réponse à apporter à Joseph Massad, professeur titulaire d’études sur le Moyen-Orient, qui a écrit un article pour le site web anti-sioniste Electronic Intifada le lendemain des attaques sanglantes du groupe terroriste palestinien, les décrivant comme « ingénieuses », une « réalisation majeure » et une source de « jubilation et d’effroi ».

Une pétition lancée par les étudiants pour le renvoi de Massad aurait recueilli 47 000 signatures cette semaine; en réponse, plusieurs centaines d’étudiants, de professeurs, d’anciens étudiants et « d’affiliés » de l’université ont signé une lettre ouverte soutenant la « liberté académique » de Massad.

Columbia fait également partie des quelques universités où les organisations étudiantes ont signé des lettres accusant Israël d’être responsable des attaques du Hamas, et la semaine dernière, l’université a été le théâtre d’une agression contre un étudiant israélien.

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