Des villages et des champs palestiniens vandalisés
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Des villages et des champs palestiniens vandalisés

Des pneus crevés et des bâtiments tagués en hébreu par des extrémistes juifs présumés dans un contexte d'actions hostiles entre Israéliens et Palestiniens en Cisjordanie

"Les Juifs ne gardent pas le silence" écrit à la bombe en hébreu dans le village palestinien de Husan, au centre de la Cisjordanie, le 1er juin 2018 (Autorisation : Yesh Din)
"Les Juifs ne gardent pas le silence" écrit à la bombe en hébreu dans le village palestinien de Husan, au centre de la Cisjordanie, le 1er juin 2018 (Autorisation : Yesh Din)

Des biens ont été détruits et des graffitis incendiaires en hébreu ont été tagués dans deux villages palestiniens pendant la nuit, dans ce qui semble être le dernier incident en date marquant une vague récente de crimes de haine attribués à des habitants d’implantation juifs extrémistes en Cisjordanie, ont déclaré des militants vendredi.

Le groupe israélien de défense des droits de l’Homme Yesh Din a diffusé des images enregistrées par des caméras de surveillance montrant des voyous non-identifiés en train de crever des pneus et d’écrire des graffitis à la peinture à la bombe sur les murs d’un certain nombre de bâtiments dans le village de Husan, à proximité de l’implantation de Beitar Illit, en Cisjordanie.

Les résidents locaux ont découvert les mots « Les Juifs ne gardent pas le silence » et « Husan éduque des jeteurs de pierres », peints sur un entrepôt et plusieurs habitations vendredi matin.

Dans un incident séparé, Yesh Din a annoncé que 40 ceps de vigne appartenant à un agriculteur palestinien de la ville d’Ein Samia, dans le centre de la Cisjordanie, avaient été incendiés dans la nuit de jeudi. Les attaquants ont écrit « Salutations d’Esh Kodesh », une implantation israélienne voisine, dans le vignoble.

Selon Yesh Din, les attaques de jeudi font s’élever le nombre de crimes de haine anti-arabes commis en Cisjordanie et à Jérusalem-Est à 20 au cours des deux derniers mois.

Les incendies et les actes de vandalisme commis contre les Palestiniens par des Juifs ultra-nationalistes en Cisjordanie sont souvent appelés des « attaques de type prix à payer » et ils sont ostensiblement commis en riposte à des violences palestiniennes ou à des politiques mises en oeuvre par le gouvernement et perçues comme hostiles envers le mouvement pro-implantations. Des mosquées, des églises, des groupes pacifistes israéliens et même des bases militaires ont été prises pour cible par ces agresseurs d’extrême-droite ces dernières années.

Le mois dernier, le Shin Bet a fait savoir que les attaques nationalistes juives contre les Palestiniens ont brusquement augmenté en 2018 par rapport à l’année précédente. L’agence de sécurité a noté que pour les quatre premiers mois de 2018, elle avait enregistré 13 attaques de type « prix à payer » contre seulement huit incidents pour toute l’année 2017.

Une pierre dans un vignoble palestinien situé à proximité de Ramallah pris pour cible lors d’un apparent crime de haine, avec écrit la phrase en hébreu « Salutations d’Esh Kodesh », le 29 mai 2018 (Crédit : Iyad Haddad/BTselem)

Parmi des récentes attaques menées contre les Palestiniens, l’abattage d’un verger d’oliviers, l’incendie d’une mosquée, des pierres jetées dans des vitres de voitures, des pneus crevés et des graffitis appelant au meurtre des Arabes.

Dimanche dernier, environ 100 ceps de vignes ont été détruits dans un village palestinien situé à proximité de Ramallah, un acte de vandalisme accompagné du message « Salutations d’Esh Kodesh ». Quelques jours auparavant, des agriculteurs palestiniens du village de Bani Naim, à proximité de Hébron, avaient déploré des dégâts répétés à leurs vignobles et s’étaient adressés à la police.

Les habitants israéliens d’implantations en Cisjordanie ont également subi des dommages lors d’un certain nombre d’incidents attribués aux Palestiniens. Au début du mois de mai, 150 ceps de vigne appartenant à l’implantation de Tomer, dans la vallée du Jourdain, avaient été abattus et les vergers de cerisiers de Kfar Etzion avaient été incendiés. Les résidents des deux communautés avaient déclaré que les Palestiniens des villages voisins étaient responsables des dégâts.

La semaine dernière, les agriculteurs israéliens de l’implantation de Shiloh ont accusé les Palestiniens du village avoisinant de Qusra d’avoir vandalisé leurs vignobles de manière répétée. Selon les résidents, des centaines de ceps de vigne ont été détruits la semaine dernière.

La police a déclaré avoir ouvert une enquête sur ces multiples incidents. Il n’y aurait eu aucune arrestation pour le moment.

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