Deux manifestants blessés à Gaza auraient perdu leurs jambes
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Deux manifestants blessés à Gaza auraient perdu leurs jambes

Un transfert des 2 hommes à l'hôpital de Ramallah – ce qui les aurait sauvés – n’a pas été autorisé car leurs blessures résultaient de leur présence à des manifestations violentes

Photo d’illustration : un manifestant palestinien blessé est porté par des manifestants lors d'affrontements avec les forces de sécurité israéliennes près de la frontière avec Israël, à l'est de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 6 avril 2018 (AFP / Said Khatib)
Photo d’illustration : un manifestant palestinien blessé est porté par des manifestants lors d'affrontements avec les forces de sécurité israéliennes près de la frontière avec Israël, à l'est de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 6 avril 2018 (AFP / Said Khatib)

Les médecins de la bande de Gaza ont été contraints d’amputer les jambes de deux Palestiniens blessés dans des affrontements frontaliers avec les forces israéliennes, après qu’Israël ait refusé d’autoriser leur transfert dans un hôpital en Cisjordanie, ont indiqué deux ONG de gauche.

Les organisations Adalah et Al Mezan ont déclaré que Yousef Karnaz, 20 ans, et Mohammad Al-Ajouri, 17 ans, ont été blessés par balles alors que des dizaines de milliers de Gazaouis convergeaient vers la frontière avec Israël le 30 mars dernier pour la première marche d’une série de manifestations prévues qui ont conduit à des confrontations violentes.

Les organisations ont déclaré que les médecins de Gaza n’avaient pas l’équipement adéquat pour pouvoir traiter les deux hommes. Les organisations ont déposé un recours dimanche devant le plus haut tribunal israélien, exigeant que les autorités les autorisent à quitter la bande pour pouvoir être soignés d’urgence dans un hôpital de Ramallah mieux équipé qui leur permettrait de garder leurs jambes.

Le recours a été émis après qu’une demande antérieure au Coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), l’organe israélien responsable de la coordination avec les Palestiniens, a été ignorée, ont indiqué les organisations dans un communiqué.

Lundi, la Cour suprême avait donné trois jours à l’Etat pour répondre à la demande, contraignant les médecins de Gaza à amputer l’une des jambes de chacun des hommes, ajoute le communiqué.

Un employé du ministère palestinien de la Santé vérifie l’hôpital de Beit Hanoun dans le nord de la bande de Gaza après qu’il a été fermé le 29 janvier 2018 n’ayant plus d’électricité (Crédit : Mahmud Hams / AFP)

L’Etat a répondu que, bien que les hommes remplissaient les critères médicaux requis afin d’obtenir une approbation, ils se sont vu refuser l’entrée car leurs blessures « découlaient directement de leur participation à des émeutes ».

La Cour suprême devait discuter à nouveau de l’affaire ce jeudi, alors que la deuxième jambe de l’un des hommes se trouve toujours en danger d’amputation.

« L’amputation des jambes des deux jeunes hommes aurait pu être évitée si l’Etat avait respecté ses obligations en vertu du droit international humanitaire et des droits de l’homme », a déclaré l’avocat Sawsan Zaher de l’organisation Adalah dans le communiqué.

« La réponse de l’Etat indique que la politique d’Israël consiste à empêcher à des personnes en danger de perdre des organes et de quitter Gaza pour recevoir un traitement médical – ceci afin de les punir pour avoir participé à une manifestation non-violente. »

La politique israélienne « peut constituer en un traitement cruel, inhumain et dégradant et/ou une torture en vertu de la Convention des Nations unies contre la torture », ont affirmé les deux groupes.

Les forces israéliennes ont tué 32 Palestiniens et en ont blessé des milliers depuis le 30 mars, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, lors de manifestations massives que les Palestiniens surnomment des « marches du retour ». Le Hamas, un groupe terroriste islamiste qui cherche à détruire Israël, a reconnu que plusieurs des personnes tuées faisaient partie de ses membres.

Israël affirme avoir ouvert le feu par nécessité, dans le but d’empêcher des dommages sur la barrière frontalière, des infiltrations et des tentatives d’attaques. Selon Israël, le Hamas, dont les dirigeants ont déclaré que les manifestations visaient à annihiler la frontière et à libérer toute la Palestine, cherche à se servir de ces évènements comme couverture afin de commettre des actes de violence.

Des Palestiniens brandissent leurs drapeaux sous une forte fumée de pneus brûlés par les Gazaouis à la frontière entre Israël et Gaza lors d’une manifestation, à l’est de la ville de Gaza, le 6 avril 2018 (AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Vendredi dernier, au cours de la deuxième semaine d’une série d’événements qui devraient devenir de plus en plus importants jusqu’au 15 mai, environ 20 000 Palestiniens ont manifesté le long de la frontière de Gaza dans ce qu’Israël a décrit comme une émeute orchestrée par le Hamas, et dans ce que les manifestants ont décrit comme une protestation pacifiste.

Le porte-parole de l’armée israélienne, Ronen Manelis, a précisé que huit engins explosifs et de nombreux cocktails Molotov ont été lancés durant cette journée, et que Tsahal a fait face à plusieurs tentatives « d’endommagement de la barrière ». « Il y a eu des tentatives d’actes de terrorisme… en utilisant la fumée [des pneus en feu] comme couverture », a déclaré Manelis.

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