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Deuxième journée du témoignage d’Yinon Magal dans le procès Netanyahu

Selon l'ex-rédacteur en chef de Walla, Netanyahu n'était pas le seul politicien à tenter d'influencer le contenu éditorial - mais la police ne s'est pas intéressée à cette réalité

Yinon Magal arrive à la Cour de district de Jérusalem pour une audience dans le procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 19 juillet 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)
Yinon Magal arrive à la Cour de district de Jérusalem pour une audience dans le procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 19 juillet 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Un journaliste de droite a indiqué devant le tribunal, mercredi, que dans le cadre de l’enquête qui avait précédé le procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu, la police n’avait pas voulu s’intéresser aux différents politiciens qui tentaient d’intervenir auprès du site Walla pour influencer la couverture médiatique de leurs actions pour la rendre plus favorable.

Yinon Magal a tenu ces propos alors qu’il se présentait à la barre des témoins pour la deuxième journée d’affilée dans le procès du Premier ministre.

Magal, l’ancien rédacteur en chef du site Walla, a été interrogé pour la deuxième fois par la procureure du parquet, Yehudit Tirosh, au sujet des contradictions apparaissant entre les propos qu’il avait pu tenir à la police, en 2018, et le témoignage qu’il a soumis aux juges mardi – il avait à cette occasion donné le détail des « interférences constantes » sur le site Walla des personnalités appartenant à la sphère politique israélienne, et pas seulement de Netanyahu. Les demandes de suppression des articles ou de changements dans les publications consacrées à d’autres politiciens étaient plus nombreuses que les requêtes du cercle de Netanyahu concernant la couverture médiatique de ce dernier, a-t-il dit.

Magal, ancien membre de la Knesset élu sous l’étiquette du parti HaBayit HaYehudi, qui est actuellement journaliste sur la Quatorzième chaîne, une chaîne pro-Netanyahu, est un témoin déterminant dans l’Affaire 4000. Dans ce dossier – également connu sous le nom d’affaire Bezeq-Walla – Netanyahu est accusé d’avoir autorisé des régulations – il était alors Premier ministre – qui auraient financièrement beaucoup profité à l’actionnaire majoritaire du géant des télécommunications Bezeq, Shaul Elovitch, rapportant à ce dernier des centaines de millions de shekels. En retour, Netanyahu serait intervenu dans la couverture médiatique sur le site Walla, qui était la propriété d’Elovitch à ce moment-là, pour s’assurer que sa couverture lui serait favorable.

Netanyahu, qui ne cesse de clamer son innocence, doit répondre de pots-de-vin, de fraude et d’abus de confiance dans ce dossier.

Magal a expliqué mardi aux magistrats qu’il avait reçu pour instruction « de ne pas attaquer » trois autres personnalités de droite : Avigdor Liberman, Moshe Kahlon et Gilad Erdan.

Tirosh, qui avait également interrogé Magal dans la journée de mardi, avait demandé à la Cour de district de Jérusalem de pouvoir procéder à un contre-interrogatoire du témoin au sujet de cette déclaration – et une chance lui a été donnée de le faire, mercredi matin. Elle lui a alors demandé pourquoi il n’avait pas parlé à la police des pressions qu’il subissait concernant la couverture des politiciens autres que Netanyahu.

« Je me souviens qu’il fallait faire preuve de prudence face à ces trois personnalités et que je ne comprenais pas pourquoi », a dit Magal. « Tout comme je ne comprenais pas ce qui se passait avec Netanyahu : personne n’avait pris la peine de m’expliquer les raisons de tout ça ».

L’avocat de l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu, Boaz Ben Zur, à la cour de district de Jérusalem, le 17 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Alors que l’avocat de la Défense Boaz Ben Zur l’interrogeait, lui demandant s’il se souvenait avoir tenté de parler à la police des autres politiciens qui s’efforçaient d’influencer le contenu éditorial du site, Magal a répondu que l’enquêteur ne s’était guère préoccupé des autres politiciens.

« Il m’a dit que nous allions parler sérieusement de Netanyahu. Les autres, ça ne l’intéressait pas », a répondu Magal.

L’ex-rédacteur en chef a raconté les pressions subies de la part du directeur-général du site, Ilan Yehoshua, qui voulait que les articles écrits par Eldad Yaniv, un ancien activiste de gauche – qui est aujourd’hui fréquemment invité sur les plateaux de la Quatorzième chaîne – soient supprimés du site. Dans ces articles, l’auteur évoquait en détail les faits de corruption commis par des politiciens variés.

« Ça avait rendu fou Ilan, », a raconté Magal. « Il m’a dit qu’on serait poursuivis en justice, je me souviens pas de qui il parlait exactement, il m’a dit qu’on ferait fermer le site ».

Magal a toutefois confirmé que Yehoshua avait demandé la suppression d’un plus grand nombre d’articles liés à Netanyahu que de publications liées à d’autres politiciens.

« Il me demandait généralement d’enlever les articles en relation avec ses amis. Il y avait plus de demandes concernant Netanyahu parce qu’il était Premier ministre et qu’il était donc naturel que le nombre d’articles soit plus élevé », a-t-il ajouté.

Il a affirmé que les articles écrits et publiés au sujet de Liberman, de l’ex-Premier ministre Ehud Barak et de feu Binyamin Ben-Eliezer, qui avait été ministre sous l’étiquette d’Avoda, avaient – en pourcentage – fait l’objet de plus nombreuses demandes de suppression que les articles consacrés à Netanyahu.

Cette audience a été la dernière dans le procès de Netanyahu, qui reprendra au mois de septembre – les tribunaux fermant leurs portes pour les vacances d’été. Le contre-interrogatoire de Magal par Ben Zur reprendra lorsque le procès recommencera.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu au tribunal de Jérusalem lors du témoignage, dans son procès pour corruption, de l’homme d’affaires Arnon Milchan, le 6 juillet 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Le procès de Netanyahu a commencé il y a trois ans et, compte-tenu du rythme de la procédure – avec de potentiels appels – il ne devrait pas se terminer avant 2028 ou 2029. A la fin du mois de juin, des informations avaient laissé entendre que les juges songeaient à abandonner le chef de pots-de-vin dans le procès du Premier ministre et qu’ils avaient rencontré le parquet et les avocats de la défense de Netanyahu pour examiner la possibilité d’une négociation de peine.

Le Premier ministre est également sur le banc des accusés dans le cadre de deux autres dossiers, l’Affaire 1000 et l’Affaire 2000. Dans l’Affaire 1000, le Premier ministre et sa famille sont accusés d’avoir reçu des cadeaux de luxe de la part de riches bienfaiteurs en échange de faveurs qu’il aurait octroyées à ces derniers. Dans l’Affaire 2000, le Premier ministre est accusé de fraude et d’abus de confiance pour avoir prétendument tenté de conclure un accord avec l’éditeur du journal Yedioth Ahronoth afin que Netanyahu bénéficie d’une couverture médiatique plus positive en échange d’une législation qui aurait limité le distribution d’un quotidien rival, Israel Hayom.

Netanyahu, de son côté, n’a cessé de clamer son innocence, affirmant que les accusations à son encontre résultent d’une chasse aux sorcières lancée par la police et par le parquet.

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