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Discours de haine : Le ministère des Affaires étrangères israélien critique Twitter

Le porte-parole a averti que la plateforme pouvait devenir "très désagréable pour la majorité d'entre nous" sans règles claires sur l'éthique et sur la modération des contenus

Le logo Twitter sur un dispositif numérique à San Diego, le 25 avril 2022. (Crédit : AP/Gregory Bull)
Le logo Twitter sur un dispositif numérique à San Diego, le 25 avril 2022. (Crédit : AP/Gregory Bull)

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a semblé critiquer le manque de modération, sur Twitter, des discours de haine et des propos extrémistes et antisémites, affirmant que la plateforme devenait un support « très désagréable ». Le réseau social à l’oiseau bleu a été racheté par le directeur-général de Tesla, Elon Musk.

Nahshon, qui est directeur-général adjoint de la diplomatie publique au sein du ministère israélien des Affaires étrangères, a publié, lundi, la capture d’écran d’un commentaire de haine reçu sous l’un de ces tweets – l’auteur de la publication déclare ainsi que la Shoah n’a jamais existé.

« Pour de nombreux extrémistes, la liberté de parole est, tout simplement, la liberté de répandre son venin. Une Twittosphère sans règles claires en matière de conduite et d’éthique deviendra rapidement très désagréable pour la majorité d’entre nous », a noté Nahshon.

Musk, qui vante une liberté d’expression absolue, a racheté Twitter, le mois dernier, pour 44 milliards de dollars avant de renvoyer plus de la majorité des employés, poussant d’autres à la démission – notamment les personnels qui étaient en charge de la modération des contenus. Il a effrayé les annonceurs en relayant des théories du complot et en rétablissant des comptes auparavant bannis, comme celui de l’ex-président américain Donald Trump. Il fait par ailleurs la part belle aux trolls et aux personnalités extrémistes de droite.

Le 28 octobre, le lendemain de son arrivée à la tête de Twitter, Musk avait fait savoir qu’il n’y aurait « aucune prise de décision majeure, aucune restauration de comptes bannis de la plateforme » avant la formation « d’un conseil de modération des contenus » dont les membres auraient des points de vue différents et discuteraient des problématiques en jeu. Aucun conseil de ce type n’a été formé jusqu’à présent.

Les groupes de défense des droits civils ont indiqué que depuis que Musk a pris la tête de Twitter, les discours de haine et antisémites ont grimpé en flèche, des réseaux en ligne marginaux et extrémistes ayant saisi l’opportunité de son arrivée pour lancer une campagne de contenus haineux sur le site.

Ce qui a entraîné l’inquiétude parmi les groupes de défense des droits de l’Homme – entre autres au sein de l’ADL (Anti-Defamation League), qui a personnellement appelé à un boycott de la part des annonceurs qui assurent la plus grande partie des revenus de Twitter. Dans la foulée, Musk a dénoncé sur sa plateforme une campagne de « diffamation » de la part du directeur-général de l’ADL, Jonathan Greenblatt.

Depuis, Musk a fait savoir qu’il ne tiendrait pas sa promesse faite de former un conseil de modération dans la mesure où cet engagement était venu répondre à l’insistance « d’une large coalition de groupes d’activistes sociaux-politiques » qui, depuis, ont « rompu l’accord conclu entre nous » en demandant aux annonceurs d’abandonner – tout du moins temporairement – Twitter pour leurs campagnes de publicité.

Lundi, sous le coup d’une frustration croissante entraînée par l’abandon ou la suspension, par les annonceurs, de leurs campagnes, Musk s’en est pris à Apple en raison du contrôle resserré exercé par la firme sur les applications proposées dans l’App Store, disant que le fabricant de l’emblématique iPhone avait récemment menacé d’exclure son réseau social de sa boutique d’applications. Musk a aussi dénoncé – il est loin d’être le seul – les frais de 30 % collectés par Apple sur les transactions effectuées via l’App Store — seule passerelle vers les applications qui peuvent être téléchargées sur son milliard et plus de téléphones portables.

Musk a ainsi posté une série de publications. Parmi elles, un meme représentant une voiture portant son prénom empruntant la bretelle de sortie d’une autoroute en direction d’un panneau sur lequel est écrit « Déclaration de guerre » au lieu de continuer tout droit, vers un panneau disant « Payez 30 % ».

Le milliardaire a aussi écrit qu’Apple « a menacé de retirer Twitter de son App Store mais sans nous dire pourquoi ».

Le PDG de Tesla, Elon Musk, prenant la parole lors du dévoilement de la nouvelle Tesla Model Y, à Hawthorne, en Californie, le 14 mars 2019. (Crédit : Frederic J. Brown/AFP/Archives)

Apple et Google exigent que les réseaux sociaux proposés dans leurs boutiques d’applications soient dotés de systèmes efficaces de modération des contenus.

Yoel Roth, ancien directeur de la sûreté chez Twitter qui a quitté la firme après la prise de contrôle de Musk a écrit dans une Opinion, publiée dans le New York Times qu’un « échec à se conformer aux directives d’Apple et de Google serait catastrophique » et que le réseau social à l’oiseau bleu « court le risque d’être expulsé des boutiques » des deux géants.

Musk pense que tous les contenus autorisés par la loi doivent l’être également sur Twitter et il a évoqué, lundi, « une révolution contre la censure en ligne en Amérique ».

Il a aussi écrit sur sa plateforme qu’il prévoyait de publier « les dossiers de Twitter sur la suppression de la liberté de parole » sans établir clairement quelles données il désirait partager avec le public.

Si Musk déclare que les interactions ont atteint un record depuis qu’il a pris le contrôle du réseau social, son approche a alarmé ceux qui lui rapportent pourtant le plus d’argent – les annonceurs.

La moitié des cent plus gros annonceurs sur Twitter ont fait savoir, ces dernières semaines, qu’ils avaient suspendu ou « apparemment stoppé leurs campagnes de publicité sur Twitter », a révélé une analyse réalisée par le groupe de veille à but non lucratif Media Matters.

Le directeur-général d’Apple, Tim Cook, avec le nouvel iPhone 14 Pro à la main pendant un événement à Cupertino, en Californie, le 7 septembre 2022. (Crédit : Justin Sullivan/Getty Images/AFP)

Musk a aussi accusé Apple, lundi, d’avoir « arrêté en grande partie ses campagnes publicitaires » sur le réseau social.

« Est-ce qu’Apple porte une telle haine à la liberté d’expression en Amérique ? », s’est-il interrogé dans une publication, avant de répondre par un tweet qui interpellait directement le directeur-général de la firme, Tim Cook.

Au cours des trois premiers mois de l’année 2022, Apple était le principal annonceur sur le réseau social à l’oiseau bleu, avec une campagne de publicité à hauteur de 48 millions de dollars représentant plus de 4 % du revenu de Twitter, selon un reportage du Washington Post qui s’est appuyé sur des documents internes de la plateforme.

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