Drôle de place pour l’AIPAC : À la gauche du plan de paix
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Analyse

Drôle de place pour l’AIPAC : À la gauche du plan de paix

Le lobby pro-Israël n'a pas entièrement clarifié sa position sur la proposition de la Maison Blanche, mais pourrait fournir des indices lors de sa conférence annuelle en mars

Ron Kampeas
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) et le Président Donald Trump dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, le mardi 28 janvier 2020, lors de l'annonce du plan très attendu de l'administration Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien. (AP Photo/Alex Brandon)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à droite) et le Président Donald Trump dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, le mardi 28 janvier 2020, lors de l'annonce du plan très attendu de l'administration Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien. (AP Photo/Alex Brandon)

WASHINGTON (JTA) – Le plan de paix de l’administration Trump place l’AIPAC dans une situation étrange : Pour la première fois de son histoire, le plus grand lobby pro-israélien aux États-Unis se trouve à gauche d’un plan de paix au Moyen Orient.

L’AIPAC a maintenu son soutien à une solution à deux États, tandis que l’administration Trump et le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu s’en sont retirés.

Le plan récemment publié par le président américain Donald Trump maintient l’expression « deux États », mais M. Netanyahu a déclaré qu’il ne considérait pas cette terminologie comme déterminante pour le statut d’État. Le plan exclut explicitement certains attributs du statut d’État pour les Palestiniens, notamment une politique étrangère et de défense indépendante.

Avant la publication du plan, l’AIPAC a clairement indiqué qu’elle pourrait apporter son soutien, mais qu’elle souhaitait obtenir davantage d’informations. Cela semble devoir se produire lors de la conférence du lobby du 1er au 4 mars : trois des membres du comité de cartographie du plan prendront la parole, dont l’ambassadeur américain en Israël David Friedman, Aryeh Lightstone, le conseiller principal de Friedman, et Ron Dermer, l’ambassadeur israélien aux États-Unis.

Notons qu’un certain nombre de vétérans de l’administration Obama qui ont exprimé, à des degrés divers, leur scepticisme à l’égard de ce plan, prendront également la parole. Parmi eux, Dennis Ross et David Makovsky, du Washington Institute for Near East Policy, et Daniel Shapiro, qui travaille actuellement pour l’Institute for National Security Studies israélien. Deux responsables du Israel Policy Forum, qui a critiqué le plan, prendront également la parole.

Comment savoir ce que l’AIPAC pense de ce plan ? Compte tenu de l’étroitesse de la marge de manœuvre de l’organisation, il est plus difficile de le savoir qu’il n’y paraît.

Voici quelques pistes :

Ne faites pas attention aux applaudissements en faveur du plan – les partisans de base de l’AIPAC sont connus pour être à la droite de ses dirigeants et seront probablement fous de joie pour ses dispositions qui ancrent Israël en Cisjordanie.

Il faut plutôt vérifier si les débats en plénière portent sur le plan, et s’ils incluent des sceptiques aussi bien que des partisans. Voyez aussi si les modérateurs posent aux architectes du plan des questions sur sa viabilité.

Surveillez la résolution que l’AIPAC demandera à ses militants de faire adopter le dernier jour de la conférence, lorsqu’ils feront pression sur les membres de leur Congrès. Comprend-elle quelque chose qui soutient explicitement le plan ? (Une poignée de démocrates ont déclaré qu’ils voyaient des éléments positifs, ce qui pourrait donner à toute initiative de l’AIPAC le soutien bipartite qui est la condition sine qua non du lobby). Ou bien le plan est-il ignoré ? Y a-t-il un langage dans les points de discussion qui fait explicitement référence à deux États ?

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