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Edelstein : le Likud fait face à un « grave problème » sous Netanyahu

Le président de la Knesset a été enregistré disant que son parti "va se retrouver dans l'opposition" et ajoutant qu'il serait content de voir la moitié des députés du parti partir

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), parle avec le président de la Knesset Yuli Edelstein durant une réunion de faction du Likud à la Knesset, le 27 octobre 2014. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, (à droite), parle avec le président de la Knesset Yuli Edelstein durant une réunion de faction du Likud à la Knesset, le 27 octobre 2014. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le président de la Knesset Yuli Edelstein, député et haut-membre du parti du Likud, a été enregistré en train de vivement critiquer les attaques du Premier ministre Benjamin Netanyahu contre les médias et contre ses opposants politiques et avertissant que le parti au pouvoir pourrait connaître un revers majeur lors des prochaines élections.

Dans cet enregistrement réalisé lors d’une réunion privée diffusée par la chaîne publique Kan dans la matinée de dimanche, Edelstein dit que « nous allons nous retrouver dans l’opposition si les choses continuent ainsi ».

« Le Likud rencontre un grave problème », dit-il, ajoutant qu’il « serait heureux si environ la moitié des députés pouvaient rentrer chez eux ».

Le reportage ne spécifie pas où les enregistrements ont été faits ni qui assistait à cette réunion avec Edelstein. Il s’agit d’une attaque rare contre Netanyahu de la part d’un haut-membre du Likud, ces derniers ayant défendu le Premier ministre avec force dans le cadre des enquêtes criminelles ouvertes contre lui et de ses attaques de plus en plus acerbes lancées contre les médias.

« Ce genre de comportement, je l’admets, est un peu problématique… Quand Netanyahu parle en tant que Premier ministre, personne ne le dérange, mais à la seconde où il commence à parler de ‘grincheux’, la catastrophe commence », a dit Edelstein, se référant à un discours du mois d’octobre dernier dans lequel Netanyahu avait pris à partie les médias et la gauche politique.

« Il y a trop de mauvaises choses en travers de son chemin », a-t-il déclaré. « Je serais heureux si je voyais la moitié des membres du parti rentrer chez eux. Le Likud traverse un problème très grave. Si on continue comme ça, on va se retrouver dans l’opposition ».

Une pancarte, qui joue sur le mot ‘Premier ministre’ en anglais, qui se dit ‘Prime minister’ avec le mot crime, vue lors d’un rassemblement contre la corruption à Tel Aviv le 23 décembre 2017. (Crédit : AFP / JACK GUEZ)

Dans son discours féroce prononcé devant la Knesset au mois d’octobre, le Premier ministre avait accusé les médias et la gauche de tenter de le démettre de ses fonctions en raison des accusations de corruption lancées contre lui, et de minimiser systématiquement les réussites du pays.

« L’industrie du désespoir a une nouvelle branche – la branche des grincheux [littéralement ‘pickles’], » avait dit Netanyahu. Ce camp, avait-il clamé, ne sera satisfait que lorsque « les implantations seraient évacuées » et ignore les nombreuses avancées économiques, diplomatiques et technologiques israéliennes.

Il s’en était également pris aux manifestants qui, toutes les semaines, se rassemblent dans le centre de Tel Aviv et aux abords du domicile du procureur général Avichai Mandelblit depuis plusieurs mois pour dénoncer la lenteur des enquêtes de police ouvertes contre lui.

Dans l’Affaire 1000, Netanyahu et son épouse Sara sont soupçonnés d’avoir reçu des cadeaux illicites de la part de bienfaiteurs milliardaires, notamment des cigares et du champagne pour un montant de plusieurs centaines de milliers de shekels de la part du producteur de Hollywood Arnon Milchan, né en Israël.

L’Affaire 2000 implique un accord de compromis présumé passé entre Netanyahu et le directeur de la publication du journal Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes, qui aurait vu le Premier ministre affaiblir un quotidien rival, Israel Hayom, propriété de Sheldon Adelson, en échange d’une couverture de ses actions plus favorable.

Netanyahu, qui a nié toute malversation dans les deux dossiers, n’a cessé de critiquer davantage les médias au fur et à mesure des développements des affaires, accusant la presse de jouer des enquêtes contre lui pour tenter de mettre un terme à son mandat de Premier ministre.

Marissa Newman a contribué à cet article.

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