Edith Bruck : quand la fiction échoue à dire l’horreur de la Shoah
Dans son roman, enfin traduit en français, Edith Bruck, survivante de la Shoah, met en lumière les limites du cinéma face à la représentation de l’indicible

Survivante de la Shoah et gardienne de la mémoire, Edith Bruck, écrivaine autrichienne établie en Italie, expose les limites de la fiction dans le récit des horreurs de la Shoah.
L’ouvrage met en scène Linda Weinberg, la narratrice, qui raconte son expérience sur le tournage de Kapò de Gillo Pontecorvo à Belgrade en 1959, un film sur la vie des femmes à Auschwitz. Linda est recrutée comme consultante mais se heurte aux contraintes du cinéma : un réalisateur tyrannique, dont elle ne supporte pas la manie de spectaculariser l’horreur, et des actrices capricieuses.
Une expérience qui s’aggrave encore lorsqu’elle est agressée par un commerçant. Dans la presse, elle a en plus le malheur de découvrir une version des faits qui n’est pas la sienne : son agression serait une réponse à des insultes qu’elle aurait proférées. La situation ne fait qu’empirer, la police et son avocat exerçant des pressions sur elle pour qu’elle accepte un accord à l’amiable au lieu d’un démenti.
Publié en 1978, ce livre est aujourd’hui traduit en français aux éditions du Seuil.







