Egypte : baisse des subventions sur l’électricité, hausse des prix de 26,6 %
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Egypte : baisse des subventions sur l’électricité, hausse des prix de 26,6 %

La presse proche du pouvoir et les milieux d'affaires ont entamé une campagne pour convaincre l'opinion publique de la nécessité de faire davantage de sacrifices

Le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi au Caire, le 17 avril 2016. (Crédit : Khaled Desouki/AFP)
Le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi au Caire, le 17 avril 2016. (Crédit : Khaled Desouki/AFP)

Des coupes dans les subventions sur l’électricité en Egypte, qui doivent provoquer une hausse des prix de 26,6 % en moyenne, ont été annoncées mardi par le ministre de l’Electricité Mohamed Chaker.

Ces nouvelles coupes dans les subventions publiques concernant le secteur de l’énergie, qui doivent être appliquées à partir du 1er juillet, font partie d’un plan de restructuration des prix qui a débuté en 2014.

Selon M. Chaker, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse au Caire, ces mesures ont été décidées « en prenant en compte les bas salaires ».

En conséquence, les prix de l’électricité pour la consommation domestique augmenteront par exemple en moyenne de 24,8 %, et ceux pour le secteur industriel de 41,8 %. L’ensemble des consommateurs toutes utilisations confondues se verront appliquer une hausse qui ne dépassera pas 26,6 % en moyenne.

« Jusqu’à 1 000 kilowatts (par mois), il y aura subvention. Au-delà, les subventions seront abolies », a ajouté le ministre.

Outre cette mesure, le président Abdel Fattah al-Sissi conduit, depuis 2016, une série de réformes comprenant notamment une dévaluation de la devise locale et l’instauration d’une TVA, en vue d’obtenir un prêt de 12 milliards de dollars de la part du Fonds monétaire international (FMI).

La dévaluation, en novembre 2016, a provoqué une forte hausse de l’inflation annuelle qui est montée jusqu’à 30 % courant 2017, avant de redescendre autour de 11 % aujourd’hui.

Si des signes encourageants apparaissent, comme la croissance du PIB qui devrait passer de 4,2 % en 2017 à 5,2 % en 2018 selon le FMI, les retombées pour l’Egyptien de la rue se font encore attendre.

Face au mécontentement de la population, la presse proche du pouvoir et des milieux d’affaires ont entamé depuis quelques semaines une campagne pour convaincre l’opinion publique de la nécessité de faire davantage de sacrifices.

Le mois dernier, les autorités ont augmenté les prix des tickets de métro au Caire. De deux livres (10 centimes) en mars 2017, le prix du ticket coûte désormais entre trois et sept livres (de 15 à 30 centimes environ) selon la distance parcourue.

Cette augmentation a provoqué courant mai des manifestations, rares dans ce pays tenu d’une main de fer le président Sissi.

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