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Egypte : un imam jugé pour avoir marié des mineures

Le religieux, qui aurait marié 27 mineures, a été interdit de prêcher et pourra être licencié s'il est jugé coupable

Jeunes filles musulmanes. Illustration. (Crédit : Forces armées américaines/Wikimedia Commons)
Jeunes filles musulmanes. Illustration. (Crédit : Forces armées américaines/Wikimedia Commons)

Un imam égyptien a été renvoyé devant une instance judiciaire pour avoir marié des filles mineures, a annoncé lundi le porte-parole du parquet administratif Mohamed Samir, qui a estimé qu’il s’agissait d’un cas de « traite d’êtres humains ».

Selon le parquet administratif, cet imam du gouvernorat de Gharbeya, dans le nord du pays, est « impliqué dans le mariage d’environ 27 filles mineures. »

La loi égyptienne interdit le mariage des moins de 18 ans mais ne prohibe pas le mariage coutumier des mineures.

Le ministère de la Santé prépare toutefois un projet de loi empêchant la validation de telles unions et établissant des sanctions contre les personnes impliquées.

Au moins 118 000 mineures mariées ont été recensées en avril 2017 par l’Agence centrale pour la mobilisation publique et les statistiques, a révélé samedi son président Abu Bakr al-Gendi.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire, le 28 avril 2017. (Crédit : Andreas Solaro/AFP)
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire, le 28 avril 2017. (Crédit : Andreas Solaro/AFP)

« J’ai été surpris par le fait que le nombre des épouses de 12 ans soit si important », a déclaré le président Abdel Fattah al-Sissi en commentant ces chiffres. « Cette situation m’attriste et attriste n’importe quelle personne ayant un intérêt et une conscience véritable pour ses fils et filles. »

Le parquet administratif avait ouvert une enquête sur l’imam à la suite d’une plainte déposée par la mère de l’une des filles mineures qu’il a mariées.

« L’accusé préparait l’acte de mariage et le conservait » jusqu’à la date du mariage officiel, correspondant aux 18 ans de la jeune fille, a affirmé le parquet administratif.

Gaber Taya, le porte-parole du ministère des Biens religieux, a déclaré lundi à l’AFP que l’accusé avait été interdit de prêcher et « d’assurer la charge d’imam auprès du public », évoquant son licenciement « dans le cas où ce qui lui est reproché serait avéré. »

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