Eitan Cabel : l’annexion est le seul moyen de sauver la solution à 2 états
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Eitan Cabel : l’annexion est le seul moyen de sauver la solution à 2 états

Répondant aux critiques sur le plan d'annexion des blocs d'implantation, le député a expliqué au Times of Israel que son parti a perdu le contact avec le public qu'il représente

Jacob Magid est le correspondant implantations du Times of Israël

Le député de l'Union sioniste lors d'une réunion de faction de son parti à la Knesset, le 22 janvier 2018 (Crédit : Flash90)
Le député de l'Union sioniste lors d'une réunion de faction de son parti à la Knesset, le 22 janvier 2018 (Crédit : Flash90)

Après avoir été critiqué par les membres de son parti pour les avoir appelés à soutenir l’annexion des blocs d’implantation en Cisjordanie, le député travailliste Eitan Cabel a fustigé sa formation et la gauche en général lundi, affirmant que leur échec à s’adapter à une nouvelle réalité pouvait mettre un terme à la solution à deux Etats.

« La gauche israélienne est le facteur le plus dramatique face à la réalité à venir d’un état pour deux peuples », a déclaré Cabel dans un entretien accordé au Times of Israel.

Le député chevronné a déclaré qu’alors que la droite israélienne a oeuvré à réaliser une « mission messianique » d’implantation sur toutes les terres au-delà de la Ligne verte, l’inaction de son propre camp permettait à la population israélienne de continuer à croître en dehors des blocs.

« Les 100 000 habitants d’implantation hors des blocs vont devenir 300 000 puis nous ne serons pas en mesure de les évacuer », a déploré Cabel, soulignant le second point du plan qui appelle à un gel complet des constructions hors des blocs existants.

Le président du parti de l’Union sioniste Isaac Herzog, au centre ; le député Amir Peretz, deuxième à gauche, le député Hilik Bar, à gauche ; le député Eitan Cabel, à droite, et la députée Merav Michaeli, deuxième à droite, lors d’une conférence de presse saluant le retour de Peretz au sein du parti travailliste, le 8 février 2016 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans une lettre ouverte publiée vendredi dans le quotidien Haaretz, Cabel a noté l’échec persistant du parti travailliste à remporter des élections – la formation n’a dirigé Israël que six ans au cours des quatre dernières décennies – et il a vivement recommandé à ses collègues de « dessaouler et de se débarrasser » de leur adhésion au paradigme de « la terre pour la paix » de l’époque de Yitzhak Rabin et des accords d’Oslo. C’est uniquement si le parti travailliste parvient à adopter « une vision du monde qui reflète la réalité », a-t-il écrit, qu’il peut espérer que l’opinion publique le ramène au pouvoir.

Traditionnellement, le parti travailliste affirme que tandis que les blocs d’implantation doivent rester en Israël dans le cadre de n’importe quel accord, le gouvernement ne doit y étendre sa souveraineté que dans le contexte d’un pacte de paix.

Mais Cabel considère que l’annexion des blocs et le gel des constructions en dehors de ces derniers établirait clairement que « ce qui est au-delà de cette nouvelle ligne fera l’objet de négociations entre nous et les Palestiniens ».

La proposition de Cabel permettrait à l’Etat juif de définir tout d’abord les « blocs d’implantation » – ces zones juives densément peuplées en Cisjordanie qui, selon la majorité des responsables israéliens, continueraient à faire partie du pays selon les termes de n’importe quel accord.

Il a suggéré que les blocs devraient comprendre les implantations de Gush Etzion et de la vallée du Jourdain, les villes de Maale Adumim et d’Ariel et la communauté de Karnei Shomron, dans le nord de Cisjordanie qui, à elles toutes, comptent environ 300 000 des 400 000 habitants d’implantations qui, selon les estimations, vivent en dehors de Jérusalem.

Le leader de l’opposition Isaac Herzog, à gauche, en visite dans l’implantation de Maale Adumim, en Cisjordanie, avec les membres de sa faction de l’Union sioniste, le 19 mai 2017 (Autorisation)

Dans le reste, dans les implantations plus isolées – où vivent approximativement 25 % des habitants d’implantations, selon les chiffres de Cabel – il a appelé à un gel strict des constructions.

Durant une réunion de la faction travailliste, lundi, les collègues de Cabel, et notamment le président Avi Gabbay et le chef de l’opposition Isaac Herzog, ont insisté sur le fait qu’entreprendre ce type d’initiative unilatérale hors du cadre d’un accord avec les Palestiniens exacerberait la situation sur le terrain.

Cabel a répondu que les implantations qu’il propose d’annexer resteraient de toute façon israéliennes.

« Montrez-moi le leader israélien qui évacuerait Maale Adumim! Montrez-moi le leader israélien qui évacuerait Ariel! Il n’existe pas ! », s’est-il exclamé auprès du Times of Israel.

Les experts juridiques israéliens et à l’étranger estiment généralement que faire appliquer la loi civile israélienne dans un secteur – comme Israël l’a fait dans certaines parties du plateau du Golan, placées sous son contrôle – revient à revendiquer sa souveraineté sur les zones concernées. Sur le Golan, Israël offre la citoyenneté à tous les non-Israéliens qui y vivent et les résidents druzes restés sur le territoire après la guerre de 1967 ont lentement commencé à prendre la nationalité israélienne ces dernières années.

Interrogé sur le fait de savoir s’il a réellement sa place dans une faction où sa proposition est rejetée par les députés à tous les niveaux, Cabel a répondu être confiant et que son initiative trouverait un écho auprès des électeurs de la formation, même si les représentants actuels la désapprouvent.

« La faction est plus à gauche que le public qui la soutient », a-t-il dit.

Cabel a insisté sur le fait que cette initiative, qu’il prévoit de présenter en totalité à la fin de la semaine, n’est pas un plan de paix mais qu’elle vise plutôt à sauver le processus de paix.

« Si un jour, le Nelson Mandela palestinien arrive, il y aura au moins une chose dont nous pourrons parler », a-t-il dit.

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