Israël en guerre - Jour 143

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Elan Ganeles, tué près de Jéricho alors qu’il était venu des US pour un mariage

Ganeles, un ressortissant américano-israélien, était "gentil", "drôle" et "loyal" ; il était profondément impliqué dans la vie communautaire juive américaine

Elan Ganeles, tué dans une fusillade terroriste en Cisjordanie, le 27 février 2023. (Crédit : Consulat général d'Israël à New York)
Elan Ganeles, tué dans une fusillade terroriste en Cisjordanie, le 27 février 2023. (Crédit : Consulat général d'Israël à New York)

JTA — Jouer du saxo dans une soucca. Discuter du judaïsme en buvant une tasse de café. Flâner avec ses frères et ses amis au sous-sol de son habitation du Connecticut, à Shabbat.

Voici quelques-uns des souvenirs qui ont été évoqués au sujet d’Elan Ganeles, 26 ans, tout juste diplômé de l’université, élevé dans le Connecticut, qui a été tué lundi quand un homme armé a ouvert le feu en direction de sa voiture sur une route, à proximité de la ville de Jéricho, en Cisjordanie.

Ceux qui connaissaient Ganeles se souviennent d’un jeune homme tranquille, loyal, drôle, les pieds sur terre.

« Il était ce genre de personne que vous pouviez appeler et dont vous pouviez être sûr qu’il aurait quelques minutes à vous accorder si vous aviez besoin de quelque chose », déclare le rabbin Yehuda Drizin du mouvement ‘Habad de l’université de Columbia, qui avait rencontré et fréquenté Ganeles lorsqu’il était étudiant. « Pour tous ceux qui le connaissaient, son décès fait l’effet d’une gifle. Ça fait vraiment très mal ».

Ganeles avait grandi à West Hartford, dans le Connecticut, où sa famille fréquentait la synagogue orthodoxe Young Israel locale, située à un pâté de maisons de leur domicile. Adolescent, Ganeles lisait la Torah pour la communauté. La synagogue a lancé une collecte de fonds pour sa famille et elle a fait venir des psychologues spécialistes du deuil pour soutenir la communauté.

« Elan était un membre de notre communauté quand nous vivions dans le Connecticut », a écrit sur Facebook Shimshon Nadel, rabbin dans le quartier de Har Nof, à Jérusalem. « J’ai le souvenir d’un garçon très doux, avec un formidable sens de l’humour. Il jouait du saxophone et nous faisions des ‘jams’ ensemble dans la soucca de la synagogue, pendant le Hallel à Chanukah et pendant des Havdalah musicaux. Je suis complètement bouleversé. »

Ganeles avait fréquenté des écoles modernes orthodoxes, le Camp Gan Israel local, et il était impliqué dans le mouvement de jeunesse orthodoxe, le NCSY. Il avait été un excellent élève à la Hebrew High School en Nouvelle-Angleterre et il avait été bénévole auprès de l’organisation Jewish Family Services, selon un article publié à son sujet en 2014. A l’époque, il avait indiqué qu’il ne s’inscrirait pas immédiatement à l’université du Michigan et qu’il repousserait son service militaire américain pour passer un an en Israël.

Elan Ganeles, victime du terrorisme en Cisjordanie. (Autorisation : Famille)

« On voit tellement de personnes différentes, » avait-il dit, selon un article paru sur We-Ha.com, un média en ligne local. « On ne peut pas se permettre de juger les gens. Tout le monde a sa propre histoire et il faut apprendre à accepter davantage les autres ».

Cette année en Israël avait finalement duré plus de deux ans. Il s’était engagé dans l’armée en tant que « soldat seul » et il avait vécu dans un kibboutz religieux du nord d’Israël, avec d’autres soldats venus de l’étranger. Une compilation vidéo de photos du groupe, sur la chaîne YouTube de Ganeles, le montre souriant alors que les nouveaux amis découvrent ensemble Israël. Selon sa page LinkedIn, Ganeles avait aussi travaillé plusieurs mois pour la laiterie du kibboutz.

A l’armée, selon sa page LinkedIn, Ganeles avait été élevé au rang de sergent et il avait travaillé comme programmeur informatique sur des systèmes de contrôle financier. Il avait travaillé notamment pour la Commission des Finances de la Knesset et pour le ministère des Finances.

Penina Beede, qui était dans une classe au-dessus de Ganeles au lycée et qui avait passé de nombreux après-midi du Shabbat avec lui et avec ses frères, se rappelle en particulier du formidable sens de l’humour du jeune homme.

« Tout ce qu’il disait, tout ce qu’il faisait était caractérisé par la bonté, la douceur… Mais il avait un sens de l’humour complètement dingue », s’exclame Beede. « Il était unique… Il disait des choses qui, si elles étaient dites par quelqu’un d’autre, auraient été absurdes. Mais dans sa bouche, c’était parfait. »

Elan Ganeles, à droite, lors de sa promotion non-officielle de lycée en 2013. (Autorisation : Penina Beede)

Comme Ganeles, Beede a servi, elle aussi, dans l’armée israélienne – et ils partageaient écrits et expériences.

Des années après que Beede a terminé son service et après son retour chez elle dans le Connecticut, elle a donné des cours d’hébreu au plus jeune frère de Ganeles, se retrouvant une fois encore dans le sous-sol de l’habitation à Shabbat, retrouvant des moments privilégiés avec la famille et avec son ami, comme quand elle était lycéenne. « Ça a été bien de le revoir à ce moment-là », se souvient-elle.

Ganeles était reparti aux États-Unis en 2018 pour faire ses études à l’université de Columbia, selon le groupe Hillel du campus, où il s’était consacré à la vie juive de l’établissement. Il s’était impliqué dans Tamid, un groupe étudiant dont les activités évoluent autour du commerce et des affaires israéliennes, ainsi que dans des programmes d’enseignement juif. Un communiqué émis par Tamid a noté que « son humour pince-sans-rire nous manquera, ainsi que sa manière réfléchie de débattre de sujets difficiles ou controversés ».

Les forces de sécurité sur les lieux d’une attaque à l’arme à feu dans la vallée du Jourdain, le 27 février 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Il avait passé un été à Pékin et il avait travaillé comme analyste géospatial dans un centre, sur un campus. Ganeles avait passé un diplôme en 2022 en développement durable et en neurosciences, selon son compte LinkedIn.

Il était venu en Israël, cette semaine, pour assister à un mariage, selon la Fédération juive de West Hartford.

« C’était un très bon ami et un ami loyal », a dit Drizin, décrivant Ganeles comme « une personne agréable, une personne facile. Après avoir échangé avec lui, vous vous sentiez toujours heureux ».

Ganeles laisse derrière lui ses parents Andrew et Carolyn, qui sont tous les deux médecins à West Hartford ainsi que deux frères plus jeunes, Simon et Gabriel. Le rabbin de la congrégation Young Israel de West Hartford a fait le voyage pour retrouver la famille en Israël où Ganeles sera inhumé et il la raccompagnera dans le Connecticut, cette semaine, pour la shiva.

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