En Allemagne, un camp de travail forcé surgit de l’oubli
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En Allemagne, un camp de travail forcé surgit de l’oubli

A partir de l'été 1944, quelque 10 000 déportés ou prisonniers de guerre ont travaillé dans cette forêt "dans des conditions inhumaines", selon M. Langstein

  • Un espace d'information faisant partie du site de commémoration photographié avant  la cérémonie d'inauguration du mémorial de l'ancien camp de concentration de Muehldorfer Hart à proximité de Waldkraiburg, dans le sud de l'Allemagne, le 27 avril 2018  (Crédit : AFP PHOTO / dpa / Matthias Balk)
    Un espace d'information faisant partie du site de commémoration photographié avant la cérémonie d'inauguration du mémorial de l'ancien camp de concentration de Muehldorfer Hart à proximité de Waldkraiburg, dans le sud de l'Allemagne, le 27 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / dpa / Matthias Balk)
  • Le rabbin Shmeul Aharon Brodman dit le kaddish durant la cérémonie d'inauguration d'un site de commémoration dans l'ancien camp de concentration de Muehldorfer Hart à proximité de Waldkraiburg, dans le sud de l'Allemagne, le 27 avril 2018  (Crédit : AFP PHOTO / dpa / Matthias Balk)
    Le rabbin Shmeul Aharon Brodman dit le kaddish durant la cérémonie d'inauguration d'un site de commémoration dans l'ancien camp de concentration de Muehldorfer Hart à proximité de Waldkraiburg, dans le sud de l'Allemagne, le 27 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / dpa / Matthias Balk)
  • Henrik Mordechai Gideon, survivant de la Shoah et ancien prisonnier du camp de concentration de Muehldorfer Hart, explique une carte avant l'inauguration du site de commémoration du camp de   Muehldorfer Hart à proximité de Waldkraiburg, dans le sud de l'Allemagne, le 27 avril 2018 (Crédit : AFP/dpa/Matthias Balk)
    Henrik Mordechai Gideon, survivant de la Shoah et ancien prisonnier du camp de concentration de Muehldorfer Hart, explique une carte avant l'inauguration du site de commémoration du camp de Muehldorfer Hart à proximité de Waldkraiburg, dans le sud de l'Allemagne, le 27 avril 2018 (Crédit : AFP/dpa/Matthias Balk)
  • De gauche à droite : Henrik Mordechai Gideon, survivant de l'Holocauste et ancien prisonnier du camp de concentration de Muehldorf du Muehldorfer Hart, Hans-Jochen Vogel, ancien leader du parti social-démocrate SPD et vice-président du centre de documentation de Munich  pour l'Histoire du national-socialisme,  Charlotte Knobloch, présidente de la communauté juive de Munich, Karl Freller, vice-président du groupe parlementaire du parti conservateur  CSU au parlement de Bavière,  le ministre de la Culture de Bavière Bernd Sibler et le ministre de l'environnement et de la protection des consommateurs de Bavière Marcel Huber coupent le ruban lors de l'inauguration de la partie "Waldlager" du site de commémoration du camp Muehldorfer Hart  à proximité de Waldkraiburg, dans le sud de l'Allemagne, le 27 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / dpa / Matthias Balk)
    De gauche à droite : Henrik Mordechai Gideon, survivant de l'Holocauste et ancien prisonnier du camp de concentration de Muehldorf du Muehldorfer Hart, Hans-Jochen Vogel, ancien leader du parti social-démocrate SPD et vice-président du centre de documentation de Munich pour l'Histoire du national-socialisme, Charlotte Knobloch, présidente de la communauté juive de Munich, Karl Freller, vice-président du groupe parlementaire du parti conservateur CSU au parlement de Bavière, le ministre de la Culture de Bavière Bernd Sibler et le ministre de l'environnement et de la protection des consommateurs de Bavière Marcel Huber coupent le ruban lors de l'inauguration de la partie "Waldlager" du site de commémoration du camp Muehldorfer Hart à proximité de Waldkraiburg, dans le sud de l'Allemagne, le 27 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / dpa / Matthias Balk)
  • Charlotte Knobloch, présidente de la communauté juive de Munich, prononce un discours durant la cérémonie d'inauguration d'un site de commémoration dans l'ancien camp de concentration de Muehldorfer Hart à proximité de Waldkraiburg, dans le sud de l'Allemagne, le 27 avril 2018  (Crédit : AFP PHOTO / dpa / Matthias Balk)
    Charlotte Knobloch, présidente de la communauté juive de Munich, prononce un discours durant la cérémonie d'inauguration d'un site de commémoration dans l'ancien camp de concentration de Muehldorfer Hart à proximité de Waldkraiburg, dans le sud de l'Allemagne, le 27 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / dpa / Matthias Balk)

L’Allemagne a inauguré vendredi un mémorial pour des détenus longtemps oubliés d’un camp de concentration, pour beaucoup des Juifs hongrois, qui durent « dans des conditions inhumaines » édifier un bunker-usine en pleine forêt.

« Je suis satisfait qu’enfin, après tant d’années, au milieu de la forêt, on puisse se souvenir de la souffrance de ces hommes et de leur mort”, explique à l’AFP Franz Langstein, président de l’association « Pour le souvenir », devant ce mémorial situé près de Mühldorf am Inn, en Bavière.

A partir de l’été 1944, quelque 10 000 déportés ou prisonniers de guerre ont travaillé dans cette forêt « dans des conditions inhumaines », selon M. Langstein.

Ils devaient bâtir un immense bunker en béton dans lequel des avions de chasse destinés aux combats contre les Alliés devaient être fabriqués.

Fosse commune

Considéré comme une annexe du camp de concentration de Dachau, près de Munich, le site a été évacué le 28 avril 1945. Après la guerre, une fosse commune contenant les restes de 2 200 personnes fut découverte.

Un espace d’information faisant partie du site de commémoration photographié avant la cérémonie d’inauguration du mémorial de l’ancien camp de concentration de Muehldorfer Hart à proximité de Waldkraiburg, dans le sud de l’Allemagne, le 27 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / dpa / Matthias Balk)

L’emplacement de ce lieu de sépultures est aujourd’hui repérable par des arbres coupés au niveau du tronc tandis que plus loin se trouvent les ruines d’une immense voûte de béton, qui devait constituer le « toit » de ce bunker.

« A l’automne 1944, 10 à 20 personnes mourraient chaque jour », et « au coeur de l’hiver ce chiffre monta même jusqu’à 40 personnes », explique M. Langstein, devant les panneaux explicatifs qui retracent le parcours effroyable des détenus, photos et témoignages à l’appui.

Beaucoup sont morts de faim, de froid ou d’épuisement à force de porter de lourds morceaux de béton tandis que la poussière de ciment endommageait leurs poumons.

Le rabbin Shmeul Aharon Brodman dit le kaddish durant la cérémonie d’inauguration d’un site de commémoration dans l’ancien camp de concentration de Muehldorfer Hart à proximité de Waldkraiburg, dans le sud de l’Allemagne, le 27 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / dpa / Matthias Balk)

Des détenus du camp d’extermination d’Auschwitz furent régulièrement envoyés à Mühldorf, dont beaucoup de Juifs hongrois.

Depuis 2002, l’association de M. Langstein se bat pour que le souvenir du calvaire enduré dans cette forêt par les déportés fasse l’objet d’un mémorial pédagogique et informatif.

De nombreux promeneurs et joggeurs aiment traverser la forêt, tombant sur les ruines en ignorant souvent ce qui s’y est déroulé.

Les restes du bunker devront encore être aménagés avant de devenir un lieu mémoriel, mais les ruines témoignent de la gigantesque tâche impartie aux travailleurs forcés.

L’édifice devait en effet faire 400 m de long pour une largeur de 33 m, 8 étages à moitié sous terre surmontés de 12 énormes voûtes de béton, selon le quotidien Süddeutsche Zeitung.

Le camp de concentration de Dachau fut le premier ouvert, à peine deux mois après l’accession au pouvoir d’Adolf Hitler.

A partir de 1942 apparut un réseau de 140 « annexes » construites directement à côté des sites de production d’armement dans la région et où plus de 30 000 détenus furent employés de force, selon le Mémorial de Dachau.

Henrik Mordechai Gideon, survivant de la Shoah et ancien prisonnier du camp de concentration de Muehldorfer Hart, explique une carte avant l’inauguration du site de commémoration du camp de Muehldorfer Hart à proximité de Waldkraiburg, dans le sud de l’Allemagne, le 27 avril 2018 (Crédit : AFP/dpa/Matthias Balk)


Forêt idyllique

Pour M. Langstein, sur le site de Mühldorf « au coeur de cette forêt idyllique on voit ce que les hommes sont capables de faire à d’autres et ce sans avoir d’états d’âme et ce en disant en plus: ‘de toute façon, ce sont des Juifs' ».

De courts témoignages de survivants sont également exposés sur le site.

Charlotte Knobloch,présidente de la communauté juive de Munich, prononce un discours durant la cérémonie d’inauguration d’un site de commémoration dans l’ancien camp de concentration de Muehldorfer Hart à proximité de Waldkraiburg, dans le sud de l’Allemagne, le 27 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / dpa / Matthias Balk)

Après l’évacuation du camp, des détenus ont été contraints par des SS à entamer un périple dans un convoi de bestiaux.

« Dans la brume matinale du 30 avril (1945), nous avons vu tout à coup que les armes des Allemands étaient désormais orientées vers le bas et non plus vers le haut », raconte le Hongrois Imre Rabai, sur le site internet de l’association « Pour le souvenir ».

« Nous avons regardé autour de nous et vu les troupes américaines (…). elles ont ensuite ouvert nos wagons. Nous étions libres ».

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